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Le directeur de la Sicalait a laissé des traces en métropole

Le directeur de la Sicalait est contesté par les salariés de la coopérative laitière de La Réunion qui sont en grève. Mais Olivier Dekokère est un nom qui ne laisse pas insensible au-delà de notre département. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a laissé un souvenir indélébile à ses proches collaborateurs côtoyés dans des entreprises métropolitaines. Nous avons pu remonter le passé de directeur d'Olivier Dekokère dans une autre structure agricole en métropole. Le responsable qui témoigne nous a donné son accord pour que sa fonction soit divulguée mais pas son nom pour de simples raisons de discrétion.

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 11 décembre 2014 à 21H29

Zinfos974 : Quelle image garde votre entreprise du passage de M. Dekokère ? Il était votre directeur.
Un président* de conseil d’administration d’un groupement agricole de métropole (*président au moment des faits) : Il a un problème comportemental au niveau de l’autorité. Il ne sait pas utiliser le potentiel de diplomatie dont il faut faire preuve auprès des salariés. Les termes employés par M. Dekokère…

Vous faites référence à quoi ?
Quand il compare des enfants à des chiens. Eh bien il n’y a que ceux qui ne le connaissent pas qui peuvent croire qu’il ne peut pas être comme cela. Quand on a pu voir hier (mercredi, ndlr) [une vidéo sur internet]urlblank:http://www.zinfos974.com/Le-directeur-de-la-Sicalait-Demain-on-va-devoir-travailler-ensemble_a79100.html , ça nous a fait bien rire ici car on s’est tous dit entre nous qu’on retrouvait exactement le même individu qu’on avait connu.

Ici, il est pris en grippe pour des aspects strictement relationnels, voire plus grave, pour des supposés propos racistes que des salariés lui prêtent et qu’il nie. Cela vous étonnerait de lui ?
Quand on a su qu’il partait à La Réunion, on a été étonnés.

Pourquoi dites-vous ça ?
Il faisait déjà preuve chez nous de… »ségrégation » je dirais, vis-à-vis de certains personnels. Il prenait en grippe certaines personnes et notamment les femmes. Sur le plan relationnel, on a eu des problèmes avec des salariés, à la limite du harcèlement moral. Il impose, il n’est pas à l’écoute, il ne met pas l’équipe en confiance, Il n’est pas diplomate, il fait du rentre dedans. Mais si ce n’était que le relationnel qui posait problème…

Sur le plan de la gestion, quel est son bilan justement ?
Nous aussi on avait l’impression qu’il savait gérer. Il a mis des choses en place qui se sont avérées des gouffres financiers par la suite et pour lesquels on a dû faire machine arrière.

Vous dites que « vous » avez dû faire machine arrière, il n’était à ce moment là plus en responsabilité ?
Du jour au lendemain, il nous a dit qu’il partait. Au début on était gêné car beaucoup de dossiers qu’il avait lancés, étaient en cours. Et puis deux mois après son départ et l’arrivée d’un nouveau directeur, on a découvert plein de choses. Ce n’est qu’après son départ qu’on s’est rendu compte qu’il nous avait bernés.

Il a donc quitté votre structure de façon conventionnelle alors ?
Oui, c’était une simple démission.

Comment en êtes-vous arrivés à le recruter ? Vous n’aviez aucun élément sur sa gestion passée dans de précédentes entreprises qui aurait pu vous alerter ?
C’est un cabinet de recrutement qui avait procédé à la sélection. On en avait eu plutôt de bons échos par le cabinet mais qui se sont révélés par la suite pas très très justes…

Sur le plan de la gestion pure, qu’en est-il ?
Nous, on a été déçus après coup ! Ce n’est pas un gestionnaire. Comme il centralisait, en tant que directeur, l’ensemble des données, Il a réussi à berner le conseil d’administration. Nous, on s’en est rendu compte trop tard. Tout est apparu après son départ. Sans doute qu’il avait senti le vent tourner. Ou alors que l’offre à la Réunion était trop alléchante ?  

On devait par exemple mettre en place une filiale en négoce. Le dossier était mal monté. Dans d’autres secteurs de notre groupement, il avait augmenté les marges pour dire (au Conseil d’administration) : « voyez, je maintiens le chiffre d’affaire ». Sauf que je ne sais pas chez vous, la coopérative Sicalait est peut être en situation de monopole, mais chez nous, il y a quand même pas mal de concurrents. Et à un moment donné, vous voyez vos clients venir vous dire : « j’ai trouvé moins cher ailleurs, je vais ailleurs… » On s’est retrouvé derrière avec une perte de marchés ! Dans un autre cas, il s’agissait cette fois de la partie ensachage des céréales. Il avait maintenu des prix en-dessous du prix de revient. Dans un autre domaine, puisqu’on développait également une partie sur les marchés financiers, on s’est rendu compte qu’il spéculait à la hausse pendant que les marchés étaient en tendance baissière. Après effectivement, on peut toujours concéder qu’il y a une part de hasard sur les marchés…

Enfin, autre exemple, alors qu’on tentait de développer un débouché pas très compliqué grâce à un avantage par rapport à notre situation géographique près d’un port, il n’avait pas effectué de calcul de rentabilité. C’était le b.a.-ba. On a fini par perdre de l’argent à développer ce marché là.

Tous ces éléments cumulés ont-ils eu une incidence sur la viabilité de votre structure ?
Il n’y a pas eu de redressement. Mais l’exercice qu’il nous a laissé quand il est parti s’est révélé déficitaire. Mais on ne l’a su qu’après son départ puisqu’il était parti mi-août, et que l’arrêt des comptes devait être connu vers septembre/octobre.

Le conseil d’administration de la coopérative réunionnaise Sicalait continue d’approuver son directeur en mettant en avant le dynamisme qu’il a su insuffler. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Si les membres du conseil d’administration ne s’en tiennent qu’à ce que leur montre leur directeur, ils finiront par se rendre compte, après son départ, des dégâts qu’il a produit. Ça s’est produit comme ça chez nous en tout cas. Il faut que le conseil fasse lui-même la démarche de creuser autour, qu’il regarde si les coûts de revient sont optimaux, si les nouveaux marchés développés sont cohérents, etc…

J’en reviens au fait que les salariés ne demandent son départ que pour des raisons relationnelles.
Je peux dire aux salariés que s’ils en restent que sur l’aspect relationnel, ils n’obtiendront jamais raison auprès du CA. Car quoi qu’on en dise, si l’aspect relationnel peut jouer, le conseil ne pourra le lâcher sans des faits.

 

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