Revenir à la rubrique : Société

Coronavirus: Les masques arrivent mais beaucoup sont moisis

Ils sont couverts de tâches marron, plus ou moins grandes, sur les élastiques comme sur la partie qui doit couvrir le visage.   Les quelque 200.000 masques tant attendus par les infirmiers libéraux, pharmaciens, et autres soignants arrivent enfin dans les pharmacies de l’île, mais beaucoup sont dans un piteux état. Dans cette pharmacie, trois […]

Ecrit par – le mardi 24 mars 2020 à 17H51

Ils sont couverts de tâches marron, plus ou moins grandes, sur les élastiques comme sur la partie qui doit couvrir le visage.
 
Les quelque 200.000 masques tant attendus par les infirmiers libéraux, pharmaciens, et autres soignants arrivent enfin dans les pharmacies de l’île, mais beaucoup sont dans un piteux état. Dans cette pharmacie, trois quarts des lots sont touchés.

Ainsi dès demain, alors que les soignants auraient du reprendre leurs tournées protégés par des masques FFP1 ou FFP2, beaucoup n’auront toujours rien à se mettre sur le nez.

C’est le cas de cette infirmière libérale avec qui nous nous sommes entretenus:
 » J’ai reçu un appel de ma pharmacie habituelle cet après-midi, qui m’annonçait l’arrivée des masques qui m’étaient destinés: douze FFP1 et six FFP2. Mais voilà, elle ne peut pas me les donner parce qu’ils sont inutilisables. Ils sont dégueulasses et ils puent! « 
 
Déçue et en colère, elle dénonce aujourd’hui ce qu’elle considère comme une dissonance dans le discours des autorités sanitaires:  » L’Etat nous envoie en guerre contre un virus, sans moyens, sans soutien, et avec des mensonges. Déjà qu’on allait pas loin avec 18 masques … « 
 
 » Nous sommes des soignants, les conditions de travail sont difficiles, et il y a un fossé énorme entre ce que la population reçoit comme message et ce qu’il se passe vraiment sur le terrain «  nous confie-t-elle,  » le soucis des masques est mondial et la stratégie de Mme Ladoucette est erronée « .

 

 

Les masques ont pourtant passé des tests au CHU

Issus du stock régional historique, leur validité aurait pourtant été vérifiée par la pharmacie du CHU de La Réunion, comme l’a indiqué l’Agence Régionale de Santé dans une notice d’information à destination des officines.
 
Difficile d’imaginer que les soignants, déjà à bout, quotidiennement exposés au risque de contracter le coronavirus, doivent désormais devoir porter ces masques FFP2 moisis pour travailler.
 
Respirer ces moisissures n’est-il pas un risque en lui-même ? L’ARS ne semble pas le penser.

D’autant que si l’on se fie à la conduite à tenir pour l’utilisation de masques FFP2 avec une date de péremption dépassée, proposée par le ministère de la santé, ces masques ont peu de chance de passer les tests:
 
Il faudrait déjà qu’ils aient été conservés dans des zones sèches et bien ventilées avec une température comprise entre 15 et 25°, comme le recommande l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). On peut imaginer la difficulté de stocker 200.000 masques dans de telle conditions lorsqu’on connait le taux humidité ambiant ainsi que les moyennes de saisons Réunionnaises.
 
Enfin, voici à quoi correspondent les test préconisés par l’OMS:
– Vérification de l’intégrité ds conditionnements par contrôle visuel;
– Vérification de l’apparence (couleur d’origine) du masque par contrôle visuel;
– Vérification de la solidité des élastiques et de la barrette nasale de maintien du masques;
– Essai d’ajustement du masque sur le visage.
 
Alors que ces masques ne remplissent pas toutes les cases, comment ont-ils pu être distribués comme si de rien n’était ?

Certains préparateurs en pharmacie nous ont également fait part de leur colère quant à l’absence de masques pour leur profession. Les derniers arrivages seraient uniquement réservés aux pharmaciens, alors même que les préparateurs reçoivent également du public. 

 

Coronavirus: Les masques arrivent mais beaucoup sont moisis

Thèmes :
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Fermeture pour travaux du sentier La Brèche – Roche Plate la journée de lundi

Suite aux travaux et/ou évaluations d’état de certains sentiers de randonnée pédestre situés sur le domaine forestier géré par l’ONF La Réunion, certains sentiers peuvent être rouverts, notamment le sentier de Bras de Pontho (sentier Dassy) ainsi que le sentier Mollaret.

A noter, des travaux sont programmés sur le sentier La Brèche – Roche Plate le 4 mars. Ce sentier essentiel aux habitants (actuellement unique connexion entre Mafate Sud et Mafate Nord) a été rouvert mais de brefs travaux (impossibles à réaliser avant cette date) permettront de conserver un sentier sécurisé. Ce sentier sera donc fermé pour la journée du lundi 4 mars 2024 uniquement, prévient l’ONF.

La Réunion face au cancer : Une étude révèle des disparités de survie avec l’Hexagone

La première étude sur la survie des personnes atteintes de cancer à La Réunion entre 2008 et 2018 révèle des disparités significatives de survie entre les différents cancers, mais également entre La Réunion et la France hexagonale. Cette étude met en lumière l’impact de facteurs socio-économiques sur les causes de la maladie et la nécessité d’adapter les stratégies de lutte contre le cancer au contexte local.

Pas de tempête mais du mauvais temps à La Réunion ce week-end

La zone suspecte suivie par Météo France au Nord des Mascareignes ne devrait pas atteindre le stade de tempête de si tôt et se déplacer directement vers le Nord-Est de Madagascar d’ici le début de la semaine prochaine. Sans qu’un lien soit fait avec l’activité cyclonique, les experts prévoient une dégradation de la météo à La Réunion à partir de dimanche. Une vigilance vents forts concernera la moitié Sud de l’île dès samedi après-midi.

Le SNJ se dit « ouvert au dialogue » avec les trois candidats au rachat du Quotidien de La Réunion

Avant que les 48 salariés du Quotidien ne soient consultés sur les trois offres de rachat déposées pour leur journal, il faudra au préalable que celles-ci soient déclarées recevables. Bien qu’aucun candidat ne prévoie de conserver le moindre journaliste, mais seulement d’en recruter un certain nombre après leur licenciement, le syndicat SNJ ne ferme pas la porte aux discussions avec les repreneurs.