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Des archives orales aux histoires du sucre, du rhum, de la chaux, du sel… à ST-LEU !

-courrier des lecteurs-

Ecrit par Jean-Claude Comorassamy – le vendredi 06 octobre 2023 à 14H24

Tout en essayant de rembobiner un passé presque de 100 ans, paraphrasant ainsi l’animateur Ras Buna avec son excellente émission « Sé zot ki koz ». Cependant “ zordi sé mwin ki koz ”. Afin de vous transporter des lieux, où quelques empreintes industrielles des descendants des Dussac à St-Leu de 1858 à 1954, sont toujours présentes.

 

On peut aussi confirmer que derrière les vestiges du Musée de Stella, se cachent la mémoire et le sceau des descendants de M. Jean Dussac médecin et industriel de St-Leu.

Que ce soit le sucre avec son usine sucrière, le rhum avec sa distillerie, la chaux à travers ses fours à chaux, le sel à travers les salins construits à la Pointe au sel, où encore son hôpital sur le site de Stella…la famille Dussac a bel et bien écrit une page d’histoire à St-Leu et à la Réunion.

D’après la mémoire orale des “zarboutans” et les archives, l’usine sucrière de Stella a été construite à l’origine par Appolydor Lesport dès 1855. La petite usine sucrière fût nommée à l’époque « Le Souvenir ».

-Les empreintes des descendants des Dussac Jean, Étienne…-

Les anciens diront que cette usine sucrière, fût rachetée aux enchères par le Médecin Jean Dussac probablement vers 1858. C’est à partir de cette date, que l’aventure commence pour cette famille et de ses descendants.

Avec d’abord, la construction de la grande maison coloniale onze ans plus tard en 1869 “la demeure de maître”, face de l’allée des flamboyants, surnommée aujourd’hui encore « la maison Bédier ». Là, où les divers directeurs (Jean et Étienne Dussac, Armand Campenon et Bédier, se logeaient, accueillaient des invités d’honneur, se festoyaient…etc.

Cependant vers 1903, l’usine sucrière « Le Souvenir » est devenue trop petite au regard de la quantité de canne produite par quelques colons. Alors que, l’agriculture locale se consacre désormais avant tout à la culture de la canne. Filière en pleine expansion, que le propriétaire Jean Dussac décide d’agrandir son usine et de la moderniser.

En cette même année 1903, une distillerie sera construite à quelques pas et en continuité avec l’usine sucrière. Plusieurs tonneaux de rhum dit “l’arack” et alcool à brûler étaient produits et stockés.

Après sa fermeture et abandonnée, une aile de l’ancienne distillerie, a quand même été utilisée et servi de lieu de culte catholique, là où M. Jean Luc Poudroux dans les années 70, faisait du catéchisme aux enfants des quartiers, avant de devenir maire de st Leu et député.

Dans la foulée, l’usinier aussi médecin, décide d’ériger un hôpital sur site, du côté montagne de l’usine, dont les vestiges des murs sont encore visibles, puisqu’il est devenu un parc à bœufs et chevaux après la fermeture de l’hôpital.

Puis, sera le four à chaux de Stella à quelques encablures de l’usine et aussi à la pointe au sel, des lieux où l‘on fabriquait de la chaux, employée aux besoins au raffinage du sucre.

Mais aussi, la chaux réalisée (le ciment de l’époque) ayant servie de mortier de construction des murs d’usine, d’hôpital, des “calbanons”, de la distillerie, mur du temple etc.…Les traces de ce passé sont encore bien visibles près du temple “Tabisman Stella Matutina ”.

Par la suite, sera la construction en 1942 de plusieurs salins à la pointe au sel, où le sel sera produit en quantité non négligeable jusqu’à l’exportation. Car le sel de St-Leu a toujours été de très bonne qualité.

Enfin, vers 1953/54 prendra fin l’aventure des Dussac, puisque le “Monsieur sucre de la Réunion” Émile Hugot Président Directeur général des Sucreries Bourbon deviendra le nouveau propriétaire de l’usine. Cependant, en 1972, les sucreries bourbons rebaptiseront l’usine sucrière au nom « Stella Matutina « . Ce nom restera jusqu’à sa fermeture en 1978.

Laissée en abandon et en ruine durant quelques années, l’usine sucrière et les terrains seront rachetés par la Région, en fin 1985 par son Président Mario Hoarau, qui était aussi à l’époque Maire de St-Leu. Et enfin, l’usine sucrière deviendra Musée en 1991 sous l’ère de M. Pierre Lagourgue président de région.

Bref, au final, c’est en ouvrant les yeux et en tendant les oreilles, nous verrons que sur ce site, un grand livre de la vie industrielle reste encore ouvert.  Ce livre témoigne, un ensemble de biens matériels et immatériels qui donnent de la valeur à notre histoire et à notre passé. Transmettre c’est notre devoir aujourd’hui.

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