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« Cyclone politico-judiciaire en vue sous les tropiques », selon le Canard enchaîné

Dans son édition de cette semaine, le Canard enchaîné revient sur les récentes émeutes qui ont ébranlé la Guadeloupe.
Le journal reprend des informations déjà connues, mais y ajoute quelques éléments qui, à la manière du piment dans un rougail, donnent un relief particulier aux événements.
Et surtout laissent entrevoir une complicité, non seulement d'un policier avec les gangs de voyous qui rackettaient l'ile, mais également de plusieurs élus de premier plan.
"Cyclone politico-judiciaire en vue sous les tropiques", conclut l'hebdomadaire.

Ecrit par 1654 – le dimanche 30 janvier 2022 à 23H55

« C’est tout le gratin guadeloupéen de la politique et des affaires qui va devoir bientôt s’expliquer devant des enquêteurs de la PJ et deux juges d’instruction« . Ainsi que débute l’article du Canard enchaîné de cette semaine.

On les soupçonne d’entretenir des liens très étroits avec deux gangs armés qui ont semé la terreur en Guadeloupe depuis le 21 novembre dernier, officiellement sous couvert de lutte contre le pass sanitaire.

Le site Guadeloupe 1ère avait déjà révélé que des écoutes téléphoniques avaient permis de mettre en lumière le rôle clé d’un policier, responsable du syndicat Alliance dans l’ile, qui non seulement renseignait les émeutiers sur les déplacements de ses collègues, mais est vite apparu comme un véritable organisateur des émeutes aux côtés des gangs.

Le but ? Voler dans les magasins pillés, choisis en fonction des envies et des besoins des casseurs, mais aussi racketter les plus gros commerçants de l’ile en échange d’une « protection » de leurs magasins. Il se dit dans l’ile que les responsables du groupe Hayot par exemple pourraient être amenés à expliquer aux juges d’instruction par quel miracle aucun de leurs magasins n’a été pillé…

Mais ce n’est pas tout. Une fois cet épisode de casse passé, les malfrats avaient pensé à l’après. Aux négociations qui allaient s’instaurer pour ramener l’ordre. A cet effet, ils avaient créé plusieurs dizaines d’associations censées représenter la jeunesse guadeloupéenne en détresse, dans le but de ramasser un maximum de subventions. Argent dont la population n’aurait bien évidemment pas vu un centime…

L’enquête et surtout les écoutes téléphoniques ont à ce sujet permis de mettre en évidence les liens très étroits existant entre les responsables de ces gangs et la classe politique de l’ile.

« Ils fréquentent plusieurs des principaux responsables politiques de l’ile, et certains sont même employés par les collectivités… à ne rien faire« , révèle Le Canard.

Ca ne vous rappelle rien? Ca ne vous rappelle pas certaines de nos communes qui recrutent à tour de bras des « médiateurs » que l’on retrouve ensuite devant le tribunal correctionnel ? Les magistrats finissent par être blasés de s’entendre répondre « à la commune« , quand ils demandent son métier à un délinquant à qui on reproche la plupart du temps des violences…

En Guadeloupe, ils ont simplement l’air d’être un peu mieux organisés qu’ici, d’avoir poussé le système jusqu’à son paroxysme. Mais ne nous faisons aucune illusion. Si la justice ne réagit pas fortement, il est à craindre que nous ne revoyions bientôt d’autres émeutes du style de celles du Chaudron en 1991.

D’ailleurs, à ce sujet, les plus anciens se souviendront du tollé quand on s’était aperçu à l’époque que les hommes qui assuraient « la sécurité » de Danielle Mitterrand, la femme du président de la République, lors de sa visite du Chaudron, était assurée… par des meneurs des émeutes!

En Guadeloupe, Le Canard cite les noms d’Ary Chalus, le président du conseil régional, et du député Olivier Serva, qui pourraient avoir à s’expliquer prochainement. Mais il semblerait que ce ne soit que la partie émergée de l’iceberg…

« Cyclone politico-judiciaire sous les tropiques« , on vous dit..

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