En moins d’un quart de siècle, deux émeutes ont secoué la Réunion, l’une en 1991 et l’autre en 2012. Est-ce pour les mêmes raisons ? De la réponse dépend la solution à la dernière. Il y a là matière à une investigation.


Le 24 Février 1991, c’est la saisie des émetteurs de Freedom qui mit le feu aux poudres. Pourquoi ? Camille SUDRE avait créé illégalement, une chaine de Télévision, qui, par la diversité de ses programmes, parfois légers, avait pénétré dans tous les foyers et s’y était installé. En cassant Télé-Freedom, par la saisie susdite, le Préfet s’exposait à une accusation grave. Celle de détruire une télévision gratuite, pour faire place à une autre, que la rumeur disait imminente et qui serait payante. L’effet fut celui d’une bombe. Immédiatement Camille SUDRE a réagi. Il se fit accusateur et se donna la stature d’un défenseur de « la liberté des Réunionnais ». En lançant un appel public à manifester, il était sûr d’être entendu, car le peuple s’était approprié « TéléFreedom ». Cette télé était devenue sa chose, son bien. Sa réaction à la suppression de Freedom fut celle d’un enfant à qui on arrache son jouet préféré. L’idole ayant donné le ton, c’est au cri de «  liberté » que des milliers de personnes se sont rassemblées dans la rue, pour défendre ensemble « téléFreedom », leur bien à tous. La suite est connue : routes barrées, magasins incendiés, pillage, 9 morts….. Les instincts excités s’étaient déchaînés. Paris s’en était ému. Et le 27 Février, Le Ministre Le Pensec arriva dans l’ Ile par avion spécial. Il fut un peu perdu, il ne savait pas trop quoi faire. Satisfaire les émeutiers en autorisant Freedom à reprendre ses émissions, c’était sortir de l’Etat de Droit. Mais avec le temps, vu l’étendue des dégâts et le nombre de victimes, la tension baissa. Une échappatoire se présenta : Le dialogue avec les associations, déplaça les causes de l’émeute de Freedom vers le mal vivre, le manque d’emploi, les bas-revenus….Lesquels resurgiront avec force en 2012 sous le vocable »pouvoir d’achat ». La voie à un rétablissement de la paix était ouverte. Le retour de téléFreedom restait promis par les « SUDRE », et le Ministre Le Pensec annonça 18 mesures d’ordre économique et social. Un Comité de suivi regroupant élus locaux et éventuellement des ministres fut mis en place. Effectivement le dit Comité s’est réuni une ou deux fois à Paris et des ministres y étaient. Puis, tout tomba dans l’oubli. Oubliés l’émeute et les émeutiers. Cela pour deux raisons, en 1993, une grave affaire de corruption, qui mit en cause, successivement, et le Conseil général et la Mairie socialiste de Saint- Denis capta l’attention des médias et de la classe politique ébranlée, tandis que se produisit l’alternance au sommet de l’Etat (1995). Oublié fut le peuple à qui on semble avoir dit une fois de plus  « le fort fait ses évènements, le faible subit ceux que sa destinée lui impose ».La situation empira : chômage en hausse, population en hausse, manque de logements sociaux….

Quoi d’étonnant alors, si l’émeute de 2012, nous révèle une société devenue explosive. En effet à l’appel des transporteurs en grève pour le prix de l’essence, le peuple descend dans la rue pour une juste cause : le pouvoir d’achat. Ce que nous voyons sur nos écrans, nous émeut. Nous y voyons des jeunes enclins à la violence, mais aussi des mères et des pères de famille, qui racontent avec calme et dignité leurs difficultés à vivre. Tout cela est bien réel. Le calme est revenu, mais rien n’est réglé. Il est revenu parce qu’un »contrat de bienfaisance » a durée limitée a fait baisser le prix des denrées essentielles par un transfert de l’argent public. Pourquoi chercher une base légale à la bienfaisance ? Il n’y en a pas.

