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Pointe au Sel ou de Bretagne

A l’extrême Sud de la ville de Saint-Leu, se trouve la Pointe au Sel. Ce littoral déchiqueté battu par les vagues, semblable aux côtes de France fut nommée Pointe de Bretagne.

Ecrit par Sabine Thirel – le samedi 07 février 2009 à 08H05

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Déjà au début du XVIIIe siècle, de Feuilly marquait sur une carte de l’île : « ici se fait le sel ».  Les habitants le récoltaient directement sur la falaise de basalte. En effet, l’eau de mer prisonnière des anfractuosités de la roche, s’évapore grâce à l’action du soleil et de la brise régulière à cet endroit. Par la suite, ils utilisaient les « zempones » des feuilles de palmiers. Ces parties de feuilles étaient idéales pour l’évaporation et surtout pour la récolte.

 

La Pointe de Bretagne est l’endroit idéal pour l’installation de salines. Toutes les conditions sont réunies pour  une production importante. Fabriquer du sel professionnellement est une des idées de M. Dussac, usinier de Stella Matutina, sucrerie située sur la colline qui domine la Pointe.

 

Alors de 1942 à 1944, la saline de la Pointe de Sel est construite. En moellons et   pierres de taille sur 2 hectares, 23 bassins suivent le relief pentu. Une arrivée d’eau de mer, une exposition en plein soleil et un petit vent sec suffisent pour produire un sel de bonne qualité.Alors, l’eau pompée directement à la mer, est versée dans le bassin le plus haut où elle stagne puis s’échappe lentement dans le bassin inférieur, où elle s’étale encore avant  de s’écouler dans le bassin situé plus bas et ainsi de suite jusqu’en bas et vers les derniers bassins où le sel fait son apparition. Des « sauniers se relaient pour recueillir le sel, surveiller le déversoir, entretenir les bassins, en particulier celui qu’on appelle « la nourrice » juste avant les cristallisoirs qui donneront, suivant le temps d’attente, sel fin, gros sel ou fleur de sel. » Le sel de surface, appelé aussi fleur de sel, autrefois réservé aux sauniers est devenu un produit de choix.

 

L’architecture du bâtiment où le sel continuait à sécher, épouse le paysage sans gêner le séchage et la cristallisation. Aujourd’hui il abrite le Musée du sel où toute la démarche de la fabrication du sel est décrite. Dans cette structure couverte, les murs et les pierres de taille au sol préservés, sont encore visibles.

 

Les salines de la Pointe au Sel, très productives pendant la seconde guerre mondiale, ont fourni 250 tonnes. Puis la production a chuté jusqu’à la fermeture de la structure en 1972, reprise par un paludier de Guérande de 1995 à 2001, elle est aujourd’hui gérée par le muséum d’Histoire Naturelle.

 

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