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Transports à La Réunion : Passion téléphérique

La Réunion va-t-elle devenir la terre des téléphériques ? Après le Papang à Saint-Denis, d'autres projets devraient prendre leur envol dans quelques années. Des projets qui vont être étudiés de près par le Syndicat mixte des transports de La Réunion (SMTR). Les élus régionaux et leurs homologues communautaires des cinq intercommunalités, représentés au sein du SMTR présidé par Patrice Boulevart, ont confié à la structure la réalisation d'un schéma directeur du câble et du téléphérique. L'étude sera lancée au début du second semestre 2023.

Ecrit par SI – le mercredi 05 avril 2023 à 11H02

Si le téléphérique a autant la côte auprès des collectivités ces dernières années, c’est que la topographie de La Réunion s’y prête parfaitement avec des dénivelés importants entre l’intérieur et le littoral. Le premier à avoir vu le jour est le Papang qui relie Bois-de-Nèfles au Chaudron sur la commune de Saint-Denis.

Des téléphériques pourraient vraisemblablement sortir de terre un peu partout à La Réunion. Ces nouveaux modes de transport répondraient à la demande provoquée par des villes nouvelles qui émergent à travers le territoire, principalement sur les hauteurs comme à Plateau-Caillou, véritable ville dans la ville dans les hauts de Saint-Paul.

« On pourrait imaginer un téléphérique qui relierait Plateau-Caillou à un pôle d’échanges près de la gare routière de Saint-Paul. Cela permettrait de capter les personnes en rabattement avec Kar’Ouest de Saint-Gilles-les-Hauts ou le Maïdo », livre Omar Issop-Banian, directeur général des services du SMTR.

Les téléphériques : lubie de longue date

Mais bien avant le lancement du téléphérique de l’Est dionysien, d’autres projets de transport par câble étaient déjà dans les tuyaux de plusieurs collectivités, à l’instar des communes de Salazie et de l’Entre-Deux. Ces derniers avaient cependant une finalité plus touristique.

Outre les deux communes précitées, un projet de téléphérique avait été pensé il y a plusieurs mandatures politiques de cela entre Saint-Louis, la Rivière Saint-Louis et Cilaos. Un projet remis au goût du jour en 2011 par l’ancien député-maire de Saint-Leu, Thierry Robert, mais avec un départ de Saint-Leu.

Où pourraient voir le jour les prochains téléphériques ?

Le SMTR (Syndicat mixte des transports de La Réunion) est chargé du schéma directeur de développement des transports par câble de l’île et se penchera donc sur des projets de téléphériques. « Nous pourrons nous inspirer sur le plan de la technologie des nacelles étudiées dans le cadre du Papang dionysien », indique le Syndicat.

Un téléphérique pourrait voir le jour à Plateau-Caillou mais aussi à La Possession dans les quartiers de Sainte-Thérèse, de Dos d’Âne ou de Saint-Laurent pour rejoindre le centre-ville possessionnais sur un pôle d’échanges actuellement à l’étude par la Région Réunion sur l’ancienne RN4.

Dans l’Est, certains écarts pourraient également à terme accueillir des projets de transport par câble.

La micro-région Sud n’est pas oubliée et quelque chose pourrait se jouer dans le triangle compris entre Le Tampon/Saint-Pierre/ Entrée Est de Saint-Pierre vers la gare routière du Boulevard Banks afin de désengorger la RN3 entre Saint-Pierre et Le Tampon, notamment aux heures de pointe, avec des navettes de correspondances pour aller sur le réseau Alterneo en direction du centre-ville saint-pierrois.

« Ce sera aux collectivités concernées de décider à la suite du schéma directeur », assure le SMTR.

Si les opportunités de projets ne manquent pas, cela ne veut pas pour autant dire qu’ils vont tous être construits, tout de suite. En effet, de nombreux obstacles réglementaires restent encore à franchir pour leur assurer une pérennité. D’où le lancement à compter du second semestre 2023 d’un schéma directeur du câble et du téléphérique, en partenariat entre le SMTR et la SPL Maraina.

Le projet global sera connu en 2024

Cette étude, qui durera jusqu’en 2024 ou 2025, associera notamment les 24 communes de l’île à travers les EPCI dont les trois communes de la Cinor, lesquelles ont déjà une longueur d’avance sur le téléphérique avec Papang. Ce schéma va être étudié en fonction d’un certain nombre de critères (urbanisme, aménagement, population, densité, commerces, services publics, etc.), avec la possibilité d’une mise en place de quatre à cinq lignes de téléphériques (le Papang 2 prévu à La Montagne et les deux autres lignes dans les cartons de la Cinor à Beauséjour et à Quartier-Français) sur les 10 prochaines années à raison de 15 à 20 millions le kilomètre.

Selon un expert du secteur, « ces lignes de téléphériques sont tout à fait faisables sur les plans techniques et financiers ». Mais à une seule condition selon lui : monter à Paris et négocier avec l’État un grand projet d’aménagement du territoire réunionnais « qui soit structurant mais également cohérent dans l’aménagement de l’île ». « Seules, les collectivités réunionnaises ne pourront pas supporter ces projets car ce sont de gros investissements, sauf si on les planifie sur une durée de 10 ans. Et sur ces 10 prochaines années, il faut régler rapidement ces questions de rabattement des Hauts vers le littoral ».

Pas de téléphérique sans tram ou train

Si les collectivités compétentes, à savoir la Région et les intercommunalités, planchent sur ces projets de téléphériques particulièrement adaptés à la desserte des mi-pentes, reste néanmoins posée la question de la mise en place d’un réseau en site propre, aussi bien ferré qu’avec des Cars à haut niveau de service (CHNS), indispensables pour les liaisons interurbaines comme partout ailleurs.

D’autant que les deux modes de transports sont considérés comme complémentaires, confie Omar Issop Banian. « À terme, le téléphérique ne pourra pas vivre sans un transport express régional, qu’il soit en train ou en car, à haut niveau de service. Comme les cars ou bus qui ne pourront pas vivre sans ce téléphérique qui doit les nourrir. Quand on parle d’épine dorsale sur le littoral ou sur les mi-pentes, c’est bien de ce TCSP routier ou ferroviaire dont on parle. À la condition qu’il soit desservi soit par des lignes à haute densité urbaine (bus) soit par des lignes à haute densité aérienne (téléphérique). Que ce soit à Toulouse ou Brest, leur réseau de téléphérique arrive bien sur des lignes ferroviaires de type tramway ou RER ».

Alors que la présidente de Région et son vice-président Patrice Boulevart, délégué à la mobilité, nous présentaient en début de semaine une nouvelle voie réservée aux bus, ils nous assuraient que le train est un projet nécessaire pour le développement du transport à La Réunion. Le SMTR se dit d’ores et déjà prêt à guider les collectivités sur les bons rails.

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