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Après la leucose bovine, le scandale de la chlamydiose ?

On connaissait le problème de la leucose bovine, voici maintenant celui de la chlamydiose, maladie transmissible à l’homme. Mélusine Lauret, éleveuse laitière à la Plaine des Cafres, a découvert cette année que la pathologie était présente dans son élevage depuis 2015, selon l’ADEFAR. « Elle même, son mari, fréquente quotidiennement ses bêtes ; ses enfants, d’autres personnes y […]

Ecrit par M.A - P.B – le jeudi 30 mai 2019 à 08H49
On connaissait le problème de la leucose bovine, voici maintenant celui de la chlamydiose, maladie transmissible à l’homme. Mélusine Lauret, éleveuse laitière à la Plaine des Cafres, a découvert cette année que la pathologie était présente dans son élevage depuis 2015, selon l’ADEFAR.

« Elle même, son mari, fréquente quotidiennement ses bêtes ; ses enfants, d’autres personnes y sont venus…mais personne non personne dans cette longue chaîne de compétents ou de professionnels n’a parlé : ces éleveurs sont-ils encore des cobayes ? Pourquoi les vétérinaires, les techniciens ont-ils laissé cette situation grave sans suite ? », questionne l’association de défense des agriculteurs, qui indique avoir connu des cas d’éleveurs contaminés : « Ils vivent sans soin ni reconnaissance ».

L’association met au passage le doigt sur les 54 mortalités enregistrées par l’éleveuse, et ce sans compter les avortements. « Il n’y a eu aucune explication sur la cause des mortalités. A-t-on fait des recherches ? A-t-on caché les résultats ? » , questionne-t-elle.

Environ 10% des cheptels de l’île pourrait être touché

La chlamidyose est une zoonose (maladie animale pouvant être transmise à l’homme) qui peut être très grave notamment chez les jeunes enfants, les femmes, les personnes âgées et les personnes souffrant d’une maladie chronique, indique l’association. La transmission de ces zoonoses à l’homme se fait « soit directement, lors d’un contact entre un animal et un être humain, soit indirectement par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d’un vecteur (insecte, arachnides…) », informe le [site du ministère de l’agriculture]urlblank:https://agriculture.gouv.fr/les-zoonoses-ces-maladies-transmissibles-entre-lhomme-et-lanimal .

C’est grâce au laboratoire vétérinaire départemental que Mélusine Lauret a découvert qu’il y avait trois résultats positifs dans son élevage, précise l’Adefar. Alors que le taux de chlamydiose pourrait être d’environ 10% dans les cheptels de l’île, le vétérinaire du GDS aurait pourtant attesté par voie téléphonique que depuis sa prise de poste à la Réunion, il n’y avait jamais eu de cas de Chlamydiose bovin. Le coût des dépenses aurait été mis en avant pour expliquer l’absence de recherches, selon l’association. 

Autre point qui fait grincer des dents : l’exclusion de la Sicalait de deux éleveurs de la Sicalait, Georges Lauret (le conjoint de Mélusine) et Jean-Paul Bègue, suite à leur [action coup de poing]urlblank:https://www.zinfos974.com/Mortalite-des-vaches-laitieres-en-hausse-Des-eleveurs-en-colere-devant-la-DAAf-de-St-Pierre_a138194.html  – lors de laquelle ils avaient déposé des cadavres de vaches devant la sous-préfecture de Saint-Pierre pour obtenir des réponses quant à une mortalité en hausse.  L’Adefar, qui juge cette réaction injuste, déplore que le suivi sanitaire promis malgré tout ne soit pas effectif. « À part, les chauffeurs de camion d’équarrissage venus pour l’enlèvement des cadavres et une visite de contrôle chez M. Bègue pour dire que son élevage est en situation de conformité, malgré son taux de 97% de leucose, il n’y a rien eu », est-il ajouté.

 

« La responsabilité de la Sicalait est engagée mais pas seulement : il y a nécessité de connaître le statut sanitaire de ces animaux provenant des filières. On voit qu’on ne peut plus faire confiance aux acteurs et décideurs locaux, en matière d’élevage. Leurs pratiques sont trompeuses, injustes et irrespectueuses de la réglementation », se scandalise encore l’Adefar. « Ça dépasse le cadre de la leucose bovine car d’autres maladies sont présentes (anaplasmose, IBR, Chlamydiose…) (…) Ça dépasse les maladies animales car les vies des éleveurs sont en danger sans le savoir : beaucoup ont peur et ne parlent pas. Ça dépasse les vies des éleveurs car la santé de leur famille et celle de la population est engagée, surtout avec les maladies transmissibles à l’homme ».

« Ce n’est pas une maladie réglementée »

Contactée, la DAAF confirme la présence de la Chlamydiose dans les cheptels de l’île mais se veut rassurante quant à sur sa dangerosité. « La bactérie est présente comme il y a beaucoup d’autres bactéries mais celle-ci n’est pas particulièrement dangereuse ». « Ce n’est pas une maladie réglementée », précise Bertrand Guizard, directeur adjoint à la DAAF. « N’étant pas considéré comme pathogène majeur et mortel ni pour les humains ni pour les bovins », il n’y aurait « aucun problème de consommation » et « les cas de transmissions humaines sont rares ». Aucun cas de transmission n’a ainsi été enregistré à La Réunion, indique la DAAF.
 
En cas de présence révélée la procédure ne prévoit pas de protection sanitaire spéciale mais un traitement à mettre en place. L’éleveur est informé systématiquement des résultats par courrier puis doit prévenir son vétérinaire. « Un éleveur consciencieux et professionnel doit faire ces démarches », et de sous-entendre également que le suivi sanitaire n’a ici pas été correctement fait. 

Pour la DAAF, comme la leucose, la présence de Chlamydiose dans les cheptels réunionnais ne constitue donc nullement  « un problème sanitaire » mais la présenter comme tel apparait davantage comme un « nouveau coup de boutoir » asséné à une filière pays déjà ébranlée.

 

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