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Science sans neurones ? A la Réunion, C’est possible !

Ce qu'il est aujourd'hui coutumier d'appeler "crise requins" nous a fourni de belles illustrations de la supériorité absolue et non discutable de celui ou celle qui a choisi d'emprunter le chemin de la science, fût-elle plus molle qu'une portion de vache-qui-rit abandonnée sous le soleil qui mouille du lagon de l'Ermitage (soit les bureaux de nos scientifiques-moines-martyrs de la RNMR).

Ecrit par Jojo le Mérou – le lundi 13 octobre 2014 à 16H17

Si j’avais su, j’aurais passé un bac « S » (à mon époque « C » ou « D ») puis un Deug bio ou un truc du genre. Car en France en général et à la Réunion en particulier, le titre/label de « scientifique » autorise tout, absolument tout.

Ainsi un chercheur nanti d’un bac + 10 pourra-t-il affirmer que « rien ne prouve scientifiquement que l’eau ça mouille et que le feu ça brûle », et sera même invité au JT régional pour faire part de sa circonspection scientifique, marches sur le feu des Tamouls à l’appui de sa thèse. Là et las, du haut de sa magnificence, le « scientifique » nous expliquera que nous, pauvres profanes, sommes trompés par nos sens (qui n’ont ni bac S ni thèse de biologie marine obtenue à la fac des Tuamotu) ; il ne nous en veut pas (il est miséricordieux) mais nous informe royalement que la voie au chapitre nous est fermée. « Tézier-vous », la science parle et son pote filme pour Arte/Canal plus une attaque de requins-gentils en direct.

Car la science c’est LA vérité et la vérité ne se dispute point. Amen.

Allez, rions un peu et penchons-nous sur la dernière démonstration imparable de JB Galvès, médecin de son état et donc scientifique à la parole sacrée. Ce monsieur, qui un temps collectionna les mâchoires de squales -histoire d’avoir la plus grosse-, est devenu depuis peu un fervent défenseur des requins mangeurs de gens. Il a pris la tête (et la queue) d’un collectif de dix-neuf associations animalistes métropolitaines, soit en tout 16 personnes pour 59 profils facebook (et trois avocates ménopausées). Courageux voire suicidaire, il a donc pris la suite du naufragé Didier Dérand (sa balise n’émet plus) et des intellectuels de classe internationale Stéphane Girard et Sébastien Vasquez, représentants éphémères d’une organisation que la morale et Interpol m’empêchent de citer ici (mais pas le parti socialiste). Saluons ce médecin, véritable promotion sur pattes du proverbe africain suivant lequel « il vaut mieux avoir le fessier propre lorsque l’on décide de l’exhiber bruyamment du haut du cocotier ».

Mais avant cela, rendons un hommage vibrant au maître incontestable de ce courant de pensée local ultra-relativiste et à géométrie variable, saluons le grand, l’ineffable, le martyr de LA science, Marc Soria de l’IRD de la Réunion et du programme de tripatouillage de balises qui n’émettent plus, CHARC.

Un hommage vite fait ou presque. Car la liste de ses exploits sémantiques est longue comme le bras d’un pistonné du CG, c’est dire. Signalons juste quelques glissades syllogistiques d’envergure inter-régionales : par exemple, les requins bouledogues qu’il décrivait comme « sédentaires » et très côtiers sur le site de l’IRD avant la crise sont devenus, depuis qu’il a réussi à placer son programme de biologie animale CHARC, de « grands migrateurs », des poissons pélagiques en gros, et du coup il ne sert à rien de les pêcher (« la nature a horreur du vide ») : il est plus intéressant de les regarder manger les gens dans la réserve. La science avant tout, surtout si elle est filmée par un copain subventionné.

Celle-là, elle est très connue mais tellement grosse qu’elle est passée comme une lettre à la poste. Tout comme l’acception très personnelle du concept de sédentarité chez les requins bouboules pour cet homme : un requin n’est « sédentaire » que s’il est scotché 24h/24 à une balise réceptrice de l’IRD, schématiquement. Il existe donc vraisemblablement des oursins pélagiques et des moules voyageuses.

Une glissade sémantico-syllogistique moins connue :

Savez-vous que si, sur telle plage du Sud vous apercevez pour la première fois une quarantaine de requins bouledogues juvéniles batifolant gaiement, c’est qu’en réalité il y a moins de requins bouledogues qu’avant ? Parce que, raisonnant moins bien qu’un tambour de machine à laver, vous êtes induits en erreur par vos sens, qu’on vous dit. La science enfin Marc Soria voit plus loin que le bout de son nez :

1/ vous voyez plus de requins parce que vous y faites plus attention depuis la crise…

2/ surtout : comme il y a du cannibalisme chez ces adorables poiscailles, une observation de juvéniles en masse pourrait traduire au contraire une baisse du nombre de requins adultes ! Fallait y penser ! En gros le fait d’être recordman du monde du nombre d’attaques par habitant et au kilomètre de plage n’indique en rien qu’il y ait plus de requins dangereux qu’avant. « Rien ne prouve scientifiquement que »… répété en boucle depuis trois ans et demi.

