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?Transporteur « harcelé » par la police : « Le fait d’être Malbar attire manifestement les procès-verbaux ! »

15 octobre 2014, Pierrefonds… Un chauffeur-livreur de matériaux de construction se fait arrêter par les policiers à moto. Il appelle son patron qui accourt aussitôt : ça fait 4 fois en un mois qu’on lui cherche des poux dans la tête ! Deux PV sont dressés ; l’un pour absence de contrôle technique ; le […]

Ecrit par Jules Bénard – le vendredi 19 décembre 2014 à 09H57

15 octobre 2014, Pierrefonds… Un chauffeur-livreur de matériaux de construction se fait arrêter par les policiers à moto. Il appelle son patron qui accourt aussitôt : ça fait 4 fois en un mois qu’on lui cherche des poux dans la tête !

Deux PV sont dressés ; l’un pour absence de contrôle technique ; le second pour non-port de bâche, obligatoire par la grâce des fonctionnaires européens depuis quelque temps.

L’affaire aurait pu être simple si le second PV n’avait été dressé par le second policier de l’équipe. François Imiza, patron de l’entreprise de transports de matériaux, s’énerve contre les fonctionnaires ; il s’énerve même vigoureusement selon les propos que lui prêtent les policiers et répétés par la présidente Peinaud (sic !) : « Allez fait bourre à ou, oute momon aussi… Ou na rien qu’oute ki po gratter… Bande la moucate… Mi pisse dans zot’ troudki… » Et pour couronner le tout, fixant un des policiers dans les yeux, il se passe le doigt sous la gorge, ce qui signifie la même chose dans toutes les langues de la planète.

Pour couronner le tout, il démarre si vivement au volant de son 4X4 que l’un des fonctionnaires est obligé de se jeter sur le bas-côté pour l’éviter.

Outrages, insultes diverses, menaces, plus les contraventions, ça se présentait plutôt mal pour le prévenu devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Surtout qu’à la barre, le prévenu nie absolument tout ce qu’on lui reproche. « Je n’ai jamais contesté les PV, mais c’est le policier qui a été violent avec moi en me prenant par le bras ! »

D’autant plus que le coup de la bâche lui reste en travers de la gorge : « Mon véhicule date de plus de dix ans, époque à laquelle la bâche n’était pas obligatoire. Il n’y a pas longtemps que ça a changé ». C’est l’Europe qui a fichu le souk sur la route de l’Entre-Deux ce jour-là. Surtout qu’à son dernier contrôle, le véhicule de M. Imiza avait reçu de la Préfecture un certificat de conformité en bonne et due forme. Et puis, 4 contrôles en un mois, il trouve ça suspect.

La procureur Tanguy commence à peine son réquisitoire que les deux policiers plaignants arrivent enfin à l’audience. Manifestement désireux de se porter partie civile. Mais ce serait mal connaître le bâtonnier Hoareau qui possède aussi bien les ficelles de la procédure que l’art théâtral.

Arguant du fait que « plus aucune partie civile ne peut être présentée une fois que le procureur a commencé son réquisitoire », notre robe noire menace de ne pas plaider. La présidente Peinaud ramène l’ordre en expliquant aux policiers qu’ils sont, comme les Carabiniers d’Offenbach, très en retard. A trente secondes près, c’était bon pour eux.

Affaire mal engagée donc mais pain bénit pour le bâtonnier Georges-André Hoareau. Surtout que l’accusation ne réclame que 400 euros d’amende.

Le premier point soulevé par la défense est le fameux carnet à souches des policiers : « Pourquoi deux PV différents sur deux carnets à souches différents alors que les deux PV sont concomitants ? Pour faire du chiffre ? Ils ont une prime par carnet rempli ? »

Le défenseur rapporte que sa propre secrétaire a ainsi reçu 3 PV, rédigés sur des carnets différents, pour une seule et même affaire. « Et s’il y a 10 PV, c’est tout le commissariat qui accourt ? »

Vient alors ce que le prévenu considère comme un acharnement contre sa personne. Et quand on vous dit que Me Hoareau ne recule devant rien, ne perd aucune occasion, même la plus approximative des à-peu-près : « Mon client est contrôlé en permanence ! Or, comme il le dit lui-même, il n’a jamais eu affaire à la justice. Dans certains pays, dit alors Me Hoareau, la couleur noire attire les balles. Ici, le fait d’être Malbar attire manifestement les procès-verbaux ! Beaucoup de camions ne sont pas bâchés ; alors, pourquoi le sien ? C’est un gros travailleur à l’honorabilité reconnue de tous, pas un terroriste ! »

Et de réclamer la relaxe pure et simple.

La Cour a suivi les réquisitions du ministère public : 400 euros et non-inscription au casier judiciaire.

 

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