Mais il y a des cas où nécessité fait loi. C’en est un. Le contrat de bienfaisance en cause, n’a été qu’un seau d’eau versé sur l’incendie pour étouffer les flammes sans en éteindre les braises. Sinon c’était l’embrasement et la paralysie du pays. Faire charger par les forces de l’ordre ces gens dignes venus raconter leur quotidien douloureux eut été un acte criminel. Il faut être un politicien dilettant pour ne pas l’admettre. Sauf, si l’on est assez inconscient pour croire, qu’en « appelant l’orage on brillera héroïquement dans l’éclair ».
Rédigé par Albert Ramassamy le Lundi 12 Mars 2012 à 13:28 | Commentaires (0)

Bien que département français, la Réunion de par son éloignement, à des problèmes différents de ceux de la métropole. C’est ce qu’on appelle ses « spécificités ». Cela pose un problème institutionnel, qui de tout temps a divisé la classe politique. En tenir compte, conduit à adapter le statut départemental à cette situation particulière, par une autonomie mesurée. Ne pas en tenir compte c’est imposer l’assimilation.


Halte au réflexe ! Place à la réflexion.
Le débat sur ce choix ne date pas d’hier. Voici ce qu’il en était dit, dans le journal Le Moniteur du 15 Mars 1883 : » l’assimilation des colonies à la métropole serait absolument dangereuse. »…… « Ce qu’il faut aux possessions françaises, d’Outre-mer, c’est l’autonomie. Une autonomie relative qui, tout en maintenant les liens indestructibles qui unissent ces possessions à la métropole, leur permettent néanmoins de s’occuper de leurs affaires. »
C’est clair lucide et réaliste. C’était valable pour la colonie, ce l’est aussi pour le département. Pourquoi cette voie sage et raisonnable n’a-t-elle pas été suivie ? Pourquoi lui a t- on préféré l’assimilation ? Laquelle consiste à appliquer à la Réunion département, toutes les lois secrétées par la société métropolitaine pour ses besoins. Une aberration, à en en juger par les résultats catastrophiques sur l’économie ! La raison en est simple. La peur du séparatisme et du largage. C’est vrai que dans les années 60, la peur de l’indépendance était forte et fondée. Portée par le PCR, parti créé en 1959, pour être « une force de libération nationale », la vague de décolonisation avait touché notre île. Nous l’avons repoussée, en forgeant un organisme de combat, l’ARDF et en sacralisant le statut. Le droit commun tout le droit commun et rien que le doit commun était notre slogan de combat.

Nous, ce n’étaient pas les élus, mais la population civile, siège du bon sens et du patriotisme. Ce passé est révolu et il n’y a aucune crainte qu’il revienne. Alors cessons de croire que nous sommes français, parce qu’enchaînés à la République par la rigueur de ses lois. C’est stupide et vexatoire. Nous le sommes par le cœur et par l’histoire, plus que par choix politique. C’est pourquoi nous le resterons, quelles que soient les adaptations faites au statut départemental. Cessons donc d’être ridicules avec deux assemblées pour gérer un petit département, alors qu’une seule suffirait.
Rédigé par Albert Ramassamy le Mardi 31 Janvier 2012 à 08:48 | Commentaires (1)

Incapable de résoudre un grave problème né dans son sein et créé directement ou indirectement par lui, Le Conseil Général se discrédite dans l’opinion. Tandis que la détermination et le courage de Paul Junot et Carmen Allié qui se sont porté volontairement défenseurs des ex- ARAST forcent l’admiration. Si aujourd’hui la Présidente parle de règlement en cours par l’intermédiaire de son avocat, c’est parce qu’elle sent monter la pression.


