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Osons parler de la sur-rémunération des fonctionnaires…

Le Cospar triomphe : deux belles manifestations, l’une à Saint-Denis, l’autre à saint-Pierre. Ses revendications sont justes : la vie est chère et difficile pour les Domiens aux faibles revenus, et ils sont nombreux à subir de plein fouet les effets de la crise économique. Mais l’analyse du Cospar est très incomplète. La vie est […]

Ecrit par gerard.jeanneau@laposte.net – le vendredi 06 mars 2009 à 20H15

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Le Cospar triomphe : deux belles manifestations, l’une à Saint-Denis, l’autre à saint-Pierre. Ses revendications sont justes : la vie est chère et difficile pour les Domiens aux faibles revenus, et ils sont nombreux à subir de plein fouet les effets de la crise économique.
Mais l’analyse du Cospar est très incomplète. La vie est chère et à cause des monopoles qui, mal contrôlés, engrangent à souhait, et à cause de l’octroi de mer, pactole qui revient aux collectivités locales … mais aussi – curieux oubli – à cause de la surrémunération des fonctionnaires!
Pourquoi ce silence? Pourquoi cet oubli? Tout simple à comprendre : le Cospar se dit curieusement apolitique, mais il n’y a que son grand chef pour le croire : il est bel et bien phagocyté et par la FSU, réunion de syndicats d’enseignants de gauche, et par les élus de gauche, qui ont des responsabilités locales ou nationales, presque tous fonctionnaires – je ne parle pas des élus municipaux de fin de liste, choisis seulement pour que l’on ait une petite mosaïque de la société, histoire, sans doute aussi, de faire diversion et de donner une petite place à la plèbe.
Tout logiquement, le Cospar ne peut pas aborder le problème de la surrémunération des fonctionnaires sans perdre le gros de ses manifestants : s’il se fût aventuré là, les deux manifestations auraient été pitoyables. Retirons les fonctionnaires présents dans la rue ce jour-là, sans oublier ceux déversés à grands flots par notre aimable et pontifiant Vergès, toujours fidèle à lui-même, il ne reste pas grand monde.
Le Cospar, à vrai dire, à vaincre sans péril comme il l’a fait, me semble avoir triomphé … sans gloire! Il a sué sang et eau pour en arriver là. Bref, il a remporté tout bonnement une belle victoire à la Pyrrhus!
Les revendications accordées par le préfet correspondent à peu de chose près à ce qui a été accordé en Guadeloupe. Reste à négocier les 200 euros d’augmentation pour les bas salaires sans mettre en péril les petites entreprises! Je plains à la fois les petits patrons qui seront obligés de mettre la clé sous la porte et leurs ouvriers, futurs chômeurs.
Le patron boulanger, pour se tirer d’affaire, n’aura plus qu’à augmenter le prix de son pain! Et la chèreté sera à nouveau au rendez-vous.
Quant au Cospar, refuge de fonctionnaires de gauche, altruiste mais juste ce qu’il faut pour qu’on le croie tel, il n’a rien à craindre : son parapluie est déjà grand ouvert!
Venons-en au sujet qui fâche : la surrémunération des fonctionnaires. On a bien l’Observatoire des prix qui est supposé régler la question, organisme établi à la demande malicieuse de syndicats avec l’intention, chez eux, de renvoyer la solution aux célèbres calendes grecques.
On rue, en effet, dans les brancards tant et si bien que cet Observatoire officiel est encore un autre « machin », comme dirait De Gaule. On n’aboutit à rien.
Si l’on s’en tient au simple calcul que fournit le simple bon sens, on peut dire que les articles de première nécessité, qu’on peut chiffrer à 150 environ, doivent coûter 30% de plus qu’en Métropole. Alors faisons simple : réduisons la surrémunération de façon à arriver à 25% par exemple. Réduisons-la comme on l’a fait à l’époque de Debré, très progressivement de façon à ne pas nuire à l’économie locale. La gauche avait alors applaudi, Vergès le premier. Fonctionnaire en activité, je n’ai pas senti une perte du pouvoir d’achat. Le commerce sait s’adapter aux circonstances.
On me répliquera : en appauvrissant les fonctionnaires, on n’enrichit pas les pauvres. Faux : d’abord, on ne peut pas se sentir pauvre quand on a encore une majoration de 25%; ensuite les prix ne peuvent que s’aligner sur la masse monétaire, et les plus démunis y trouveront leur compte.
Enfin un peu moins d’inégalités, cela ne peut que réjouir Dame Démocratie et qu’atténuer bien des rancoeurs.
Alors que le Cospar aille trouver Vergès et lui dire : « Pas de monument insensé comme la MCUR; nous apportons la plus belle des pierres à cette Unité Réunionnaise : démocrates et altruistes, nous négocions nos privilèges ».
Fricagogo, professeur retraité.

 

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