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Un ouvrier écrasé par un chariot élévateur, l’entreprise relaxée par le tribunal

Le 14 novembre 2017 à Saint-Denis, un homme perdait atrocement la vie, écrasé par le capot moteur d'un chariot élévateur. L'entreprise devait rendre des comptes devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour homicide involontaire le 8 septembre dernier.

Ecrit par Regis Labrousse – le mercredi 11 octobre 2023 à 15H37

Georget M. est décédé le 14 novembre 2017 sur le site de la société, basée à la ZI du Chaudron. Chef d’équipe et référent sécurité de l’entreprise, il est écrasé par le capot d’un chariot élévateur alors qu’il veut accéder au compartiment moteur. À défaut de manilles d’origines pour soulever le capot, il se sert de sangles pour pallier ce manque. Une des sangles cède brutalement, écrasant Georget M. 

Ils étaient plusieurs ce jour-là pour effectuer cette opération. La victime avait, par ailleurs, reçu l’ordre de son supérieur d’effectuer ce contrôle. Suite à ce décès, une enquête avait été ouverte. L’inspection du travail était également intervenue pour faire des constatations et recueillir les témoignages des différents témoins. Le rapport de l’inspection mettait en exergue quatre infractions imputables imputable à la SRCB (Société Réunionnaise de Construction et Bâtiment), dont la présence sur site de ce chariot en panne depuis plusieurs mois ainsi que le non-respect des modalités d’intervention et d’équipement par des personnes non habilitées et compétentes pour réaliser ces opérations. 

« Je ne comprends pas pourquoi il a ordonné cette opération »

Lors de l’audience du 8 septembre 2023, le chef d’entreprise s’est défendu d’avoir une quelconque responsabilité dans l’exécution de cette opération : « Je ne sais absolument pas pourquoi ils ont fait cette manœuvre. Il n’y avait aucune raison d’intervenir car nous avions mis à disposition un chariot de location« , s’explique le chef d’entreprise. « Je ne comprends pas pourquoi il a ordonné cette opération« , ajoute-il. Précision que le donneur d’ordre a été licencié plus tard pour une raison autre que l’accident. 

« Lorsqu’on part travailler le matin, on peut s’attendre simplement à rentrer vivant chez soi »

« Lorsqu’on part travailler le matin, on peut s’attendre simplement à rentrer vivant chez soi. Ça parait simple mais le 14 novembre 2017, ça n’a pas été le cas pour la victime« , fustige la partie civile qui conclut : « Vous ne pensez pas qu’il est temps d’assumer vos responsabilités devant la justice aujourd’hui ?« . Pour sa part, le parquet indique qu’il a fait « le choix de poursuivre car il y a de nombreuses infractions qui débouchent sur un drame« , estimant que « le chef d’entreprise a été dans une déresponsabilisation et le déni, n’ayant eu que peu de mots pour la victime« . Le procureur requiert une peine de 80.000 euros dont 40.000 euros de sursis ainsi que la publicité de la décision. 

« Je dis qu’il a une part de responsabilité dans la méthode employée »

« On lui reproche son peu de mot pour la victime mais qu’en est-il de son accueil par le tribunal« , répond la défense. « On bâillonne la défense et on vient dire que toute défense est une insulte. On a tout fait pour nous rendre illégitime. Je ne dis pas que la victime est responsable de son décès mais je dis qu’il a une part de responsabilité dans la méthode employée. Il n’y a ni responsabilité personnelle, ni morale dans cette affaire. Je vous demande la relaxe« , plaide la défense. 

Ce mardi 10 octobre, le tribunal a considéré dans son délibéré que les infractions présumées au code du travail ne sont pas constituées et prononce la relaxe de l’entreprise des faits d’homicide involontaire.

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