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On va encore s'asseoir sur un réunionnais....


J'ai toujours eu un principe concernant la préférence régionale : je n'en parle pas mais je la fais selon des critères plus républicains qui sont contenus dans "à diplômes et compétences requises pour un poste, recrutement local".

Ce qui se passe au CREPS de La Réunion est assez symbolique du décalage entre les discours récurrents sur la promotion des réunionnais aux poste à responsabilités dans notre île et la réalité : il y a quelques mois, il y a eu le recrutement du Directeur et on a ignoré les compétences locales. Aujourd'hui, il est question de recruter un Directeur-Adjoint. Et vous pensez que ce sera un local? Que nenni !

Il y aurait actuellement 28 candidatures enregistrées. 15 étaient éligibles mais il semble que la Direction du CREPS ait décidé de ne retenir que 3 candidats de France Hexagonale en les invitant à un échange par visioconférence. Exit les autres qui seraient des sous citoyens et des sous fonctionnaires de La République. Aucune candidature locale n’a été retenue.

Pire, la procédure de recrutement aurait été accélérée avec la décision de faire valider le choix lors de la Commission Consultative Paritaire (CCP) du 8 février 2018. Bizarre cette précipitation alors que le calendrier national  a programmé une autre date (26 juin 2018) en vue de traiter la nomination des directeurs et directeurs adjoints des CREPS. A La Réunion, le poste est à pourvoir le 1er septembre 2018. 

Or, les mutations et nominations à des postes de toutes les corporations des ministères sociaux, à pourvoir au dernier semestre de l’année, sont traitées lors des instances paritaires des mois de mai-juin voire de  juillet de l’année en cours.  Ce ne sont que les postes à pourvoir à la fin du 1er semestre de l’année qui sont, eux, instruits dans les instances paritaires du début d’année.
 
Alors, je me permets de dire aux élus de La Réunion :
1) de faire valoir auprès du ministère des sports le report de la date de la CCP en vue de bien étudier l’ensemble des candidatures face aux enjeux locaux
2) de faire appliquer la décision annoncée par le Président de Région, dans son courrier du 25 avril 2017, en veillant à faire un recrutement local car notre territoire dispose des compétences pour répondre aux exigences de la fonction de directeur adjoint de ce type d'établissement 
3- de mettre fin à des stratégies déplorables cherchant à faire échec à des candidatures issues du bassin de vie, comme si ces candidats étaient des «citoyens illégitimes» .
 
La Guadeloupe a réussi à faire valoir ses principes de donner leurs chance aux fonctionnaires d’Etat originaires de leur territoire, notamment récemment en juin 2017 par la nomination de Eddie COURIOL à la fonction de directeur du CREPS des Antilles.  Il serait intéressant de savoir si l'actuelle ministre des sports estime acceptable à La Réunion ce qu'elle refuse chez elle aux Antilles.
 
Par Cyrille Hamilcaro le Jeudi 8 Février 2018 | Commentaires (0)


Plaidoyer pour les temples tamouls (de Saint-Louis ou d'ailleurs)


Je suis chrétien pratiquant mais petit j'ai beaucoup fréquenté les temples avec mon père et aujourd'hui encore je reste proche de cette religion par mon épouse. Et en tant que laïc, j'ai un respect sans retenue pour les autres religions et leurs édifices.
Si les églises sont pour la plupart propriétés des collectivités et de l'Evêché, et les mosquées ainsi que les temples bouddhistes sont les propriétés des associations cultuelles, les temples tamoules sont les propriétés d'associations cultuelles et de personnes privées.

A Saint-Louis, en dehors des petites chapelles familiales servant au culte en famille, il y a 23 temples ou chapelles qui accueillent du public avec les manifestations d'ampleurs que sont les marches sur le feu ou les fêtes dédiées à Karli ou Mariamen. 
Il se trouve que 13 de ces 23 temples sont situées dans des zones inondables ou non constructibles pour diverses raisons ; mais aucun ne présente un caractère de danger imminent ou imprévisible pour les fidèles qui y sont justifiant une démolition.

C'est à travers ce constat que je m'interroge sur la volonté de l'Etat (du moins certains fonctionnaires zélés et sans bases de la culture réunionnaise !) d'aller en justice contre certains temples pour obtenir la démolition de ces édifices qui fonctionnent.

Je ne peux que m'interroger sur cette pratique qui consiste à laisser faire la construction ou l'agrandissement sans permis, à regarder ailleurs lorsque ces édifices sont inaugurées (alors que dans les deux cas il y a des procédures administratives qui peuvent stopper et démolir les débuts de travaux !)puis à ester en justice lorsque les cérémonies y sont célébrées. L'incongruité est encore plus grande lorsque les décisions de justice judiciaire interviennent, par le jeu des différents recours, bien des années après les inaugurations, ou après des changements de zonage au PLU (avec l'accord de l'Etat !!!!) qui font que parfois les aléas de risque naturels élevés (inondations ou glissements de terrains) n'existent pas ou plus.

Ce n'est donc plus le fonctionnement de ces temples qui posent un problème d(ordre public, mais bien la démolition de ces temples qui risquent de poser de troubles à l'ordre public. En effet :
- Qui imagine un chauffeur de tractopelle foncer sur des centaines de personnes massées devant le temple à détruire ?
- Qui prendra la responsabilité de faire évacuer par la force les rassemblements des fidèles qui viendraient manifester (mairie, sous-préfecture) leur colère ?
- Qui pourra expliquer à la population de confession tamoule que, après la polémique de quelques mal-pensants sur les sacrifices d'animaux ou le bruit des tambours (on peut leur conseille d'aller vivre ailleurs s'ils sont arrivés après ces temples ou d'aller voir ailleurs s"ils n'ont pas saisi la justice administrative lors des édifications !!!), on s'attaque à la destruction de tous les temples qui ne présentent pas un danger mais qui n'auraient pas respecter les règles d'urbanisme ?

Lorsque j'étais maire, j'ai accompagné le Sous-Préfet Magnaval dans la destruction d'un  temple tamoul uniquement parce que la famille y habitait et refusait de partir alors que les eaux avaient envahi tout le terrain trop proche et au niveau du lit de la Rivière Saint-Etienne. Les autres responsables de temples ainsi que la Fédération Tamoule nous avaient suivis car il y a eu concertation.

Parce que la situation est complément différente pour deux temples attaqués aujourd'hui (temple de "Loulouk" Abbezzot qui est mon opposant notoire, et temple de Richard "Maloye" que je connais bien), je me permets de rappeler les élus de Saint-Louis et les services de l'Etat à plus de prudence et de discernement.

Tout le monde sait comment allumer un feu, très peu savent comment l'éteindre !
Par Cyrille Hamilcaro le Mercredi 7 Février 2018 | Commentaires (0)


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