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Mobilité : La galère de Marion

Marion, étudiante en Allemagne, nous a contacté il y a quelques semaines de cela, découragée. Si aujourd’hui sa situation se débloque, voici son histoire car d’autres Réunionnais, étudiants en métropole, en Europe et ailleurs se retrouvent parfois dans les mêmes galères financières et morales.

Ecrit par Melanie Roddier – le lundi 10 novembre 2008 à 08H19

Marion Sautron vit en Allemagne. Elle fait partie de ces étudiants réunionnais qui ont décidé de voir un peu ce qui se passe en dehors de leur île, de se forger une expérience et se construire seul.
Un départ Réunion/Allemagne, ça ne se prépare pas à la légère. Marion se renseigne sur les aides qu’elle peut percevoir en tant que Réunionnaise et étudiant Erasmus : « Voici ce que normalement je dois percevoir: une bourse du CROUS à 427 euros par mois, une bourse Erasmus à 75 euros par mois, environ 600 euros à l’arrivée parce qu’on vient des DOM, une bourse du Conseil régional: entre 200 et 400 euros par mois, et une bourse du Conseil général: 1000 euros pour l’année. Voila, ça a l’air d’être amplement suffisant tout ça pour vivre, encore faut-il en voir le bout…« .
Car une fois sur place, les choses ne se passent pas comme prévu. On avait omis de lui souligner que le retard de versement des bourses peut être significatif. « Quand j’ai su que je partais, j’ai quand même anticipé en travaillant plusieurs mois pendant mon année universitaire pour me mettre de l’argent de côté. Babysitting et cours d’allemand le soir, caissière et vendeuse le week-end. Un budget qui ne me permet pas non plus de tenir des siècles« , explique Marion.
Arrivée en Allemagne, Marion arrive avec une avance du CROUS qui lui permet, cumulée à son budget personnel, de payer son premier mois de loyer ainsi que son billet Paris/Berlin.
« Ce mois ci, (mois d’octobre) je n’ai rien perçu. Mon loyer s’élève à 345 euros par mois. A cela, faut ajouter les dépenses de rentrée (environ 150 euros de livres), les dépenses en habillement, les frais d’inscription inattendus car le statut Erasmus devrait épargner aux étudiants ces frais. J’ajoute aussi le fait que je dois faire des courses pour manger, oui ça me semble quand même vital!« , ajoute l’étudiante qui, ironise: « si nous devons patientez encore un mois, vous aurez de quoi écrire une rubrique faits divers : des jeunes Réunionnais découverts morts sous un pont de la Spree à Berlin !« .
Après une brève correspondance avec la direction des relations internationales (DRI) de La Réunion, Marion déplore le manque de communication avec les services concernés et les mauvaises informations, les fois où elle reçoit des réponses.
Selon nos informations, le dossier de Marion est en train d’être traité, elle va donc recevoir très prochainement les aides.
Mais comme elle le regrette, « après tant d’années, pourquoi la machine n’est pas encore bien rodée. On part tous courant septembre ou octobre, pourquoi ne s’organisent-ils pas pour que les bourses nous soient versées  dans des délais raisonnables. C’est quand même scandaleux de dire aux jeunes: la mobilité c’est bien, faites des programmes d’échanges, on vous aidera, et puis, une fois arrivé dans le pays, on ne perçoit pas les aides au moment convenu« .

 

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