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L’UNAAPE craint que les enfants payent pour l’ensemble des mauvaises décisions

L’Union Nationale des Associations Autonomes de Parents d'Élèves (UNAAPE) fustige les décisions prises des autorités pour contrer la propagation du virus dans l’île. L’association regrette que les enfants soient les premiers à payer de ces mauvaises décisions.

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 04 mars 2021 à 16H12

Le communiqué:

Monsieur le Président du CEN, Mesdames et Messieurs les membres.

L’UNAAPE prend acte des décisions de Monsieur le Préfet, de Madame la Directrice de l’ARS et de Madame la Rectrice.

Elle salue le courage des parents d’élèves et des associations qui dénoncent les abus de pouvoir de ces derniers jours. Il est fort regrettable, sous couvert de recommandations et de l’état d’urgence, le gouvernement entretient le doute et la peur, accentue la précarité et la pauvreté. L’application d’une loi est déterminée par un décret qui définit son champ d’application. Aujourd’hui, des décrets se prennent et s’adaptent en fonction des circonstances qui parfois nous échappent. Les arrêtés préfectoraux pris dernièrement sont des exemples et la décision de l’obligation de faire porter le masque dès le 8 février 2021a été hors-sol, car tout texte réglementaire est soumis à une date d’entrée en vigueur. Par la suite, un décret a été pris le jour d’une audience pour combler un vide juridique afin de régulariser l’illégalité des décisions prises antérieurement.

Nous avons dénoncé cet état de fait dans un communiqué de presse, copie à Monsieur le Préfet et à Madame la Rectrice.

Les constats qui sont faits aujourd’hui, c’est que:

-nous avons les parents d’élèves et la majorité de la population, qui n’ont plus confiance dans le gouvernement et en notre président de la République. L’école de la confiance imposée par le ministre de l’Éducation nationale entretient des dysfonctionnements qui créent une défiance au sein de la communauté éducative.

-nous avons des personnels de direction, des pédagogues et des personnels de santé et l’ensemble de la communauté, dépassés, fatigués et désabusés.

La réussite des élèves ne se décrète pas par des injonctions contradictoires portées par une communication ministérielle. Actuellement, les conditions de fonctionnement et d’accueil des élèves ne permettent pas de réduire les fractures engendrées par les crises sanitaire, sociale et économique. La dotation Horaire Globale de l’EPLE est calculée sur le nombre de classes prévues et non sur le nombre de groupes créés. Les lycées ne peuvent pas fonctionner dans leur structure actuelle et la réforme du lycée qui avait pour objectif le libre choix des élèves n’est pas financée par l’État. Tous les horaires obligatoires, sont-ils financés? Qu’en est-il des recrutements des assistants d’éducation et des AESH?

Cette période est peu propice aux apprentissages et à la concentration des élèves. Cependant, nous saluons le courage et l’investissement des personnels de la communauté éducative. Avec les résultats harmonisés, tout va bien selon le ministère et l’académie. La réussite sera certainement au rendez-vous avec le taux de réussite aux examens. Une génération sacrifiée arrive bientôt sur le marché du travail.

Encore moins, les vagues et les variants successifs du COVID-19 ne permettent pas dans l’immédiat de surfer sur une victoire de l’épidémie ou de se projeter à moyen ou à long terme. Il est à noter que d’autres pays ont fait le choix d’avoir un contrôle strict de la pandémie (Australie, Maurice, la Nouvelle-Calédonie, etc.), alors qu’au vu de notre insularité, les mesures prises par les autorités au niveau local n’ont pas été à la hauteur. Aujourd’hui nous en payons les conséquences. Les premiers à subir sont nos enfants. Dans notre académie, double peine en plus de la chaleur, nos plus jeunes élèves doivent porter un masque, sans compter les conditions du bâti scolaire inadapté à l’apprentissage. Aucune anticipation à commander des masques transparents pour les enseignants de langues et ceux et celles qui sont chargés d’apprendre à lire à nos enfants. Aucune anticipation à réorganiser l’école autrement sur l’année scolaire. Coûte que coûte, il est impératif d’avoir les classes bondées pour satisfaire d’une part, des statistiques du ministère et d’autre part, pour palier à un manque de moyens sanitaires. On fait des choix sans qu’on ait des données fiables qui le permettent. Comme dirait l’autre, jusqu’ici tout va bien, tout est sous contrôle.

Au vu du seul calendrier scolaire triennal de l’administration, qui nous est imposé pour avis, il est grand temps de se pencher sur le bâti scolaire, sur le rafraîchissement de nos salles de classe et sur la végétalisation de nos cours d’écoles bétonnées à outrance. Nos dirigeants doivent se mettre à la place des élèves qui subissent ces fortes chaleurs en cette période de l’été. Bien que des efforts soient faits par la Région et le Département, nous demandons dans la mesure du possible qu’un plan quinquennal de rénovation des écoles (État-Région-Département-Communes-Fonds européen)  soit mis en œuvre afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves de l’académie. Le calendrier scolaire proposé ne saurait être la panacée et a encore de beaux jours devant elle. Le réchauffement de la planète s’accélère avec ces conséquences, fontes des glaciers et les pics de chaleurs.

Enfin, petite consolation quand même, le jour du Mardi gras, synonyme aussi de carnaval, avec le port du masque, tout le monde aurait pu y participer. Même sans le masque, on aurait été déguisé au vu de la cacophonie qui règne depuis le début de cette pandémie. Alors, derrière nos masques successifs, sourions davantage avec les yeux avant que subitement, le covid-19 nous tombe dessus et qu’un jour les masques tombent. Ne souhaitons pas que le COVID-19 n’assèche notre cerveau après le test PCR et qu’on se retrouve «le coco vide».

Comme le chantait, Daniel Balavoine : « Les lois ne font plus les hommes, mais quelques hommes font la loi ».

L’état d’urgence ne doit pas masquer la démocratie, ni à déroger à la Constitution.
Ou alors, le fait du prince, serait-il devenu la règle ?

 

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