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Parti à Madagascar, il sous-loue son appartement à des fins de prostitution

Deux hommes avaient à répondre, ce mardi 20 février, de faits de proxénétisme devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Les faits se sont déroulés dans le quartier Saint-Jacques entre fin 2020 et début 2021, en pleine période Covid.

Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 23 février 2024 à 10H46
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Comme le dit la chanson, ma petite entreprise ne connait pas la crise ! C’est aussi le cas pour Ivo M., d’origine tchèque et résident à la Réunion, rue Monseigneur de Beaumont, dans le quartier Saint-Jacques. Ce quinquagénaire, qui loue un appartement dans le quartier, décide de partir à Madagascar pendant le confinement. Avec la complicité de Jean-Jacques G., 54 ans, il met en place un petit business : sous-louer l’appartement aux prostitués du coin. Resté sur place, c’est Jean-Jacques G. qui encaisse les loyers, prend un billet au passage et envoie le reste par Western Union à Madagascar. Tout va comme sur des roulettes jusqu’à ce qu’un voisin fasse un signalement à la police en raison du bruit occasionné par les va-et-vient incessants. Une enquête est ouverte et la surveillance mise en place confirme qu’il s’agit bien d’un appartement de passe. 

Covid et confinement obligent, Ivo M. est auditionné à son retour de Madagascar le 5 novembre 2021. Les enquêteurs découvrent qu’en plus de toucher les loyers des prostitués, il continue à toucher l’allocation adulte handicapé ainsi que les prestations de CAF. S’il reconnait les faits, il explique en revanche que c’est bien Jean-Jacques G. qui recrutait les filles, ce que démontrent par ailleurs les correspondances entre les deux hommes.

À la barre ce mardi, seul Jean-Jacques G. est présent, car son comparse vit aujourd’hui en métropole, lourdement handicapé. Il reconnait certes les faits et avoir recours à la prostitution, mais minimise sa participation à une quelconque action de proxénétisme en réunion. Selon lui, il ne s’agit que de « loyers » perçus pour le compte de son ami. « Les filles savaient que j’étais là s’il y avait un problème, que je les protégeais, mais c’est tout« , explique le prévenu. Les investigations mettent en exergue qu’il gardait 150 euros sur chaque loyer perçu. 

Ivo M., qui n’a pas de casier, doit à la CAF un trop-perçu de 23.671 euros qu’il a déjà commencé à rembourser à hauteur de 98 euros par mois. « Il y a souvent un défilé de mauvaise foi à cette barre, mais là, ça atteint un plafond ! », tance le procureur. « Les filles le disent, c’est Jean-Jacques G. qui les recrutait, elles payaient tout : loyer, charges et donnaient 400 euros en plus par mois. C’est un dossier assez sordide de l’exploitation de la misère humaine« , conclut le parquet qui requiert 1 an de prison et 3000 euros d’amende pour Ivo M. et 18 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire ainsi que 5000 euros pour Jean-Jacques G.

« Il reconnait les faits. Il laisse son appartement à M. Jean-Jacques G. qui prend contrat avec les prostitués. Je ne comprends pas la différence de peine demandée par le parquet entre les deux prévenus. Il y a le contexte Covid qu’il ne faut pas négliger« , indique la défense de Ivo M. « Il ne savait pas qu’il s’agissait de prostitution« , répond la défense de Jean-Jacques G. « Il perçoit les loyers, mais la propriétaire percevait aussi des loyers et elle n’est pas là aujourd’hui. Même s’il a recours à la prostitution, ça ne fait pas de lui un proxénète. Il y a une mauvaise caractérisation des faits. Je vous demande la relaxe« , plaide la robe noire. 

Le jugement du tribunal est mis en délibéré au 15 mars prochain. 

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