Je n’invente rien, c’est Marc Soria qui me l’a écrit. Depuis j’ai compris qu’en fait ce monsieur était le fils spirituel non pas d’Einstein ni du commandant Cousteau mais bien de Garcimore, l’accent portugais et l’humour en moins.

Je sais : c’est long comme article, mais plus c’est long plus c’est bon comme dirait l’autre à propos du programme CHARC.

Revenons à notre mouton, la nouvelle tête de gondole du collectif animaliste, JB Galvès. Je vais reprendre la démonstration d’un camarade surfer, donc idiot, surtout qu’il est dépourvu d’études de biologie narines. Pour vous dire s’il est bête. On va causer drumlines avec JB G. et lui demander de nous expliquer un peu la life, comme disent les djeun’s et les surfistes attardés.

Eric, surfer, propriétaire d’un (feu surf) shop et frère de petit pêcheur traditionnel, auteur de livrets écologiques à destination des enfants (protection de la biodiversité marine), initiateurs de projets « Nord-Sud » pour développer le surf en Inde, bref, un sale type qui n’y connaît rien :

« Prenons 5 minutes pour réfléchir a l’histoire de M.Galvès au sujet des drumlines et de leur soit-disant dangerosité.

Avant la réserve : il y avait de la chasse sous-marine plus de la pêche en canot très près des côtes.
Dans ce contexte il n’y a jamais eu 17 attaques en 3 ans dans le périmètre du Parc Marin. A peine une morsure sans gravité en 2007 à Boucan. Les attaques, rares, n’avaient lieu que dans le Sud et l’Est de l’île, dans des conditions classiquement favorables aux accidents.

Après installation de la réserve : il n’y a plus de chasse, ni de pêche à moins de 50m de fond… et on a eu 17 attaques en 3 ans.

Le phénomène de prédation (les prises des pêcheurs mangées par les requins ndlr) est un phénomène bien connu des pêcheurs, aujourd’hui on dit qu’on ne peut plus pêcher derrière les Roches noires (St Gilles) pour cause de trop de prédation.

Cap requin n’est plus ni moins qu’une ligne et un zinc (hameçon) et, avant la réserve, des zincs à la côte il y en avait plein… et il n’y avait pas d’attaques.

Donc avant la réserve et avec autant de zincs dans l’eau, et avec de la prédation reconnue par les pêcheurs, il n’y avait jamais eu d’attaques : en tout cas pas 17 en 3 ans.

Et là d’un coup on va mettre un zinc avec un « l’appât blanc », et ça va attirer tous les petits requins de l’Océan Indien qui vont « béker »… et forcement attirer tous les gros requins de l’océan sur cet hameçon. Ce sera donc très dangereux. C’est en tout cas la « thèse » de M. Galvès pour discréditer les smart-drumlines de Caprequins.

Allez continuons un peu, c’est rigolo.

Les deux premières années de la crise requins, les scientifiques, de l’IRD notamment, affirmaient qu’une structure comme la ferme aquacole n’attirait pas les requins. Bien sûr, le but de la manœuvre était au départ de protéger le futur directeur du pôle-mer, M. BOSC, qui aura été lâché entre-temps par ses « amis » au fur et à mesure que le scandale a grossi. Et depuis ce monsieur a choisi très intelligemment de se faire oublier, allant s’occuper d’élevage de crevettes à Madagascar.

Donc : un simple hameçon avec un appât blanc attirerait tous les requins de la Réunion et de Mada (lol)… et une ferme aquacole non ??? Malgré les nombreux de stimuli créés par les ombrines (nourrissage, excréments, urines, vibrations etc)… et toutes les études scientifiques du monde (sauf celle des partenaires de l’IRD) affirmant que les fermes aquacoles attirent les prédateurs et super-prédateurs ?

Bref on voit bien que M. Galvès raconte des bêtises et joue la carte de la peur. Tout comme il racontait des âneries pour les baleines, qui viendraient toutes s’empaler dans des drumlines alors qu’elles se nourrissent de plancton.

M. Galves monte des petits coup foireux pour fabriquer son « story telling drumlines » ?

Pour les baleines le but était de créer un amalgame : « on tue des baleines pour pécher des requins qui deviendront des croquettes pour chiens ».

(…)

Curieusement, alors que fleurissent en nombre, dans la presse et les réseaux sociaux, des demandes d’explicitation en direction de ce nouveau représentant des animalistes, pas de réponse. Plus pratique de passer à un nouvel épisode, une nouvelle intox estampillée « LA science ».

A la prochaine (intoxication et pas ciguatérique) !

 

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