L’ARAST ! –en voilà assez !
Pourquoi la décision de justice rendue depuis 2010 et favorable aux ex- salariés n’a-t-elle pas été exécutée plus tôt ?
Pourquoi ne reçoit-elle un timide commencement d’exécution que maintenant ?
Et cependant nous sommes dans un Etat de droit. Où sont passés les élus qui se proclament haut et forts «  les défenseurs des faibles et des opprimés ». Sans vergogne aucune, certains d’entre eux sont en campagne pour un autre mandat. D’autres préparent leurs poulains à la candidature aux prochaines législatives. De la souffrance des ex-employés de l’ARAST, ils n’en ont que faire. Ce n’est pas leurs oignons.
Et demain en campagne, dans un élan humaniste simulé, ils crieront dans leurs micros :
 « Oh ! Qui me soulagera de la dure inégalité ». (Michelet).
« Il faut que tout homme vive » ! (Rousseau).
Que trouves-tu de plus humain ? Epargnez la honte à quelqu ‘un »(NIETZSCHE) .
Rédigé par Albert Ramassamy le Mercredi 28 Décembre 2011 à 14:03 | Commentaires (3)

Le Blocage institutionnel – Le statut actuel est trop rigide. Il n’est plus adapté. La Réunion s’y sent corsetée. Nous l’avons voulu rigide pour résister aux assauts répétés des autonomistes(1960 à 80). Cette époque est révolue. Cependant la réforme constitutionnelle du 23 Juillet 2008, n’en a tenu aucun compte. En effet l’article 73 nouveau de la Constitution contient un alinéa qui concerne la Réunion et elle seule. Ce sont nos parlementaires qui l’ont fait adopter. Par cet alinéa, la Réunion refuse d’une manière expresse, « d’être habilité par la loi à fixer elle-même les règles applicables sur son territoire dans un nombre limité de matières ». C’est une erreur. Nous ne sortirons donc jamais de l’enfance ?. C’est d’autant plus regrettable qu’une loi-programme, aménagée par chaque DOM, selon ses besoins spécifiques, soit absolument nécessaire.


La Réunion est malade du blocage institutionnel, économique et politique.
Le Blocage économique- « En prenant appui sur la situation réunionnaise, nous arriverons à une situation telle, que le pouvoir de Droite devra faire face à une situation bloquée »Cette déclaration a été faite à la Presse réunionnaise par Paul VERGES le 3 Mars 1975. Le blocage a été voulu et nous y sommes. Comment y sommes-nous arrivés aussi vite ?. Beaucoup de facteurs y ont contribué. Citons en quelques-uns :Une démographie boostée par l’égalité sociale et dont les freins ont été à dessein desserrés ; Une économie qui ne marche que si des crédits d’Etat y sont injectés ; Une migration vers l’extérieur, tolérée mais non plus organisée et suivie. Des changements, desquels il résulte que l’argent investi dans la spéculation et la distribution rapporte gros, alors que les activités créatrices de richesse n’ont pas bénéficié d’une protection et d’un soutien à la hauteur de leur besoin. Autant de choses qui ont tourné le dynamisme du pays vers l’extérieur.

Le Blocage politique- Une stratégie bien calculée, bien conduite et dirigée contre Didier Robert, a uni dans l’offensive et le Conseil Général et l’Opposition du Conseil Régional. Une assemblée dressée contre l’autre est un cas de figure qui avait été évoqué, lors du vote de la loi créant la Région. Ce cas de figure fut jugé grave et néfaste pour le pays. Tout démocrate se doit de le condamner. La « vendetta » n’a pas sa place en politique. Elle est contraire à cet esprit républicain dont à fait preuve à plusieurs reprises le Conseiller Régional Michel Vergoz. Quand on connaît le milieu, on est sûr qu’il le paiera très cher. « Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé » ( Renan). Il semble que, des élus et pas des moindres, font tout pour que l’Ile vive de l’assistance. Parce que nous avons gagné la bataille du statut, nous avons le droit de nous insurger, contre toute action, qui ferait de la décolonisation par l’intégration à la République, un mauvais choix.

