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Crise politique au Pérou : Pedro Castillo destitué et arrêté pour avoir tenté de dissoudre le parlement

Pedro Castillo, le président péruvien, a été destitué et arrêté mercredi. Immédiatement après, c’est la vice-présidente Dina Boluarte qui a prêté serment en tant que présidente par intérim.

Ecrit par 411092 – le lundi 12 décembre 2022 à 07H20

Pedro Castillo a tenté de se sauver de la destitution en adressant un message à la nation peu avant que le Congrès de la République du Pérou ne se réunisse à Lima pour débattre de son sort. 

Il a annoncé la mise en place d’un gouvernement d’urgence exceptionnel et un nouveau Congrès doté de pouvoirs constituants pour rédiger une nouvelle Constitution dans un délai ne dépassant pas neuf mois.

Le gouvernement d’urgence vise à rétablir l’État de droit et la démocratie. Pedro Castillo ajoute que la police nationale allait consacrer tous ses efforts à la lutte réelle et efficace contre le crime, la corruption et le trafic de drogue, ce pour quoi elle sera dotée des ressources nécessaires.

Peu avant d’être éjecté, il appelait les institutions de la société civile à soutenir ces décisions qui permettront de mettre le pays sur la voie du développement.

Notons que Pedro Castillo est le président d’une gauche péruvienne écrasée par l’histoire nationale et que le parlement du pays est dominé par la droite. 

La réunion au Congrès visait à destituer le chef de l’Etat pour incapacité morale permanente et c’est finalement ce qu’elle a fait après les déclarations de ce dernier.

101 congressistes sur 130 ont approuvé la destitution de M. Castillo. Le vote a eu lieu au siège du Congrès et a été retransmis en direct à la télévision nationale, rapporte rFi.

L’avocate de 60 ans et vice-présidente de la République, Dina Boluarte, a dénoncé une tentative de coup d’État promue par Pedro Castillo qui n’a trouvé aucun écho dans les institutions de la démocratie ni dans les rues. Pedro Castillo pourrait être accusé d’avoir violé l’article 117 de la Constitution.

« J’assume (le pouvoir) conformément à la Constitution du Pérou, à partir de ce moment et jusqu’en juillet 2026, lorsque devait prendre fin le mandat de Pedro Castillo », a déclaré Dina Boluarte lors d’une cérémonie devant le Parlement.

Francisco Morales, président de la Cour constitutionnelle, dit que c’est un coup d’État voué à l’échec car le Pérou veut vivre en démocratie. Il estime que « personne ne doit obéissance à un gouvernement usurpateur ». Pedro Castillo avait auparavant échappé à deux motions de destitution, dont la dernière en mars 2022.

La presse du pays a diffusé une vidéo du dirigeant déchu en état d’arrestation. Il a ensuite été transféré par hélicoptère vers une base des forces spéciales de la police à Lima, où il devait être détenu pour une durée maximale de 15 jours. Des perquisitions au palais présidentiel sont prévues par le parquet mercredi soir.

Un président de la République avait le droit constitutionnel de dissoudre le Congrès, mais seulement s’il refusait deux fois d’accorder sa confiance à un cabinet ministériel. Or, cette condition n’a pas été remplie car Pedro Castillo a récemment nommé une nouvelle Première ministre, après la démission d’Anibal Torres, selon les forces de l’ordre.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés pour manifester. Certains prenaient sa défense et appelaient au respect du vote du peuple. Ils estiment que dès son arrivée, il a été humilié et pas accepté car c’est un président issu des provinces. M. Castillo est issu du Pérou pauvre et rural et il était instituteur.

Pedro Castillo est le seul responsable de son sort par son manque de préparation s’apparentant à de l’incompétence et à ses choix hasardeux de Premier ministre, dont l’un accusé de violences domestiques. Il a nommé cinq cabinets qui n’ont duré en moyenne que moins de trois mois.

Une fois n’est pas coutume, après Pedro Pablo Kuczynski en 2018 et Martin Vizcarra en 2020. Les motions de destitution d’un président en exercice sont récurrentes au Pérou. Lima avait connu trois présidents en cinq jours.

La diplomatie américaine salue le rôle des parlementaires et déclare ne plus considérer Pedro Castillo comme le président du Pérou en exercice. Ces propos sont rapportés par le porte-parole du département d’État américain Ned Price.

Le sommet de l’Alliance du Pacifique, prévu le 14 décembre à Lima, a été reporté à cause de la crise au Pérou. Le gouvernement mexicain appelle au respect de la démocratie et des droits de l’homme dans le pays. Quant à Marcelo Ebrard, ministre mexicain des Affaires étrangères, regrette les derniers évènements. 
 

 

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