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Le projet de téléphérique à Grand Bassin relancé, une pétition veut le stopper

Ils craignent pour "leur joyau encore préservé de toute pollution". Une pétition a été lancée par des habitants de Grand Bassin contre la transformation du monte-charge en téléphérique.

Ecrit par zinfos974 – le samedi 20 février 2021 à 10H51

La mairie du Tampon veut à nouveau relier Grand Bassin à Bois Court par un téléphérique. Le marché de conception-réalisation a été attribué le samedi 19 décembre dernier en conseil municipal. Le désenclavement d’un site accessible à pied qui n’est pas du goût de tous les habitants. Ces derniers déplorent l’absence de consultation, un projet qui « se fait en catimini ». 

« Il faut mériter Grand Bassin », s’exclame une des résidentes du petit village, à l’initiative de la pétition. « J’ai grandi, je suis allée à l’école ici et aujourd’hui j’y vis et j’y travaille. Je veux préserver cette qualité de vie », ajoute celle qui tient un gîte et préfère garder l’anonymat.

Pourtant, « il faut aller au-delà du business », assure-t-elle.  L’enjeu est aussi écologique, rappellent les défenseurs d’un Grand Bassin « authentique » . Grand Bassin est connu et protégé car un des territoires de nidification et de passage du pétrel noir de Bourbon. « Les décideurs ont-ils eu l’accord ou l’avis des institutions concernées par ce projet ? ONF, Parc National, Seor, Commission des sites…… ? Où est le principe de précaution à l’heure des catastrophes écologiques surtout sur les parois qui sont classées en zone rouge », égrènent-ils.

Le marquage du sentier aurait déjà commencé selon les détracteurs au projet qui  s’inquiètent pour un lieu qui « tombera dans la triste catégorie du tourisme fast-food, du plaisir instantané des sites bondés, ayant perdu toute âme, avec tous les risques de pollution y compris la pollution sonore… « . 

Un équilibre à trouver

Ce n’est pas la première fois que l’idée de relier Bois Court à Grand Bassin émerge au sein des instances politiques. En 2010, sous la mandature de Didier Robert, le projet était déjà dans les cartons avant que Paulet Payet, qui lui a succédé, finisse par privilégier la rénovation du monte-charge. « A l’époque j’étais déjà contre le téléphérique mais au moins nous avions été consultés », se remémore la quadragénaire. 

Une quinzaine de personnes vivent à l’année au coeur du petit cirque au pied des remparts. Une population certes vieillissante mais qui tient à sa qualité de vie, avance Michel Ducrot qui réside à Grand Bassin depuis plus de 10 ans.

L’homme de 73 ans était également contre le projet de téléphérique il y a 10 ans, aujourd’hui, « il n’est pas contre ». La nuance réside selon lui dans le développement également touristique du village mais en tenant compte « de ces impératifs ».

Pour Michel Ducrot, aussi secrétaire de l’Association Grand Bassin, « cela pourrait permettre à des jeunes de s’installer » mais il faudrait en revanche « limiter la présence des touristes ».  Soit un difficile équilibre à trouver entre continuer à faire vivre le village et préserver son authenticité.

Samuel Séry, président de l’association, partage cet avis. « Grand Bassin a besoin d’être désenclavé mais il ne faut pas que cela devienne comme Langevin », craint-il en termes de déchets abandonnés et de tranquillité perdue. Le président de l’association fait également pencher dans sa balance les 700 mètres de dénivelé à parcourir pour entrer et sortir de Grand Bassin et le coût important des rotations d’hélicoptères. « Il ne faut pas avoir peur du procès tant que cela se fait dans le respect.  Le projet ne peut se faire sans la participation de ses habitants », suggère-t-il.

 

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