Nous exigeons de nos élus, qu’ils se conduisent en démocrates sensés et responsables. C’est à dire qu’ils oublient les querelles passées et font, ce que l’intérêt général leur recommande, leur commande de faire. Ce n’est hélas qu’un cri d’indignation porté par un courrier aux lecteurs, de l’eau sur feuille de songe.
Rédigé par Albert Ramassamy le Vendredi 15 Avril 2011 à 13:10 | Commentaires (0)

Aucune raison de pavoiser, mille raisons de s’affliger, c’est la leçon que les démocrates tirent des élections des 20 et 27 Mars 2011.


Cantonales 2011 "Aucune raison de pavoiser, mille raisons de s’affliger..."
Les causes de cette affliction sont nombreuses : abondance de candidatures, absence de projets constructifs, règlement de compte, combinaisons nauséabondes etc….etc… Nombre d’électeurs cependant réfléchis, trouvent là motif à s’abstenir. Passons, tout cela est connu.



Venons à l’analyse des stratégies, celles de Paul Vergès et de Didier Robert. En 2008 comme en 2011 le faiseur de Président est Paul Vergès. En 2008, comme en 2011, il choisit Nassimah Dindar, mais pas pour les mêmes raisons. En 2008, il l’a fait pour casser la Droite. Il y a réussi au delà de ses espérances. La Droite a éclaté et ses membres se sont affrontés au sein du Conseil Génèral et sur le terrain. Tant et si bien que la Présidente et ses proches ont à la fin quitté leur parti d’ origine avec fracas. La portion de Droite fidèle à Didier Robert, s’est encore divisée à l’occasion du choix des candidats aux élections cantonales. Les conséquences en sièges obtenus auraient pu être pires. Les élus influents de la Droite, n’ont tenu aucun compte de la volonté exprimée par la majorité des électeurs lors des élections régionales de 2010. Ces électeurs avaient clairement désigné Didier Robert, comme leader de la Droite. En le contestant, ils ont desservi leurs propres intérêts.



En 2011, Paul Vergès pousse de nouveau Nassimah Dindar mais cette fois, c’est pour préparer 2012, élection présidentielle et pour retrouver le prestige perdu.

En effet dans une compétition pour la Présidence du Conseil Génèral, le PCR pas assuré de l’emporter sur le PS, fait le choix de la Présidente sortante, de qui il attend reconnaissance. Car ce qui lui aurait été fatal, dans sa stratégie, c’est un PS détenant et le Conseil Génèral et Saint- Denis. Cas de figure qui l’aurait rejeté au second plan, dans le soutien à un éventuel candidat PS à l’élection présidentielle. Le second rôle n’a jamais plu à Paul Vergès. Lequel a déjà annoncé, qu’il soutiendra le candidat à la Présidence de la République qui approuvera son futur projet pour la Réunion. Cette approbation, il ne l’aura à Gauche que s’il pèse plus lourd que le PS. D’ailleurs l’alliance PS- PCR s’est toujours mal terminée.


La stratégie de Didier Robert semble simple mais difficile à conduire. Il voudrait des élus jeunes, libérés de vieux antagonismes et capables de travailler avec leurs adversaires d’hier, si l’intérêt de la Réunion l’exigeait. C’est louable mais encore irréalisable dans le contexte politique actuel
Rédigé par Albert Ramassamy le Mercredi 6 Avril 2011 à 12:36 | Commentaires (2)

La longue interview de Paul Vergès publiée dans le Quotidien du 23 Janvier, ne satisfait pas les départementalistes. Ces derniers lui trouvent un goût de civet sans lièvre, ni cerf. Et pour cause, l’essentiel n’y est pas. L’essentiel, c’est sa bataille pour l’autonomie, qui fut aussi la bataille de sa vie. La revendication d’autonomie qui a cassé le pays en deux blocs antagonistes, lesquels se sont affrontés durement pendant 25 ans, la revendication d’autonomie qui a divisé les familles, les syndicats, les associations, meurtri Léon de Lépervanche, un des pères de la départementalisation, cette revendication d’autonomie, dis-je, n’est évoquée dans l’interview qu’incidemment, c’est impensable! Inadmissible!


