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Quand nos députés nous cassent les urnes………..

Quand nos élus travaillent, ils légifèrent. Généralement, sur des sujets d'actualité, avec force débats tumultueux à l'Assemblée. Ils sont payés pour, cela tombe bien. Quand ils s'ennuient, ne sachant pas quoi faire, ils légifèrent aussi. Sur des sujets qui leur passent par la tête. C'est plus gênant, car ils n'ont pas été élus sur ces propositions. Et ce qui est encore plus agaçant, c'est que légiférer pour le plaisir, c'est pondre des lois, donc des contraintes, donc diminuer d'une façon ou d'une autre nos libertés. Cette fois-ci, c'est le sénateur Sueur, du Loiret, qui devait vraiment s'emmerder ferme pour, au sortir de sa léthargie, pondre un texte hallucinant. Sans doute notre élu effervescent a-t-il été choqué par les aventures des cendres dans The Big Lebowski, toujours est-il que son projet de loi porte sur la crémation. D'après notre besogneux représentant, il est nécessaire de légiférer. Quelques extraits sont nécessaires tant l'ubuesque de la situation est grand.

Ecrit par maverick888@hotmail.fr – le dimanche 18 janvier 2009 à 17H27

Ca y est ! Nous disposons à présent d’une mesure scientifique de la viscosité administrative française. Pour rappel, la viscosité peut être définie comme étant la résistance à l’écoulement se produisant dans une matière. Pour la viscosité administrative, il s’agit de la mesure de la résistance à l’écoulement d’un projet de loi idiot et qui n’a pas été demandé par le citoyen vers sa phase finale d’adoption en assemblée. Et le constat est accablant : il faut 1135 jours, ±1 jour. Eh oui : plus de trois ans s’écoulent donc entre le désir et l’acte, entre le moment où un élu sort de ses rêvasseries postprandiales provoquées par un repas trop copieux payé par nos impôts et décide, sentant sa mise en bière proche, de faire un geste pour ses obsèques, et le moment où l’Assemblée Nationale, ravie de trouver à s’occuper, peut enfin excréter une petite loi supplémentaire qu’elle viendra déposer, proprement, sur le tas déjà fort large des productions digestives de la législature courante et des précédentes. Attention : ne me faites pas plus négatif que je ne le suis ! Je n’ai pas dit que la glorieuse Représentation Nationale s’était tourné les pouces pendant cette longue période de viscosité administrative moyenne. Que nenni ! Elle aura même fait montre d’une inventivité toute particulière pour produire, sur une base quasi-quotidienne, de nouvelles taxes, de nouveaux impôts, de nouveaux droits farfelus et même de nouvelles mémoires historiques pas choquantes prêtes à l’emploi. Mais pendant ces trois ans, elle aura aussi réussi à trouver le temps, besogneuse comme on l’imagine, pour éplucher les remarques de l’époque (1er novembre 2005, eh oui, le temps passe) et permettre de présenter un magnifique texte, ciselé dans le bon sens interventionniste des peseurs de cendre froide. A l’époque, l’idée du député consistait à – vite vite – légiférer pour empêcher le contribuable de faire ce qu’il désirait des cendres de ses proches, puisque, comme tout le monde le sait, il est naturellement enclin à se débarrasser de ses proches en balançant les cendres dans le premier vide-ordure venu. Le projet de loi présentait une petite introduction rappelant combien l’individu, laissé seul sans état à lui-même, était soit immoral et sniffait des rails de cendres pour le fun, soit dupe et stupide au point de se faire enfumer par les pompes funèbres. Puis le projet évoquait l’absolue nécessité pour une commune de disposer d’un endroit spécifique, dûment payant, taxé et subventionné, pour recevoir les urnes qu’on interdirait bien vite aux domiciles privés. Enfin, dans ces accès de lucidités shadokiens qui caractérisent nos élus, la loi projetait de planifier la répartition des cendres parmi les proches lorsqu’une succession contient ces restes délicats. Pour la partie à ailettes … un petit paragraphe journalistique suffira. Son analyse se résume ainsi : * Statut juridique aux cendres des défunts : on va enfin pouvoir se répartir les contenus des urnes sans se chamailler et faire des batailles de boules de cendre. Il était temps ! Tout le pays frémit à cette nouvelle d’importance ! La criiiiiiise financière n’a qu’à bien se tenir ! * Plus d’urnes chez le particulier, et tant pis pour les dernières volontés du défunt. Mamie était contente d’avoir Papy sur la cheminée ? Qu’à cela ne tienne. Elle devra aller le voir dans un cimetière ou un columbarium (mal orthographié dans l’article). Pour cela, elle et sa hanche patraque pourront prendre le Bus 17, qui arrivera après une courte attente de 25 minutes sous la pluie froide de décembre, et sera bondé de gros malpolis qui ne lui laisseront pas de place assise, pour se rendre dans le petit édifice du fond du cimetière, aux escaliers glissants. Là, elle pourra se recueillir auprès des restes de son mari, si tant est bien sûr qu’elle est bien à jour des taxes et paiements que la location de l’espace correspondant entraînent. Après quoi, Mamie chopera une bonne bronchite et claquera dans les jours qui suivront. * Le texte exclut également l’existence de sites cinéraires privés, ce qui évitera que de sales capitalistes n’en profitent pour créer des jardins du souvenir bien entretenus à des tarifs modiques. Ainsi, la charge en reviendra aux communes dont les finances sont, chacun le sait, généralement florissantes. * La dispersion des cendres dans la nature sera toujours autorisée si elle est accompagnée d’une impressionnante quantité de paperasse et d’emmerdements administratifs décourageants que le projet de loi avait supprimé pour ceux qui ont choisi la voie républicaine officielle (les planches en sapin dans un trou). La notion d’égalité devant la mort est donc pliée finement en 16 et introduite avec rapidité directement à la suite du suppositoire législatif. * Et enfin, comme pour les lois qui dictent l’histoire, on obligera tout le monde à se rappeler des anciens – parce que sans cette loi, c’est bien évident qu’ils n’en feront rien, les petits saligauds. On attend les ajouts nécessaires obligeant Mamie à se rendre au columbarium, sur une base plurimensuelle avec signature d’un registre de présence et amendes en cas d’absence. Tout, dans cette loi, montre le mépris total des contribuables, des citoyens et des individus responsables. D’un début à l’autre de l’action législative, il n’est question que de « protéger » l’individu éploré de sa propre stupidité, de l’empêcher de faire ce qu’il veut de ses restes les plus intimes, et s’arrange pour faire peser sur ceux qui restent de nouvelles charges gluantes d’un état vampirique. Autant dire d’avance que les morts de ce pays sont foutus.Effraylarant, comme d’habitude… Même morts, l’état français nous emmerdera encore pour l’éternité avec des lois anti libérales à la con… Et dire que pendant près de huit siècles, l’évolution des moeurs sous les Zhou fut un remarquable moyen de porter plus haut sa gloire.

 

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