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L’aérien : enjeu politique évident pour le développement réel de la Réunion

En disputant à Air France, le rôle de transporteur aérien, et au Gouvernement la maîtrise politique de la gestion de ce secteur de l’économie, les élus politiques locaux, et surtout le PCR parmi eux, entendaient détenir les « clés du ciel » et l’emprise que ce pouvoir autorise sur l’ensemble de la société insulaire totalement captive et […]

Ecrit par Pierrot Dupuy – le jeudi 02 octobre 2008 à 20H05

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En disputant à Air France, le rôle de transporteur aérien, et au Gouvernement la maîtrise politique de la gestion de ce secteur de l’économie, les élus politiques locaux, et surtout le PCR parmi eux, entendaient détenir les « clés du ciel » et l’emprise que ce pouvoir autorise sur l’ensemble de la société insulaire totalement captive et tributaire de ce mode d’ouverture à sa zone, à sa métropole, à l’Europe et au monde. Grâce aux Lois de décentralisation Deferre et au pouvoir socialiste, et grâce à l’emprise des communistes Fitermann et Gayssot sur le ministère des transports ont permis, au PCR et à son leader Paul Vergès de détenir une main-mise déterminante sur l’aérien, régional depuis 1983, lui assurant l’accès à la région et à ses finances publiques, comme il avait accès au Port maritime, puis sur l’aérien national à partir de 2002 pour conforter et asseoir l’hégémonie du clan familial Vergès et de ses « fans ».

A partir de cette emprise directe sur les deux entités essentielles, le port et l’aéroport, pour l’ouverture et le développement économiques de la Réunion vers sa région proche et plus lointaine et vers la France et vers l’Europe, le PCR a pu asseoir et étendre son pouvoir « communiste » localement et ce en pleine déroute historique du communisme international avec la disparition du mur de Berlin et du « grand frère soviétique », maintenant l’île » française? » de la Réunion dans une « mini république démocratique populaire » sous la présidence « communiste » de la famille Vergès. La ghettoïsation de fait entretenue non pas policièrement, comme dans les ex-pays de l’est, mais économiquement en abandonnant à la compagnie aérienne originelle, Air France, la rente de situation évidente qui lui permettait de très gros profits sur une clientèle captive et assistée financièrement par la France puis l’Europe. L’accès à cette rente, véritable manne financière, voire même pactole pour ce secteur économique, est transmis à partir de 1983, sous le gouvernement socialo-communiste, au clone local, la société anonyme Air Austral constituée par Pierre Lagourgue, avec Paul Vergès et Ibrahim DINDAR avec des fonds publics de la région et d’Air France Finances et les droits régionaux de trafic d’Air France avec la bénédiction de Fiterman, ministre communiste des transports. Avec la conquête de la région en 1998 par le seul Vergès, pour renforcer et étendre son pouvoir, en 2001, avec Jospin et Gayssot, l’extension des droits aux déplacements aériens vers la France sont accordés à Air Austral que préside Paul Vergès en cumulant (en toute légalité?) la présidence d’une société de droit privée, la compagnie aérienne Air Austral et la présidence d’une collectivité territoriale, la région, et un mandat de député européen (abandonné tout récemment car bien peu assumé!!!). Ainsi, cette compagnie sous la coupe directe du PCR, permet à ce parti, en totale opacité, avec la complicité évidente de certains politiques de droite, de maintenir une grande majorité des Réunionnais ghettoïsés dans leur île par la cherté abusive des tarifs d’avion, jouant avec un clientélisme politique évident auprès de toutes les catégories sociales réunionnaises de l’accès à « sa » compagnie, refusant la baisse des prix exorbitants (au plus grand bonheur d’Air France qui n’a pas de raison de baisser et y compris du groupe allemand CORSAIR qui peut ainsi, tout en étant la moins chère des trois compagnies, optimiser les revenus de sa filiale française opérant sur l’Océan Indien), repoussant avec des motifs fallacieux toute réelle continuité territoriale avec l’indifférence, voire la complicité de tous les politiques de droite qui lui abandonne le terrain de l’aérien. Seule l’association Coll’Air dénonce depuis sa constitution en 2003, cette main mise autoritaire sur l’aérien, activité économique essentielle et déterminante pour l’implication et la mobilisation de TOUS LES REUNIONNAIS au développement de leur île, par l’export, par l’import, par le tourisme, par les échanges de biens et de personnes, permettant ainsi au clan familial Vergès, qui régente un parti politique en relative perte de vitesse, de maintenir son emprise économique, et donc son emprise politicienne sur toute la société réunionnaise, du plus modeste au plus riche.

En disputant le ciel à la famille Vergès, en l’ouvrant à la concurrence, en faisant baisser les prix, en développant l’aéroport de St Pierre, il est possible de mettre le sud de la Réunion en situation de promouvoir une véritable politique de développement réel et exogène de l‘économie de la Réunion, vers les pays de la zone, vers les pays du Moyen Orient, de l’inde, de l’Asie, de l’Afrique du COMESA, pour son export de produits agricoles, pour le tourisme partenarial et solidaire avec l’ensemble des îles des Mascareignes, pour la mobilisation d’investisseurs internationaux. La création d’une compagnie aérienne régionale bas prix basée sur Pierrefonds constituera la première étape d’une reprise de pouvoir sur l’aérien, outil déterminant des développements futurs, d’une reconquête de la région mais aussi de la compagnie privée « publique » Air Austral arrachée à la main mise du groupe Vergès (avec le lâche abandon complice de Nassimah Dindar ) et rendue enfin aux Réunionnais et à leur intérêt général pour jouer le même rôle de développeur qu’a si bien su jouer Air Mauritius au service de Maurice. En dénonçant la politique tarifaire « invraisemblable » d’Air Austral et de Vergès et ce plus impérativement sur le vol le plus courant Réunion-Maurice, « le plus cher du monde » (Maurice-Réunion est vendu, pas à perte, 216 € alors que Réunion-Maurice coûte 391 € pour effectuer 240 km avec des ATR 72, c’est un vol manifeste de 175 € soit pour les 100 000 Réunionnais 17,5 millions € abusivement trop versés!), nous justifions totalement la nécessité, pour préserver le pouvoir d’achat de TOUS LES REUNIONNAIS de mettre en place une compagnie régionale « bas prix » qui contribuera à la baisse future, car concurrentielle, de tous les vols vers toutes les destinations. Cette étape de la reconquête de l’aérien est prioritaire et essentielle pour la reconquête de la région, collectivité déterminante pour inscrire la Réunion dans une véritable politique de développement économique réelle substituée à la politique d’assistanat et de clientélisme politicien mise en place depuis plus de 20 ans avec les aides captées et détournées des fonds français et européens pour assurer le maintien d’une nomenklatura anachronique et perverse dite « communiste » alors qu’elle n’apparaît qu’affairiste, clanique, clientéliste et dynastique.

Il est évident que le sujet mérite de biens plus importants et approfondis développements, mais il est bien au cœur du devenir politique de la Réunion au sein de sa zone, de la France, de l’Europe et du monde, arraché à la féodalité « moderne », à l’économie de comptoir et aux rentes de situation héritées et entretenues du passé colonial sous la coupe d’un parti politique dépassé par l’histoire mais qui s’accroche par tous les moyens et malheureusement avec beaucoup de complicités contre-nature animées par la quête des pouvoirs et des privilèges qui les accompagnent pour soi et pour les siens.

Antoine Franco

 

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