“ On a diabolise les choses” (P.VERGES)
En effet, c’est à l’occasion d’une question sur le chômage que le journaliste l’aborde en ces termes : « il ne fallait pas renoncer à l’autonomie ». La réponse tombe, pateline, et en même accusatrice : « on a diabolisé les choses. » « On », ce sont ces militants départementalistes des années 60 à 80. En effet, durant toutes ces années-là, ils ont parcouru l’île, tenu des réunions dans les coins les plus reculés. Ce, à seule fin d’interdire au PCR d’être majoritaire. Aux heures les plus cruciales, soit parce que l’espoir faiblissait, soit parce que les communistes avaient gagné une élection, soit parce que Paul VERGES avait remporté un succès d’audience sur le plan national, les départementalistes lançaient un appel à manifester. Ils l’ont fait le 1er mai 1963- le 3 Juillet 1971, et chaque fois, ils ont rassemblé plus de 20 000 personnes. Ce furent des années de lutte intense, la politique était présente partout. Pourquoi cette guerre du statut a t-elle été si ardue et si longue ? C’était parce que l’ex-leader autonomiste multipliait sur la scène nationale et internationale les évènements qui exigeaient de nous, que nous restâmes mobilisés et prêts au combat. Jugez-en !
17-18 Mai1959 : création du PCR qui se proclame peu après : « Force de libération nationale ».
14-09-1963 : les Guadeloupéens, Martiniquais et Réunionnais signent l’accord qui réclame la décolonisation et l’ autonomie.
16-17-18 Août 1971, mise en place de la Convention de morne-rouge, signée par 16 organisations progressistes, pour revendiquer La Réunion « Etat autonome »
30 Janvier 1975 : réunion à Paris des communistes de Guadeloupe, de Martinique, de la Réunion, pour réclamer une « autonomie démocratique et populaire. » Le PCF y est présent.
10 et 17 Septembre 1977, le PCR organise en Guadeloupe, une convention dite « Convention de Sainte- Anne » pour rappeler sa revendication d’ « autonomie démocratique et populaire »
14- 17 Septembre1978 se tenait à Addis Abeba (Ethiopie) la conférence internationale de solidarité avec la lutte des peuples africains et arabes contre l’impérialisme et la réaction. »Paul VERGES et yves Langenier y représentaient la Réunion.
Tous ces évènements étaient relatés avec sympathie dans la presse nationale qui les jugeait conformes au sens de l’histoire
Compte tenu de ce passé historique et du contexte politique apaisé d’aujourd’hui, Paul VERGES aurait dû parler vrai. Il ne l’a pas fait et c’est dommage. Il a préféré escamoter un quart de siècle d’histoire locale, par une petite phrase, qui ne pouvait pas ne pas, nous faire réagir
La défense de l’honneur des départementalistes, exigeait qu’un des leurs répliquât. C’est fait. Cette réplique se veut être aussi une contribution à notre histoire, dont la connaissance est indispensable à la compréhension du présent. C’est dans cet esprit que ce courrier a été fait, car l’heure n’est plus à la polémique.
Rédigé par Albert Ramassamy le Vendredi 4 Février 2011 à 11:21 | Commentaires (3)

Les candidats foisonnent. Chaque parti ou embryon de parti en présente un. Emus jusqu’aux larmes, par les immensités de misère qu’ils découvrent, des hommes et des femmes indépendants des partis, se lancent eux aussi dans la bataille. Tous promettent de faire plus et mieux que les sortants. Certains ne confondent –ils pas, élection politique avec concours de recrutement d’assistants sociaux ?


