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Pierrot Dupuy – De grâce, Monsieur le Préfet, ne nous reconfinez pas !

Je me permets de m'adresser directement à vous, Monsieur le Préfet.

Ecrit par 1654 – le mardi 11 janvier 2022 à 13H39

La situation sanitaire devient catastrophique à La Réunion. Tous les indicateurs sont dans le rouge écarlate : plus de 18.000 nouveaux cas ont été recensés à La Réunion cette dernière semaine, soit deux fois plus que la semaine précédente. Dans le même temps, le nombre de patients en réanimation connait également une forte augmentation avec une cinquantaine de cas, tout comme le nombre de décès avec plus d’une dizaine recensés en moins de 7 jours.

Une situation sanitaire catastrophique

Tous les signaux laissent donc penser que vous vous apprêtez à durcir sérieusement les mesures déjà en vigueur.

Le moindre mal, vu du côté des usagers, serait que vous rallongiez le couvre-feu en le faisant démarrer plus tôt. Mais la rumeur, confirmée par certains élus que vous auriez consultés, voudrait que vous vous apprêtiez à décider un nouveau confinement.

De grâce, ne faites pas ça Monsieur le Préfet.

I embarre pa la mer

Je pourrais évoquer les risques pour l’économie ou encore essayer de vous apitoyer sur le sort des Réunionnais qui n’en peuvent plus de ne plus pouvoir sortir, de n’avoir plus de relations avec leurs prochains. Ou vous parler des risques pour leur santé mentale.

Je vais juste essayer de vous convaincre que ce serait totalement inutile.

Vous êtes depuis suffisamment longtemps à La Réunion pour comprendre ce vieux proverbe créole : « i embarre pa la mer ». Autrement dit, en bon français : faites ce que vous voulez, vous n’arriverez pas à endiguer cette épidémie avec le variant Omicron. Elle a pris de telles proportions qu’il est maintenant trop tard. Les digues sont rompues.

Les recettes qui ont marché avec le variant Delta sont complètement inopérantes avec Omicron.

Faites comme en Israël : ouvrez tout !

Si vous voulez vous en convaincre, regardez ce qui se passe en Israël, un pays pionnier qui a toujours pris les bonnes décisions un mois avant tous les autres.

Là-bas, les autorités ont au contraire choisi d’ouvrir totalement leurs frontières, de rouvrir les bars, restaurants et boites de nuit.

Pourquoi ouvrir les frontières ? Parce que les quelques cas venus de l’étranger ne changeront plus la donne. On se contente d’exiger un test PCR ou antigénique négatif en provenance de pays classés orange, dont la France.

Et puis deux éléments sont venus changer la donne.

D’abord l’arrivée à la fin du mois de décembre d’un nouveau médicament, le Paxlovid, une pilule développée par Pfizer, qui permet d’éviter les cas graves pour 90 % des patients. On n’est plus dans la prévention comme avec un vaccin, mais dans le traitement de la maladie  pour ceux qui l’ont attrapée.

Mais surtout, le variant Omicron a radicalement changé la donne. On sait aujourd’hui de façon certaine que s’il est beaucoup plus contagieux, il est aussi beaucoup moins grave. Moins de cas en réanimation et surtout moins de morts. 

Mais il est vrai que plus il y a de contaminations – et ils sont 5 fois plus nombreux que lors de la vague Delta -, plus il y a de cas graves, d’où la quasi-saturation des hôpitaux. Et c’est pour cela que confinement ou pas, les gestes barrières doivent être respectés par tous.

Tout le monde l’a eu, l’a ou l’aura

D’où la décision des responsables israéliens. Pour eux, tout le monde a eu le variant Omicron, l’a ou l’aura. Ils ont donc décidé de laisser la nature faire et se contentent de protéger les personnes les plus fragiles. Ainsi, les tests PCR sont réservés aux personnes de plus de 60 ans, immunodéprimées et non vaccinées. Les autres peuvent se contenter de faire des antigéniques ou des autotests.

Oui vous avez bien lu. Dans ce pays en pointe en matière de politique de lutte contre le Covid, on a décidé de restreindre les tests, contrairement à la France où on les multiplie à l’école.

Pas encore totalement convaincu ? Regardez ce qui se passe en Afrique du Sud, ce pays où a été découvert le variant Omicron. Après que l’Etat a été submergé par le nombre de malades et de décès, le pic est passé et on assiste aujourd’hui à une décrue.

En France même, d’éminents spécialistes nous annoncent le pic de malades pour la mi-janvier.

Alors, de grâce Monsieur le Préfet. Epargnez-nous cette étape inutile du confinement qui ne servirait pas à grand chose, si ce n’est qu’à affaiblir encore un peu plus une économie qui n’en a vraiment pas besoin et à désespérer la population. Passons de suite à l’étape suivante et rendons leur liberté aux Réunionnais.

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