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Jean Wilson Martial, séropositif, échappe de justesse à la mort

Jean Wilson Martial, un Réunionnais vivant à Lyon, est séropositif. Il revient vers nous avec d’excellentes nouvelles. Après avoir frôlé la mort en janvier, le voilà guéri du VIH. Toujours séropositif, il vit désormais une vie « normale ». Nous l’avions suivi au long des années. Ayant contracté le virus en 2009, le jeune homosexuel de 26 […]

Ecrit par SH – le vendredi 03 octobre 2014 à 17H19

Jean Wilson Martial, un Réunionnais vivant à Lyon, est séropositif. Il revient vers nous avec d’excellentes nouvelles. Après avoir frôlé la mort en janvier, le voilà guéri du VIH. Toujours séropositif, il vit désormais une vie « normale ».

Nous l’avions suivi au long des années. Ayant contracté le virus en 2009, le jeune homosexuel de 26 ans a vu sa vie défiler devant ses yeux. Pendant plus de quatre ans, le VIH rongeait à petit feu son système immunitaire jusqu’à ce qu’en début d’année il soit en phase terminale avec une encéphalite (inflammation) du cerveau. « J’ai arrêté mon traitement très tôt, raconte-t-il, il était trop lourd et a entraîné la présence de cellules pré-cancéreuses dans l’estomac. J’ai dû subir cinq opérations en moins de trois mois ».

Ayant décidé de se « laisser mourir », sa maladie n’a cessé de croître. « C’est comme un corps étranger qui apparaît au fond de toi, explique-t-il, je me regardais dans le miroir et je n’étais plus le même ». Selon lui, la maladie, très avancée, les complications physiques et son enfance difficile ont contribué à cette envie de baisser les bras.

« Une dernière pulsion de vie »

Mais voilà que le 1er janvier 2014, alors qu’il est en phase terminale, le virus atteint son cerveau. « Tout était flou, je ne savais même plus qui j’étais », se souvient-il. « C’est une fois que le médecin m’a annoncé qu’il ne me restait pas plus de deux semaines à vivre que j’ai été profondément choqué, comme si je ne m’y étais pas réellement préparé ». Il raconte avoir eu « une dernière pulsion de vie » avant que le médecin ne lui annonce qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre un traitement.

« Je prends aujourd’hui deux petits cachets par jour et je suis séropositif avec une charge virale indétectable (risque de transmission très faible, ndlr), autrement dit les médecins ne trouvent que très peu de virus dans mon sang », se réjouit-il. « Ce que je vis est extraordinaire comme si ce n’était pas mon heure et que j’avais encore des choses à accomplir. Je réalise aujourd’hui que ça n’a pas été facile pour mes parents qui m’ont soutenu comme ils le pouvaient », ajoute-t-il.

Jean Wilson Martial a repris goût à la vie grâce à un cachet de Kivexa et un cachet de Tivicay dit de nouvelle génération qu’il prend chacun une fois par jour.

« Il faut se protéger à tout moment »

Vivre normalement en étant séropositif est donc possible mais il rappelle l’importance de l’utilisation des préservatifs. « C’est trop dangereux, il faut se protéger à tout moment », affirme-t-il. Une sensibilisation qu’il mène depuis plusieurs années car même s’il se protégeait lors de chaque relation sexuelle il ne savait pas que le virus était transmissible par voie orale.

« Les jeunes doivent connaître les moyens de transmission, insiste-t-il, et ils doivent aussi savoir que le Sida ne s’attrape pas en faisant la bise, au touché, ou lorsque le virus est à l’extérieur du corps, comme une goutte de sang par terre ».

« Peu de personnes en parlent ouvertement, termine-t-il, même moi j’en ai payé les pots cassés mais je ne regrette pas de l’avoir fait ». Il avoue vouloir rentrer à La Réunion, là où il était avant de contracter le virus, pour recommencer une nouvelle vie.

 

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