Kamasucre [Chroniques Érotiques]

[Épisode 9] #JeuDangereux


Rédigé le Jeudi 11 Mai 2017 | Par Kamasucre | Lu 6335 fois | 0 commentaire(s)



[Épisode 9] #JeuDangereux
Mais pourquoi tous les gens croisés depuis que j'ai quitté ma voiture me dévisagent-ils ce matin ? Comme si la description "sortie de baise" était inscrite sur mon front. Inquiète des traces que le rendez-vous dans le parking souterrain avec mon voisin mystère pourrait avoir laissées, je décide de passer illico aux toilettes pour me rafraichir un peu.

En arrivant devant le gigantesque miroir des sanitaires du deuxième étage, je m’aperçois avec stupeur que, dans la hâte, j’ai remis ma robe à l’envers. Quelle conne. Immédiatement, une sensation de honte vient me picoter désagréablement les pommettes. L’étiquette avec les consignes de lavage est bien visible, sur ma hanche droite, celle avec le nom du magasin apparaît elle clairement dans ma nuque, et, cerise sur le gâteau, le joli tissu imprimé de ma robe toute neuve ressemble à l’envers à un vieux chiffon usé et délavé.
 
Sans attendre, j’entre dans une cabine pour la remettre à l’endroit. Ma culotte est trempée, je décide par précaution de l’enlever avant d'aller voir ma patronne, à 8h30, comme convenu. Mais ce n’est guère mieux entre mes jambes, j'essuie donc les traces de cette excitation avec le tissu en dentelle rouge, avant de la ranger dans mon sac.

Un coup d’eau sur les joues et une retouche coiffure/maquillage plus tard, je me décide à me rendre à mon rendez-vous. La porte est entrouverte, je passe la tête en frappant doucement.
- Entrez Roxanne, je vous en prie.
- Bonjour Madame Lépinay.
- Bonjour. Bien... Après en avoir discuté avec le service comptabilité et l’assistant de direction, je vous propose une augmentation de 250 euros par mois pour les responsabilités supplémentaires, attaque-t-elle d’emblée.

Sur ces paroles, elle vient s’asseoir sur le coin du bureau, à moins de 50 cm du fauteuil moelleux sur lequel je suis installée, son parfum fleuri accompagnant ses mouvements. Troublée par ce rapide rapprochement, je tente de rassembler mes esprits pour négocier.

- C’est tout de même beaucoup de responsabilités… En-dessous de 350 euros, je ne suis pas sûre que ça soit intéressant…, je tente, faisant maladroitement tomber ma pince à cheveux.

Elle se baisse pour la ramasser, m’offrant une vue plongeante sur ses deux petits seins fermes, contenus dans un joli soutien-gorge couleur crème, dont les bonnets sont ornés d'une délicate dentelle bordeaux. Sous l'effet de ce spectacle, mon cœur s’affole, et le bas de mon ventre s’enflamme violemment. Qu’est-ce qu’elle est sexy ! Elle me rend ma pince en me souriant, effleurant ma main avant de recoiffer d'un geste habile la mèche de cheveux bouclés tombée devant ses yeux noirs. Je m'aperçois que ma culotte, posée négligemment dans mon sac, est bien visible. Sûrement l'a-t-elle vue en se penchant. Comment pourrait-elle l'avoir interprété ? Dans l'affolement, je me sens rougir. Elle passe alors sensuellement sa langue sur ses jolies lèvres bien dessinées avant de reprendre, d'un voix très suave : "Cela vous convient, Roxanne ?"

D'un mouvement lent, elle se relève et tourne les talons pour rejoindre son côté du bureau avec une démarche particulièrement lascive. Ses jolies fesses bombées semblent me narguer. Me crier de les croquer. Ses jambes sont à tomber par terre. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il se passe, je suis totalement troublée. On dirait qu'elle cherche à m'aguicher. Une douce chaleur se répand entre mes cuisses. Putain, elle me fait mouiller ! Comme je n’ai plus de culotte, je prie pour que mon désir ne vienne pas tâcher ma robe. Il ne manquerait plus que ça !
- Ça me convient, je finis par articuler.
- Voici l’avenant, paraphez et signez.

De ses doigts fins, dont les ongles sont peints de rouge-bordeaux, elle me tend un stylo. Une fois le papier signé, sa main saisit la mienne pour une poignée de main ferme, qui me semble anormalement longue, et accompagnée avec ça d'un regard perçant, limite provocateur. A-t-elle vraiment vu la culotte dans mon sac ? Est-elle en train d'installer une réelle ambiguïté entre nous ou cela n'est-il que le fruit de mon imagination ? Est-ce parce que je lui plais qu'elle m'offre une promotion ? À quel jeu joue-t-elle ? 

