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Martinique : « Il va y avoir un drame… »

Après deux nuits marquées par des incidents violents, le préfet de la Martinique, Ange Mancini, a invité la population à ne pas se déplacer après 19 heures. Le collectif du 5 février est dans la rue depuis 22 jours et réclame toujours 354 € de hausse sur les salaires... La tension monte...

Ecrit par Ludovic Robert – le vendredi 27 février 2009 à 08H27

Les négociations sont au point mort entre le « Collectif du 5 février » et le patronat. Revendiquant une augmentation de 354€ sur l’ensemble des salaires, les syndicats n’ont pas obtenu gain de cause avec le patronat qui propose 60€. Depuis mardi, la mobilisation s’est renforcée et est montée d’un cran. Après deux nuits marquées par des violences et des incidents graves, un appel au calme a été lancé par le préfet de Martinique.

C’est une forme de « couvre-feu » que Ange Mancini a proposé hier aux Martiniquais. Craignant une 3ème nuit de barrages, de pillages et d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, le représentant de l’Etat a invité la population à éviter toute sortie après 19 heures sans motif. Aux côtés du procureur général de Fort-de-France (Jean-Michel Durand), le préfet a témoigné d’une situation grave dans son département lors d’une conférence de presse avec les différents responsables des forces de l’ordre : « Si cela continue (…), il va y avoir un drame« . Les barrages et les différents blocages paralysant la vie économique et installés depuis le début de la grève générale posent un réel problème de ravitaillement. Pour les élus locaux, les négociations entre le collectif et les membres du patronat doivent reprendre au plus vite… pour que le climat ne dégénère pas.

Selon l’Agence France Presse, plusieurs groupes de jeunes ont semé la terreur lors des nuits précédentes. Armés de fusils à pompe et/ou de fusils à canon scié, ils n’ont pas hésité à braquer plusieurs automobilistes et à subtiliser leur véhicule. Depuis le début des violences urbaines, qui s’intensifient une fois la nuit venue, ce sont près de quinze voitures qui ont été incendiées. Par ailleurs, les commerçants locaux sont en première ligne face à ces violences puisqu’ils ne sont pas moins de cinquante a avoir été pillés.

Vingt-sept coups de feu, 95 interpellations, 9 policiers blessés dont deux par balles et 3 gendarmes blessés : c’est le bilan des deux premières nuits de violence…

Pour le secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer, Yves Jégo, invité sur les plateaux de France 3, ces violences seraient liées à l’annulation du carnaval de Fort-de-France : « certains (…) voyous ont profité d’une situation de tension, (…) de l’annulation du carnaval pour s’adonner à des actes parfaitement inacceptables« .

En réponse à ces débordements, six escadrons de gendarmes mobiles ont été envoyés à Fort-de-France, ce qui représente 390 militaires déployés sur le terrain…

 

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