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Le centre historique de Saint-Leu

Lorsque l’on se trouve dans le centre de Saint-Leu, les nombreux bâtiments qui entourent la Mairie attisent la curiosité. Ils sont le patrimoine historique, preuve du passé maritime de la ville.

Ecrit par Sabine Thirel – le samedi 14 février 2009 à 08H05

Au cours du XVIIIe siècle , la production de café est en augmentation. Deux marines sont construites, une à l’entrée Nord de la ville près de la ravine qui a justement pris le nom de «  la Chaloupe » ; la seconde, la Marine Thémèze, dans le lagon à l’emplacement de l’actuel petit port de pêche.
Ces marines nécessitent une grande organisation pour l’accueil, le stockage et  le transport des marchandises. Ainsi, sont édifiés un bureau des marines, des bâtiments de stockage pour le batelage par chaloupes ou brises-marées … et aussi, une batterie pour les protéger d’une attaque éventuelle.

 

Une main d’œuvre abondante est évidemment indispensable dans ces structures, rameurs, manœuvres, porteurs (on ne les appelait pas encore dockers), comptables, contremaîtres et des animaux de traits et leurs charretiers. A pieds, cette place du centre ville est encore pavée par endroit. La couverture à quatre pans de bardeaux en tamarins des hauts de l’Ancien Magasin du Roi est encore en réfection.

 


A l’est de ce magasin, placés entre trois longs bâtiments, des abreuvoirs taillés dans la pierre accrochés à un mur de près de 80 cm d’épaisseur ont résisté eux aussi, à l’usage du temps. La rouille montre la trace des anneaux où étaient attachés les chevaux.

 


En passant sous un petit porche à ossature de briques rouges, on arrive dans une cour fermée où des bâtiments rejoignent la plage comme bon nombre d’autres situés encore plus au nord.

 

Le basalte, le corail, la chaux, le moellon et le même le sucre sont les matériaux de base de ces constructions historiques en argamasse. Le Magasin du Roi est le plus ancien, érigé en 1770, il servait au stockage des vivres, des balles de coton et par la suite, à celui du café. Au fil des siècles, il a été occupé par des particuliers ou des représentants de la colonie puis par l’administration. Le bâtiment qui abrite la Mairie a été construit bien après, fin du XVIIIe siècle d’abord en bois puis en pierres à la suite à sa destruction par un cyclone.

 

La poudrière adjacente a une particularité qu’il faut souligner, elle abrite un plafond en voute, tout en cubes de corail taillé qu’on retrouve également sur sa façade.

 

En se déplaçant vers le nord et lorsqu’on lève les yeux vers la montagne, on découvre la « Roche Pâté » surplombant la  baie de Saint-Leu. Il s’agit d’un monticule de grosses pierres posées les unes sur les autres par la nature vraisemblablement, vu le volume de ces pierres. C’était là que se tenait la vigie signalant toute présence suspecte dans les environs.

 

Légèrement plus bas, la batterie des Sans-Culottes de deux canons,  gravés de l’An 2 et de l’An 3 du calendrier  républicain,  veillent encore sur la tranquillité de la ville. Cette batterie a repoussé une attaque anglaise en 1809. D’après le témoignage d’un habitant du quartier, jusqu’au milieu du siècle dernier, tous les 14 juillet , 14 coups de canons étaient tirés depuis cette batterie. Le chemin pavé qui monte de la ravine jusqu’à la Batterie, date elle aussi, de la fin du XVIIIe siècle.

Sources : -Le Patrimoine Des Communes De La Réunion.Auteur:Collectif- Editeur : Flohic- Collection:Le Patrimoine Des Communes De France- Parution : 21/11/2000
-WZ

 

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