Elections cantonales, c’est la foire
Même les grands partis font cette confusion. De leur part c’est inadmissible. C’est parce que les élus ont banalisé la fonction élective, en ont fait une espèce de routine, qui n’exige aucun savoir spécifique, aucune expérience, aucun discours construit, que les candidats libres sont aussi nombreux. A partir du moment, où les partis ont cessé d’être un lieu de débats, un laboratoire d’ idées, une école, ils ne servent plus à rien. En conséquence de quoi, chaque élection se transforme en une foire aux candidatures.
Nos élus ont laissé passer les Etats Génèraux sans rien proposer dans le domaine institutionnel. L’offre du Président de la République d’adapter le statut si les élus le demandent, les laisse indifférents. Or tous les observateurs politiques constatent que la départementalisation- assimilation a eu des effets bénéfiques, puisqu’elle a fait progresser les revenus sociaux, mais qu’elle a atteint ses limites. Ce qui appelle une réforme, c’est à dire des propositions faites par les élus. Alors que la loi portant réforme des Collectivités territoriales est votée. Alors que cette loi transformera profondément notre représentation politique, alors que les Antilles- Guyane ont fait connaître leur choix, que font nos élus ?…..
L’opposition de Gauche se réunit le 23 Janvier pour dénoncer une fois de plus le désengagement de l’ état et regretter « que la Ministre de l’ Outre- mer ne vienne pas discuter avec elle de la situation catastrophique de la Réunion ». La droite elle, gère ses divisions, débattent des candidatures. L’alliance qui a conscience qu’une réforme institutionnelle s’impose, se tait à cause de son passé et parle de sa restructuration. C’est révoltant ! Irréaliste et démagogique !
Comment alors ne pas saluer l’initiative prise par l’association pour la démocratie locale à la Réunion et dans l’ océan Indien (Adelroi) fondée par MarcVandewynckele. Cette Association invite les Réunionnais , élus y compris, à un débat sur « la réforme des Collectivités Territoriales ».Voilà un débat que les élus eussent dû organiser depuis longtemps déjà, au moins avant le vote de la loi. Puisse cette initiative qui répare leur carence remporter un vif succès.
Il y a quelque chose d’excitant, de passionnant à faire de la politique. Mais la politique ne doit pas être seulement « l’art d’introduire dans la circulation, dans le commerce, de la fausse monnaie intellectuelle, des notions historiques falsifiées ».
Elle doit être aussi l’art d’inventer des solutions aux problèmes d’une société en mutation rapide.

Albert Ramassamy
Ancien Sénateur
Rédigé par Albert Ramassamy le Vendredi 28 Janvier 2011 à 12:25 | Commentaires (1)

A l’occasion de la rentrée 2003, l’Association Réunion Département Français (ARDF) rappelle la motion qu’elle a votée à l’unanimité, le 12 Juillet 2000 sur « Le créole à l’ école ».


Le créole à l’ Ecole
Il y est dit notamment, je cite : « … Nous affirmons notre attachement indéfectible à notre langue créole, qui fut pour la plupart d’entre nous, notre langue maternelle. Et nous exigeons que la mission de l’ Ecole publique, qui est de transmettre l’héritage de culture, et d’enseigner la langue française soit rigoureusement respectée. ….Il nous paraît, que le passage de notre langue de communication orale, au statut de langue écrite enseignée, posera d’énormes problèmes de normalisation. Tant que ces problèmes ne seront pas résolus, le créole ne peut-être ni une langue à enseigner, ni une langue d’enseignement. … Cependant il est de bonne pédagogie, de l’utiliser en classe, pour accueillir les jeunes enfants et leur apprendre le français à partir de leur vécu. » fin de citation.

