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Harcèlement moral, agression et harcèlement sexuels : Condamné, Jean-Leu Elnivent se pourvoit en cassation

Le principal du collège Lacaussade à Salazie l'a affirmé à ses premiers juges : tout était consenti. Le reste : de la drague lourde et de l'autorité. Raison pour laquelle il souhaitait que les magistrats de la cour d'appel examinent à leur tour son cas. C'est chose faite.

Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 19 octobre 2023 à 08H58

« Une cabale, un ramassis de mensonges, une instrumentalisation du rectorat », telles ont été les explications de l’ancien principal du collège Lacaussade à Salazie, jugé en appel pour harcèlement moral et sexuel ainsi qu’agression sexuelle par d’anciennes collaboratrices.

« Vous êtes un petit dictateur, un obsédé du sexe, vous exploitez les failles de vos collaboratrices selon un mode opératoire. Vous étiez un chef d’établissement, vous vous êtes présenté aux élections municipales et vous avez cru que tout était permis », a rétorqué le ministère public dans le prétoire de la rue Juliette Dodu, fin septembre.

Cheveux rasés, pantalon brun et chemise blanche, l’homme est resté droit dans ses bottes à la barre de la cour. Comme lors de son premier procès en août 2022, le quinquagénaire a réfuté tous les faits reprochés et plaidé le consentement mutuel.

« Monsieur Elnivent a choisi intelligemment des femmes vulnérables à qui il a imposé ses exigences sexuelles en les agressant, les humiliant, les dégradant, profitant de son ascendant pour les forcer à faire ce qu’il voulait. En aucun cas, elles n’étaient consentantes », ont conclu les avocates des parties civiles dont le nombre a diminué au fil de la procédure.

« C’est toute la difficulté de ce dossier », avait souligné le président de l’audience en préambule : d’un côté, une dizaine de femmes au départ qui ont porté plainte pour du harcèlement sexuel, du harcèlement moral et des agressions sexuelles et de l’autre côté, la justice qui a besoin de preuves alors que tout le monde sait à quel point il est difficile de prouver de tels faits qui se produisent généralement à huis clos.

L’avocat du prévenu, Me Iqbal Akhoun, a plaidé la relaxe. L’avocat général a requis la même peine qu’en première instance, 18 mois de prison avec sursis probatoire assortis d’une interdiction définitive d’exercer dans l’Education nationale.

Après en avoir délibéré, la cour condamne Jean-Leu Elnivent à 18 mois avec sursis simple. Deux des victimes sont indemnisées à hauteur de 3.000 et 5.000 euros.

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