****** 

Aussitôt sortie du bureau, je file à nouveau dans les toilettes pour m’assurer de l’état de ma robe. J'ai déjà eu mon quota de situations gênantes pour aujourd'hui. Une fois enfermée dans la cabine, je tire sur le tissu arrière et m’aperçois avec satisfaction que rien n’a transpercé. Ouf. J'essuie mon entrecuisse à l'aide d'un mouchoir et repars à mon poste de travail, comme si de rien n'était.

Mais impossible de me concentrer, tout ce qu'il s'est passé ce matin défile en boucle dans ma tête. J'aurais peut-être dû me soulager pour pouvoir travailler convenablement. Vu mon état, quelques rapides coups de doigts et c'était plié.

De surcroît, la perspective de ma soirée avec Lucas ne m'aide pas à me mettre à la tâche. Serait-il fâché s'il avait connaissance de mes petites aventures ? Ou, au contraire, excité de baiser une femme réellement libre dans sa sexualité ? Je ne sais même pas ce que je préfèrerais... Un SMS de se part me coupe dans mes interrogations. Quand on parle du loup... "Désolé, pas possible ce soir. Bises". Quoi ?? Après la stupéfaction, c'est d'abord la colère qui s'empare de moi. Comment ose-t-il annuler ? Et puis, c'est quoi, ce "bises"?! Pourquoi pas "Bien à toi" ou même "cordialement" tant qu'il y est !

Puis, très vite, la déception s'impose et élit domicile dans ma poitrine. Comme une espèce de pointe insupportablement désagréable. Je m'aperçois alors qu'il est en train de prendre pour moi trop d'importance. Et ça me terrifie. Car pas loin derrière me guettent la parano, la jalousie, voire, pire : la dépendance.

Pas question de passer la soirée à ruminer en engloutissant un pot de glace façon Bridget Jones, je prends les devants et décide d'inviter Charlotte pour une soirée film, avec un faux enthousiasme. "Désolée, je suis pas dispo ce soir. Bisous ma belle". À la lecture de son message, la panique m'envahit. J'avais perçu un drôle de regard entre eux deux la fois où ils s'étaient croisés chez moi. C'est sûr, ils passent la soirée ensemble ! Des images envahissent mon esprit contre mon gré. Charlotte et Lucas s'embrassant à pleine bouche, enlacés comme deux amoureux, partageant une écœurante complicité. Puis Charlotte qui se fait prendre par derrière, à quatre pattes, la tête renversée en arrière, envoutée par le désir. Lucas, trop excité par son corps parfait, en train de la pilonner en gémissant à chaque coups de reins, le regard rivé sur son joli petit cul qu'il écarte de ses mains puissantes. Mon cœur se serre.

- Ça va Roxy, t'as pas l'air en forme ? me lance Éric, sans parvenir à me sortir de mes idées noires. 
- Oui oui, ça va, je réponds machinalement.
- Ça ne s'est pas passé comme tu voulais avec la pimbêche ?
- Euh, si si. T'inquiète pas, je suis juste un peu fatiguée.
- Tu me dis si t'as un souci, hein ? 
- Merci Éric, mais ça va, je t'assure.

Éric est adorable, mais j'ai juste envie qu'on me fiche la paix. Lui et moi ne sommes pas assez proches pour que je lui explique mon problème. Pas envie que mes névroses personnelles rejoignent la sphère professionnelle. Je lutte contre moi-même pour ne pas leur demander à tous les deux le "pourquoi" de leur indisponibilité. Si demander des comptes à Lucas est totalement impensable, questionner Charlotte l'air de rien l'est un peu moins. Je me risque finalement à lui envoyer : "T'as mieux qu'une soirée film avec moi ? Vraiment ? Mais qu'est-ce que ça peut bien être ??". J'ajoute un ridicule "ahah", histoire d'avoir l'air détendue. 

"Repas de famille chez ma tante Suzanne". La salope. Un soir, ou plutôt, un matin très tôt, il y a plusieurs années, lorsque nous étions toutes les deux fortement éméchées, nous avions joué au jeu action ou vérité. Un petit clin d'œil à nos années collège, voire même lycée. Ce jeu nous servait de prétexte pour "déraper", en embrassant nos camarades à des endroits insolites, sans que ça n'ait de véritables conséquences ensuite.

"Vérité", avait-elle choisi ce matin là, en finissant un énième verre de martini. "Quelle est la pire excuse que tu aies dite pour échapper à quelque chose", avais-je demandé. C'est là qu'elle avait répondu : "Le repas chez ma tante Suzanne. Totalement naze, mais très pratique, je la sors régulièrement d'ailleurs". Tu vas regretter de m'avoir menti, petite conne. 

Kamasucre

****** 
Le lien vers le récap' de tous les épisodes juste ici : La totale



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