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La reprise d’entreprise : un enjeu pour La Réunion de demain !

Une table ronde organisée hier par L’Agence de Développement, a réuni plusieurs acteurs économiques de l’île: Paul Hibon, directeur général de l'Agence de Développement de La Réunion, Jean François Lebon, directeur d'Orégon Conseil, Patrick Arnaud, avocat d’affaires (spécialisé en fiscalité), Florence Rataud, gérante d’une activité de conseil et de pilotage de projets, Hery Ranaivosoa, président directeur général de Pack OI, et Philippe Gault, directeur général de RPI.

Ecrit par Karine Maillot – le mercredi 19 novembre 2008 à 10H34

La mise est élevée pour notre île en termes d’emplois, de sauvegarde de savoir-faire et d’attractivité. De nombreuses entreprises réunionnaises seront amenées à s’interroger dans les prochaines années sur leur transmission.
Cette rencontre a permis de faire le point sur une étude révélant qu’à La Réunion comme en Métropole, la cession d’une entreprise reste un sujet opaque et souvent mal préparé, alors que la cession d’une entreprise reste un processus long et contraignant. Il faut en effet compter deux ans pour une bonne préparation et permettre à son entreprise de conserver sa pérennité et ses emplois, dans un département où le chômage reste un point noir, et ce malgré une croissance encourageante et des aides diverses aux acteurs économiques.
Pour mener cette étude, l’agence s’est procuré un fichier de 500 entreprises à la CCIR avec les caractéristiques suivantes: il fallait que les entreprises aient des dirigeants âgés de 50 ans et plus, et ayant un effectif égal ou supérieur à cinq salariés. Les secteurs d’activité concernaient l’industrie, et le secteur de la construction et des services, avec comme forme juridique la SA, la SAS et la SARL.
Un questionnaire a été envoyé à 344 entreprises avec un taux de retour de 41 %.
La cession d’entreprise concerne principalement des PME/PMI, dont l’effectif est généralement inférieur à 20 salariés. La majorité d’entre elles a entre 5 et 10 salariés. Ce chiffre reste en cohérence avec l’effectif moyen des sociétés locales.  
Pour les 52 entreprises ayant répondu être intéressées par une cession dans les 5 ans à venir, 400 salariés sont concernés. A La Réunion, l’ensemble des entreprises dont le dirigeant est âgé de plus de 50 ans représente 6.000 salariés.
Le premier secteur est celui du BTP (37%). Viennent ensuite les services aux entreprises (14%) et l’agro-nutrition (12%). Ces trois secteurs représentent deux entreprises à céder sur trois, parmi les répondants.  
Les secteurs de l’industrie, de l’environnement, du tourisme et des transports ont une part quasi égale (de 5 à 7%). En revanche, en dépit de son poids (450 entreprises, 5 700 salariés), les TIC (Technologie de l’Information et de la Communication), sont faiblement représentées, ce qui s’explique par la jeunesse du secteur.
La Réunion compte 4.957 entreprises de plus de cinq salariés dans les secteurs de l’industrie, de la construction et des services en 2006. 26 % des dirigeants sont âgés de 50 ans et plus (source TER édition 2007-2008).
L’étude révèle par ailleurs que les dirigeants sont en attente d’informations: 75 % ont manifesté le souhait d’en savoir plus sur la stratégie de cession d’une entreprise. Les thèmes qu’ils souhaitent aborder en priorité sont l’aspect fiscal et financier de la cession. Vient ensuite l’aspect juridique et social.
La principale difficulté rencontrée est l’obtention de financements nécessaires pour concrétiser leur projet. Certains d’entre eux ont éprouvé des difficultés à rencontrer les bonnes personnes, ce qui a ralenti leur projet. Souvent le repreneur ne connaît pas La Réunion et son marché. Le témoignage de la cession de Profilex au groupe international Mittal a permis de mettre en évidence la nécessité d’une mise en relation rapide dès le départ avec un organisme qui pourra faire bénéficier de son réseau relationnel et de conseils adaptés.
En outre, l’impact psychologique dans un processus de cession est une variable très importante à prendre en compte. Certains experts affirment qu’une entreprise doit pouvoir être cédée à tout moment, pour répondre par exemple, à des opportunités qui peuvent se présenter.
L’Agence de Développement note également que le souhait de confidentialité est très fortement exprimé. Mais ce désir représente un paradoxe: il est difficile à des repreneurs potentiels d’avoir connaissance de l’offre des cédants si elle reste confidentielle. Cela constitue un frein dans la mise en relation entre repreneur et cédant.
La personne vers laquelle se tournent prioritairement les dirigeants lorsqu’ils envisagent une cession est l’expert comptable. Mais, selon l’AD, il peut être judicieux de faire également appel à d’autres spécialistes, notamment en droit fiscal et social. Un coach spécialisé dans la transmission d’entreprise, c’est-à-dire une personne possédant des compétences transversales dans ce domaine, pourra également épauler le cédant durant cette phase critique. Une simplification a été demandée en ce sens par les dirigeants aux instances publiques, dans le but de faciliter la cession et de diminuer l’imposition.
L’ISF est notamment perçu (peut-être à tort) comme un élément bloquant qui retarde la cession.

 

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