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Massacre à la raboteuse… avant celui à la mitraillette

- Courrier des lecteurs -

Ecrit par Didier Dupont, Jean-Paul Panechou, Forces de Gauche Réunion – le vendredi 29 mars 2024 à 17H39
Courrier des lecteurs 2024

La politique générale de M. Attal et son gouvernement est une véritable déclaration de “Guerre sociale” qui conforte ses attaques contre:
les droits des chômeurs.
des malades,
des séniors,
des mal-logés,
des enseignants et tous les pauvres, les “sans dents”.

Le prétexte évoqué est la recherche de l’efficacité et surtout une économie budgétaire de plusieurs dizaines ou centaines de milliards €. Le gouvernement veut nous faire payer le déficit de la France à 5,5% et la dette publique 110,6% par des réformes draconiennes, que demande le Président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici – encore un socialiste comme tant d’autres qui figurent dans ce gouvernement de riche ultra-libéral – qui saignent encore les salariés(es) et les plus vulnérables. Alors qu’il faut 30 milliards d’euros pour régler la pauvreté en France, plus de 80 milliards d’euros partent en évasion fiscale. Merci Macron-Attal.

Ce programme politique est un véritable mépris et une provocation aux différents acteurs de la solidarité, et notamment la nomination de M. Kasbarian au logement avec ses lois répressives sur les expulsions et les sanctions plus sévères envers les squatteurs, l’accélération des procédures d’expulsion en cas de loyers impayés.
La loi SRU est également abandonnée: désormais les communes n’ont plus obligation de construire 25% de logements sociaux, alors qu’il y a une réelle demande.

L’emploi sera “désmicardisé” par une désindexation du smic de l’inflation. Ce qui entraînera une baisse du pouvoir d’achat.
Le RSA conditionné par 15 heures d’activité en entreprise sera généralisé.

Une prochaine réforme de l’assurance-chômage réduira la durée (18 mois actuellement) et la dégressivité des allocations.
C’est aussi la fin de l’allocation solidarité (ASS): priver les séniors en fin de carrière des cotisations de retraites est une monstruosité.
C’est également la sortie de certaines maladies chroniques de la liste des affections longues durées (ALD) et le doublement des franchises médicales. Notre modèle social est trop coûteux.

Le “choc des savoirs” pour l’école est en vérité un choc des “inégalités”. Tout est fait pour mettre le feu à l’éducation nationale, comme ce fut le cas à la Justice avec Belloubet, en 2020. Les vrais problèmes comme la fuite des enseignants, le ras-le-bol général face aux réformes décriées par l’ensemble des personnels éducatifs, les organisations syndicales, les chefs d’établissement et même les hauts fonctionnaires.
Le projet gouvernemental est de “remettre en cause le droit Egal d’accès à la poursuite d’étude pour tous les élèves” en créant des “groupes de niveaux” qui vont immanquablement accentuer les inégalités sociales. A cela s’ajoute un rabotage de 700 millions € sur le budget. Le coup est rude, la saignée est 2500 suppressions de poste et à la réunion, avec -…. le dysfonctionnement de l’institution s’aggrave. Nous voulons davantage un choc des moyens et plus de personnels mieux payés.

Ce qui se passe est une impitoyable” chasse aux pauvres”, une casse du service public: voilà la sentence. Une entreprise de démolition de l’Etat social. c’est le musée des horreurs”.

“Du plombier polonais au poulet ukrainien et polonais”.

Les agriculteurs ne sont pas écoutés alors que Macron donne trois milliards € pour financer l’achat de munitions pour l’Ukraine! Dans le même temps le CAC40 engrange un bénéfice record de 153 Milliards d’euros depuis la crise du subprime 2008. En dix ans, les entreprises françaises ont explosé leurs chiffre d’affaires avec le soutien et les aides de l’État.

Des contradictions incompréhensibles.

Et, en affirmant que sa politique sociale “sort de la pauvreté par le travail”, M. Attal se trompe car le travail ne protège plus contre la pauvreté: 1,8 millions de travailleurs pauvres en France, 25% de la population réunionnaise sous le seuil de pauvreté, soit 320 000 personnes, 40% sans les allocations. Ce programme de réduction des finances publiques risque d’être contre-productif car il se traduira par un ralentissement de l’activité économique, une baisse de consommation et des rentrées fiscales et donc in fine à une hausse du déficit public.

Cette politique d’austérité, qui n’est pas une fatalité, prévoit une coupe de 90 millions sur les budget des Outre mer. A La Réunion, c’est… en moins. Moins… pour la Région, moins…pour le Département, moins… pour les communes et les interco. C’est encore et toujours une dépendance néocoloniale misérable par l’austérité, qui affaiblit davantage la faible production même si elle incite à une forte mauvaise consommation: un modèle incompatible avec l’avenir de La Réunion et celui de la planète.

Ces politiques publiques consistent à faire la guerre aux chômeurs et non au chômage. Elles engendrent une augmentation de la pauvreté, des logements sociaux insuffisants et des crises socio culturelles multiples.

Avec un quart de sa population sous le seuil de pauvreté, à La Réunion l’emploi doit donc être la principale priorité car c’est un droit constitutionnel et non pas un sous-produit, une variable d’ajustement de l’économie capitaliste libérale. Les chômeurs sont les victimes du marché et ils ne sont pas responsables de leur sort. L’économie ne commande pas le politique. Et c’est pourquoi, financer l’emploi est le premier moyen pour combattre les inégalités et les injustices, dans les services publics, le logement, l’agriculture écologique, l’énergie, les transports et la culture. C’est le seul levier susceptible d’insuffler une dynamique vraiment émancipatrice qui apporte la richesse pour tous. C’est la cause la plus profonde et la plus digne d’unification et d’identification du peuple réunionnais, héritier du marronnage, dans ses luttes, ses actions et ses projets.

Les enfants pauvres sous les drapeaux (SNU), plutôt qu’une alimentation saine dans leur assiette et dans leur esprit!
Les nouveaux macronistes sont des néolibéraux fanatiques, des mercenaires méprisants à la solde du grand capital, sans principes et sans conviction. Le ruissellement (50 milliards par an) est un détournement d’argent public.

Didier Dupont

Jean-Paul Panechou

Forces de Gauche Réunion

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