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Le SAFPTR veut la cédéisation des travailleurs sociaux contractuels

Le Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de La Réunion (SAFPTR) demande au Conseil Départemental la cédéisation de tous les travailleurs sociaux de catégorie A et B de plus de 6 ans d'ancienneté. La situation est inacceptable pour le syndicat qui estime que ce contexte pénalise tout le monde dans une période où ces employés sont plus indispensables que jamais.

Ecrit par – le mercredi 25 novembre 2020 à 15H22

Après avoir adressé un courrier au président du Conseil Départemental le 6 novembre dernier, le SAFPTR s’est directement adressé au préfet de La Réunion, au président de la République et aux ministres concernés pour un arbitrage urgent de la gestion de ce dossier. Le 1er syndicat de la fonction publique à La Réunion réclame la cédéisation de tous les agents contractuels de catégorie A et B possédant au moins 6 ans d’expérience.

« Au regard du contexte socio-économique et sanitaire actuel, il y a urgence que la collectivité se donne les moyens d’agir en titularisant les agents qui n’ont pas démérité. Ils doivent pouvoir travailler dans la sérénité », réclame Patricia Doxiville, responsable de la section départementale du SAFPTR. La représentante syndicale reconnaît que Cyrille Melchior a mis le chantier de la cédéisation en route, mais souhaite que la Direction générale des Services prenne ce dossier à bras-le-corps.

« Stop aux précaires qui s’occupent des précaires »

« Le Conseil Départemental est le chef de file de l’action sociale. Il y a une incohérence et quelque chose de dérangeant dans la situation actuelle. Nous interpellons Cyrille Melchior pour ceux qui ne rentrent pas dans le cadre des titularisations. Il faut prévoir des concours pour faciliter l’intégration de ces agents. Il faut dire stop aux précaires qui s’occupent des précaires », souligne-t-elle.

Le SAFPTR estime qu’actuellement, environ 50% des agents employés par la collectivité ne sont pas en CDI. Certains comme Bertrand Aupin, éducateur et travailleur social au département depuis 7 ans, sont toujours en attente d’un CDI qui permettrait d’éclaircir son horizon. Les non-titulaires ne touchent pas le même salaire que leurs homologues en CDI. De plus, le syndicat demande une revalorisation salariale des non titulaires et également l’ouverture des négociations pour un régime indemnitaire (RIFSEEP). « Parfois, on voit des familles mieux dotées que le travailleur social qui s’occupe d’eux », indique-t-il. Selon lui, la collectivité « surfe sur l’engagement des agents qui aiment leur travail. On ne s’est pas engagé dans la demi-mesure. On s’investit totalement ».

Un investissement total qui se voit depuis le début de la crise Covid. Les travailleurs n’ont jamais cessé de s’engager auprès des familles durant cette période difficile, malgré les risques et les difficultés personnelles. « Les travailleurs sociaux sont des travailleurs de l’ombre qui ont apaisé le climat social durant cette période. Le travail de dialogue social a été important pour éviter l’explosion durant cette période. La collectivité doit être consciente de ça », rappelle Patricia Doxiville.

Les familles sont les premières impactées

Car pour le SAFPTR, ce sont souvent les familles qui sont les plus impactées par cette situation. « Il faut 6 mois pour entrer dans une situation d’une famille en difficulté. Lorsque l’agent a fini par gagner la confiance de cette famille, il y a une épée de Damoclès, car il n’est pas sûr de pouvoir revenir. C’est épuisant pour les familles d’avoir à tout recommencer avec un nouvel agent », précise la responsable de la section du SAFPTR. 

« Dans notre manière d’agir, est-ce qu’on est pas trop maltraitant? Car ce système perturbe les familles les plus fragiles. Au niveau de l’accompagnement, ce n’est pas un travail de bureau où l’on remplit des dossiers, c’est des familles que l’on accompagne. Il y a de l’humain. C’est de la maltraitance institutionnelle », poursuit Bertrand Aupin.

Malgré la grogne et la frustration qui s’accentue au sein des travailleurs sociaux, la SAFPTR privilégie le dialogue et l’intelligence de la collectivité. « Les agents nous sollicitent pour une manifestation, car la colère monte. On ne veut pas arriver à une explosion sociale. Le SAFPTR n’attend qu’une chose : que le chef de file comprenne bien le sens de notre démarche et concrétise la titularisation des agents », affirme Patricia Doxiville.

Le 14 décembre, le Conseil Départemental doit présenter un dossier à ce sujet lors du comité technique. Le SAFPTR regrette de ne pas être tenu au courant de ce travail, mais espère qu’il donnera une issue favorable à leurs revendications. « C’est usant de se battre pour les familles, pour nous, alors que ça devrait couler de source », conclut la représentante du SAFPTR.

 

Patricia Doxiville, responsable de la section départementale de la SAFPTR :

 

Jean-Marc Rivière, délégué syndical représentant les contractuels catégorie A au sein du département :

 

Bertrand Aupin, travailleur social et représentant au CCP :

 

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