Aujourd’hui, nous serons plus catégoriques. Il n’y a pas une graphie unique du créole. Et aucune, de celles qui sont présentées, ne satisfait les créolophones. Ce qui ne veut pas dire que la réflexion sur le sujet doit cesser. Si le français est devenu ce merveilleux outil de communication, c’est parce qu’il s’est affiné le long des siècles, par le travail de nos plus grands écrivains. Le souci de nos intellectuels, d’être pour le créole, ce que ces écrivains de talent ont été pour le français des honore. Mais l’école n’est pas un lieu d’expérimentation. Elle ne doit utiliser que des produits sûrs, par respect pour les enfants qu’elle accueille. Alors, pas de charrue devant les bœufs.

Il semble bien que le créole se rebelle contre sa mise en écriture et tient en échec les intellectuels qui veulent tirer une gloire d’y être parvenue .IL vit d’école buissonnière. Libre, fluide et toujours en mouvement, il n’a pas son égal, quand il s’agit de mettre le réel en images. A son contact, l’imagination s’active, invente , les expressions fusent et s’évaporent comme bulles de savon. Mais le message est passé. Un message que l’écrit affadirait. Car il lui manque cette coloration, cette force que lui donne ces intonations variées, tantôt chantantes, tantôt traînantes, tantôt gouailleuses ou orageuses. Ainsi est le créole. Peu de mots lui suffit pour tout dire. Donnez-vous à lui avec amour et tout votre être s’unit dans la transmission de vos messages : langue, yeux, mimiques, gestes. Ce qui fait dire du réunionnais d’origine, qu’il est un acteur né.

Parce qu’il ne s’embrasse pas de règles et fait fi de la grammaire, c’est sur les aires de jeux, de pique-niques et de marchés qu’il exulte et teste ses nouvelles créations Codifiez- le et portez- le en classe, il s’y sentira en prison, se figera et mourra de tristesse. Parfois le français, lui envie ses cabrioles de jument sauvage et indomptable, qui envoie ses dresseurs au tapis.

Partie intégrante de notre âme au même titre que le français, le créole a l’habitude de s’enrichir de mots usuels de son jumeau, qu’il moule à sa fantaisie. Est-ce une raison , pour tenter d’en faire un ramassis de mots estropiés par les K et les W. Faire de la langue de nos ancêtres, un hospice d’éclopés ! Quelle’ horreur ! De grâce, éloignez cette horreur de la vue de nos enfants ! Elle menace leur mémoire de la bonne orthographe des mots d’usage. Faire du créole une cause d’échec scolaire, c’est le condamner à être banni de sa patrie. Nous en sommes révoltés. Parents ,bannissez de chez vous et des classes fréquentées par vos enfants, les textes faits de mots français estropiés. Ils mettent en danger leurs études.

Culture créole et culture française, ne s’opposent pas. Elles se complètent. Car l’éducation est à la fois enracinement dans son milieu, et sortie hors de ce milieu pour « …assimiler les richesses étrangères, dont on se fait un sang nouveau »…Le créole m’enracine dans mon milieu, tandis que le français « langue d’un rayonnement universel » m’ouvre l’ accès à tous les trésors de l’ esprit universel. L’un et l’ autre me sont indispensables. Quant à mon identité, elle ne court aucun risque. Car « une langue qu’elle soit originelle ou d’emprunt le peuple qui l’emprunte finit toujours par la modifier selon son génie (Sédar Senghor) Manquons –nous de « génie » au point de craindre une perte d’identité, si nous confions au français l’expression de notre être intime ?. Certainement pas ! Au contraire, elle s’élargirait d’un espace plus grand.

