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Les ombres du Pôle Sanitaire Ouest

Personne ne doute de la nécessité, de l’urgence, de construire le Pôle Sanitaire Ouest (PSO), étant donné l’importance du bassin de population de cette microrégion –sans compter la constante progression démographique et bientôt de l’ouverture de la route des Tamarins–, de l’insuffisance criante des moyens consacrés à la santé publique sur ce territoire et des […]

Ecrit par aim-n.lebon@orange.fr – le mercredi 21 janvier 2009 à 12H07

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Personne ne doute de la nécessité, de l’urgence, de construire le Pôle Sanitaire Ouest (PSO), étant donné l’importance du bassin de population de cette microrégion –sans compter la constante progression démographique et bientôt de l’ouverture de la route des Tamarins–, de l’insuffisance criante des moyens consacrés à la santé publique sur ce territoire et des difficultés du Centre Hospitalier Gabriel Martin (CHGM).
Et pourtant, malgré un engagement des professionnels du terrain depuis de nombreuses d’années, et la reprise en main du dossier par la députée-maire Huguette Bello qui pousse pour finaliser un projet acceptable, l’opération supporte de grands coups de frein.
Sans que la population, dont l’attente se mesure partout, en soit convenablement informée ; sans que les principaux acteurs, administratifs, politiques et autres se sentent dans l’obligation de tout mettre sur la table pour sortir de l’ornière.
Alors, toutes sortes d’hypothèses circulent pour expliquer la mauvaise coopération entre le public et le privé dans ce domaine. Il se dit même que c’est le privé qui veut dicter sa loi, sûr de ses accointances avec le pouvoir politique, tant régional que national.
De bureaux d’études en rencontres techniques, d’évaluation en évaluation, le projet rapetisse de plus en plus, au risque qu’il ne devienne que l’équivalent du CHGM, et au point qu’il ne soit plus possible de l’appeler du nom de pôle puisqu’il laissera ailleurs des pans entiers de services. L’argent public ne servirait-il alors qu’à porter des objectifs du privé.
Certains observateurs n’écartent pas l’idée que depuis le début tout était orchestré dans ce sens : une implantation curieuse de l’Etablissement public de santé mentale sur le site de la Poncetière était vue comme une première avancée de toute l’opération –il y avait d’autres choix pour traiter cette urgence. Mais insister sur un terrain qui bien que proche de Cambaie ne bénéficie pas des voies d’accès existantes sur cette zone et ne dispose pas suffisamment d’espaces pour donner de la marge à toutes les infrastructures présentes et à venir compte tenu aussi des opérations immobilières, c’est vouloir avant tout limiter le développement sur place de disciplines-phares du PSO.
D’autant que le domaine de la Poncetière est touché par un arrêté préfectoral d’inscription au titre des monuments historiques!
Une stratégie qui consisterait donc à contenir le développement du public afin de laisser un espace sûr de profit au privé, en s’appuyant naturellement sur les investissements des collectivités.
La manœuvre est connue : laisser la difficulté au public, et accorder tout ce qui est neuf au privé!
Et si l’on commençait par clarifier l’implantation de la structure mère-enfant ?
Devant le silence assourdissant des syndicats des personnels de santé sur le sujet, les élus et particulièrement les parlementaires doivent mobiliser la population pour chasser les ombres du dossier. Il est du devoir de tous les acteurs, sans oublier les décideurs administratifs, de donner du poids à ce PSO en faisant la lumière sur cette coopération avec le privé.
Mais une façon de révéler les arrière-pensées des uns et des autres est de revoir l’implantation globale. Il y a bien des terrains le long de la route des Tamarins ou sur le plateau même de Cambaie qui pourraient être expropriés, pour utilité publique justement.
Encore faut-il qu’il y ait une volonté politique !
Aimé LEBON, Bois de Nèfles Saint-Paul

 

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