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Sainte-Marie : Les pêcheurs dénoncent la mauvaise gestion du port

Pas d’eau, pas d’électricité, des emplacements de commerces vides, de nouveaux travaux de pompage moins d’un an après les précédents, le port de Sainte-Marie accumule les catastrophes, au grand dam des pêcheurs et des plaisanciers. Devant l'inaction de la régie du port et de la Cinor, ils demandent des éclaircissements sur l’avenir de l'infrastructure.

Ecrit par 2572106 – le samedi 04 février 2023 à 09H22

C’est la colère qui domine sur le port de Sainte-Marie. Sur l’aire de carénage, les pêcheurs et les plaisanciers sont particulièrement mécontents depuis plusieurs mois de l’état du port. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ce sont les nouvelles opérations de pompage à l’entrée du chenal. “Ils ont fait la même chose il y a moins d’un an, mais le pire c’est qu’ils rejettent le sable à l’entrée du port. Il va rester en suspension un moment, mais il va retourner à son point de départ quand le courant changera”, s’agace un pêcheur. 

Il monte sur la digue pour montrer la conduite qui relâche le sable à quelques dizaines de mètres de l’entrée du port. Une odeur nauséabonde se dégage de la bouche du tube. “La pompe recrache surtout de l’eau avec un peu de sable et beaucoup de vase. Il est compacté par la houle et très dur à aspirer. Mais il est surtout très pollué, car la vase s’est accumulée depuis des années et a ramassé toutes les cochonneries du port”, poursuit le pêcheur. 

“On attend toujours l’eau et l’électricité”

Autour des bateaux en train d’être réparés, ils témoignent tous d’un port à moitié fini. “Il n’y a pas d’électricité, donc pas de lumière. Dès qu’on veut faire des gros travaux, il faut ramener un groupe”, peste un autre pêcheur. Pour l’eau, c’est plus aléatoire. Les fuites sont récurrentes, et les pêcheurs ont dû installer eux-mêmes une vanne pour éviter qu’une canalisation rejette des litres en pleine période de restrictions pour cause de sécheresse. 

“Quand on demande des comptes, on nous répond qu’officiellement le port n’est pas encore livré. C’est quand ça les arrange, car ils demandent toujours de payer. Ils ont même rajouté une clause sur les contrats d’emplacement de non-responsabilité en cas de port ensablé. Pourtant, ils continuent à faire rentrer des bateaux. On a des collègues qui ont été obligés de déménager leur bateau au Port, mais le poisson est toujours dans le Nord. Alors ils doivent remonter toute la côte jusqu’ici”, s’agace l’un d’eux.

La grande bataille des emplacements

Comme dans tous les ports, la question des emplacements est une question délicate, mais ici c’est devenu une bataille rangée entre la régie et les pêcheurs. “Ils veulent déplacer les anciens vers les nouveaux anneaux. Sauf qu’ils sont mal conçus. Il y a déjà eu plusieurs accidents, alors même que c’étaient des gens expérimentés. En plus, les catways ne sont pas aux normes, impossible de charger ou de décharger du bateau. On ne peut juste pas travailler”, ajoute un pêcheur.

Réunis au sein de l’APPA (association des pêcheurs et plaisanciers des alizés), ils tentent également de faire reculer la régie sur sa nouvelle politique de tarification pour les réfractaires au déménagement. “Avant, on payait en fonction de la taille. 1000 euros pour un 5/6 mètres, et 1400 euros pour un 6/8 mètres. Mais si on refuse d’aller dans les nouveaux emplacements, on doit payer 1400, peu importe la taille”, explique un plaisancier.

Devant cette situation plus que conflictuelle, les membres de l’APPA demandent donc à la régie, et à la Cinor qui gère le port, quand l’infrastructure sera officiellement livrée. Et surtout, quand pourront-ils avoir un port fonctionnel pour reprendre une activité normale, après une année 2022 très compliquée. 

Interrogée, la Cinor ne nous a pas fait parvenir de réponse à temps pour la parution de cet article. 

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