Pour ceux qui l’ignorent, l’ARDF est cette association qui a sauvé le statut départemental de la menace « d’Etat Autonome démocratique et populaire » revendiqué par le PCR. Un combat qui a duré 23 ans, avec ses moments d’espoirs et d’incertitudes

Ce combat, s’il faut le reprendre pour imposer aux autorités compétentes, le respect de notre motion sur « le créole à l’ école » nous le reprendrons
Départementalistes, tenez- vous prêts.
Rédigé par Albert Ramassamy le Vendredi 21 Janvier 2011 à 11:00 | Commentaires (5)

Porter « l’indemnité de vie chère » devant le Conseil d’Etat c’est l’envoyer à la Guillotine. Car elle n’a plus de base légale. C’est l’usage qui la tient en vie. La réponse intégrale du Gouvernement Giscard- Barre aux retraités de la Réunion le 31 Décembre 1976 le prouve. Cette réponse la voici :


La « surremunération » condamnée
Monsieur, Vous avez adressé à M. Le Président de la République une note relative à l’extension à tous les retraités de la réunion de l’indemnité temporaire instituée par le décret n°52- 1050 du 10 Septembre 1952 au profit des seuls retraités de l’Etat.
J’ai l’honneur de vous rappeler que l’indemnité prévue par le décret du 10 Septembre 1952, comme du reste l’index de correction appliquée aux rémunérations des fonctionnaires en service à la réunion ne se justifiait que par l’appartenance de ce département à la zone CFA. Ceci est d’ailleurs corroboré par le fait qu’aucune indemnité du même genre n’a été instituée en faveur des retraités résidant aux Antilles ou à la Guyane.
La justification de cette indemnité a disparu avec l’introduction du franc métropolitain dans ce département, et il conviendra à l’avenir d’en entreprendre la résorption progressive, corrélativement à la résorption de l’index de correction.
Dans ces conditions il ne saurait être question d’étendre à d’autres catégories de retraités le bénéfice de cette indemnité temporaire et il n’apparaît donc possible de donner une suite favorable à votre requête.
Je vous en exprime mes regrets. Etc…etc….(G. DUVAL) Source : Journal Témoignages
Rédigé par Albert Ramassamy le Vendredi 14 Janvier 2011 à 12:48 | Commentaires (2)

C’est quand un pays touche le fond de l’abîme qu’il trouve la force de se réformer. La Réunion y est proche. Un changement radical de politique s’impose à elle. Les décideurs semblent en avoir confiance.


Paul Vergès pense que le mal vient des « structures post-coloniales » de la société. Un de ses remèdes serait d’après lui « la solidarité réunionnaise ». Cela demande à être explicité. Il attire l’attention sur le futur, chargé de menaces. C’est vrai et il faut y penser maintenant.
Du Préfet Michel Lalande au Président de la région Didier Robert, en passant par François Fillon, le discours est le même : « les 30 glorieuses 1944- 1974, c’est fini ». Avant eux, Raymond Barre nous avait avertis : « Mes chers compatriotes,….la situation de la France ne permet pas d’ouvrir les vannes et de répandre la manne de l’assistance financière »(1978).
Depuis, avec la crise, la dite situation s’est encore aggravée. Tous appellent à un développement par l’effort et l’invention. « Il faut investir dans les filières porteuses et novatrices…(le Préfet). « Nous devons passer d’une économie basée sur la commande publique à une économie adossée à nos propres ressorts…. (D. Robert). C’est bien. Voilà prescrit, un traitement que le pays eut dû suivre depuis longtemps. C’est à dire à une époque où les marchés intérieurs et extérieurs étaient plus faciles à prendre. Pourquoi ce qui aurait dû être fait, ne l’a pas été. Est-ce par ignorance ou par carence ? . Ni l’un, ni l’autre. C’est le contexte politique qui en a été la cause.
Rédigé par Albert Ramassamy le Vendredi 8 Octobre 2010 à 13:01 | Commentaires (15)
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Profil
Albert Ramassamy
Gaetan Adam
Né le 13 novembre 1923, Albert Ramassamy est un homme politique réunionnais ayant exercé les fonctions de sénateur pour le compte du Parti socialiste.
Proviseur de profession, il est élu au Sénat le 25 septembre 1983 après être entré au conseil régional de La Réunion la même année. Il exercera son mandat dans cette assemblée parlementaire jusqu'au 1er octobre 1992 seulement, faute d'avoir été réélu. Il est alors membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale.


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