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Le CHU de La Réunion offre un espoir local aux futures mamans de jumeaux atteints du syndrome transfuseur-transfusé

Les futures mamans de jumeaux atteints du syndrome transfuseur-transfusé peuvent désormais se faire opérer à La Réunion et au CHU, grâce à la fœtoscopie laser. Cette intervention, possible depuis 2022, se pratique uniquement à la maternité niveau III du CHU Sud.

Ecrit par Marine Abat – le vendredi 23 février 2024 à 10H36

Le communiqué du CHU :

La fœtoscopie laser est le traitement de référence du STT avant 26 semaines d’aménorrhées. Ce traitement permet un taux global de survie de plus de 80% d’au moins un enfant avec moins de 10% de séquelles.

Auparavant les patientes devaient être transférées en urgence dans l’Hexagone à l’hôpital Necker à Paris et seulement sous certaines conditions.

Suite à une étude menée sur 3 ans, les équipes ont constaté que 35% des transferts ne pouvaient malheureusement pas se réaliser. Le plus souvent, le risque d’un accouchement imminent ne permettait pas d’envisager un vol long-courrier de 11h, ou en raison de contraintes familiales qui rendaient le départ impossible.

Un partenariat entre le Centre de Référence National de Necker (Pr Yves Ville) et le service de gynécologie obstétrique du CHU Sud (Pr Malik Boukerrou) a donc été initié, avec l’appui de l’ARS. Ces financements ont permis de détacher un médecin du CHU de La Réunion sur une durée d’un an, pour lui permettre une formation intensive au sein de l’équipe parisienne.

En parallèle, le matériel financé par l’ARS, a été livré, permettant le début des interventions chirurgicales dès le retour du Dr Alice Thoreau, au sein de l’équipe du diagnostic anténatal, dirigé par le Dr Coralie Dumont.

Plusieurs procédures sont donc maintenant accessibles à La Réunion au sein du service de St Pierre pour permettre le traitement des complications des grossesses gémellaires monochoriales qui représente 20% des jumeaux.

Parmi celles-ci, le syndrome du transfuseur-transfusé (STT), se caractérise par un déséquilibre des échanges sanguins entre les deux fœtus d’une grossesse monochoriale : de vrais jumeaux partageant le même placenta.

Cette complication se développe dans 15% de ce type de grossesse.

En l’absence de traitement, il est responsable de 90% de décès fœtal ou néonatal ainsi que de lésions neurologiques graves.

Pour sauver la vie de ces bébés, le CHU de La Réunion les opère avant leur naissance, in utero.

La coagulation laser des anastomoses par fœtoscopie est réalisée sous anesthésie locorégionale au bloc opératoire. Une petite incision sur le ventre permet d’introduire un canal opérateur dans lequel sont ensuite insérés une
caméra et la fibre laser directement dans la poche des eaux d’un des bébés.

Le laser permet de coaguler les vaisseaux en visualisant directement le placenta.

La patiente est ensuite hospitalisée pendant au moins 48h pour la prise en charge post opératoire.

Après l’intervention, les futures mamans sont suivies de façon très rapprochée avec au moins une échographie par semaine. Les équipes médicales préconisent une naissance autour de 34 semaines d’aménorrhées, avec une prise en charge des nouveaux nés en néonatologie les premières semaines de vie.

Depuis le démarrage de cette activité, 12 interventions lasers ont pu être réalisées.

Julia, 22 ans est l’heureuse maman de Ylanna (1kg890) et Jayanna (2kg100) et a souhaité témoigner :

« L’opération s’est très bien passée. J’étais un peu stressée et inquiète au début car il y a des risques, mais les équipes ont été formidables, elles m’ont bien expliqué et rassurée. Je suis restée 17 jours à l’hôpital parce que les bébés étaient en néonatalogie et elles devaient reprendre du poids. Je suis contente de rentrer chez moi ! »

« Permettre aux futures mamans qui présentent une grossesse gémellaire monochoriale compliquée d’un STT de se faire opérer à la Réunion est une réelle avancée. Avant cela de nombreuses patientes ne pouvaient pas être transférées en métropole (col court, contractions, contraintes sociales ou familiales) ce qui représentait une perte de chance pour leur grossesse. Nous leur offrons maintenant au CHU une prise en charge complète et un suivi de qualité pour leur permettre d’accueillir leurs bébés dans les meilleures conditions sur le territoire réunionnais », précisent les Dr Coralie Dumont et Alice Thureau de l’équipe du diagnostic anténatal.

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