Yves Ferrières : «nous allons faire du port de Sainte-Marie une des plus belles cartes postales du Nord»

CINOR

Le Port de Sainte-Marie a 20 ans. Parvenu à l'âge adulte, il est temps pour lui de passer à la vitesse supérieure. Ça tombe bien : la Cinor dispose dans ses cartons d'un projet comprenant réaménagement et extension du site actuel. Un projet qui a été validé ce jeudi 7 décembre 2017 à l'unanimité à l'occasion du Conseil Communautaire. Rencontre avec Yves Ferrières, Vice-Président de la Cinor, en charge de l'Aménagement du territoire et des Finances et du projet de Port de Sainte-Marie.



Yves Ferrières, entouré  de son équipe, porte avec passion ce projet dont il attend la concrétisation depuis maintenant 15 ans !
Yves Ferrières, entouré de son équipe, porte avec passion ce projet dont il attend la concrétisation depuis maintenant 15 ans !
Yves Ferrières, le conseil a voté à l'unanimité pour ce projet et son plan de financement, va t-on enfin voir ce projet de nouveau port maintes fois annoncé sortir des cartons ?
- Yves Ferrières
:  D'abord un remerciement à tous mes collègues pour leur confiance. Je pense qu'ils ont bien pris conscience des enjeux. L'enjeu il est économique, pour un projet que l'on veut porteur d'emplois.
Pour le reste, je le confirme:  ce nouveau port sortira de terre et, d'ailleurs, de mer.
On a travaillé d'arrache-pied, en équipe, pour lui donner du corps, le rendre attractif pour tous et accessible en termes de financement, puisqu'il ne coûtera plus que 15 millions, au lieu des 28,5 millions annoncés. 
Oui, c'est ce soir une belle satisfaction.

Pourquoi fallait- il lancer et concrétiser ce projet de réaménagement et d'extension du Port de Sainte-Marie ?
- Notre port intercommunal, d’une capacité actuelle de 180 anneaux, est confronté à une forte demande d’augmentation du nombre d’anneaux, que nous ne pouvons satisfaire. Or, de Saint-Denis à Sainte- Rose, nous disposons du seul équipement de ce type dans l'ensemble du bassin nord Est.

Par ailleurs, dans le cadre de notre Projet de Territoire, nous ambitionnons de développer un arrière port avec création d’activités tournées vers la mer dans le cadre d’un concept développé d’économie bleue.
Ce qui nécessite un projet d'extension d'un port avec accès sécurisé, avec la possibilité de porter la capacité des anneaux à environ 350.

Le projet semble avoir subitement passé la multipliée. Concrètement, comment s'organisent les acteurs du projet ?
- J'évoquais dans mon propos le travail en équipe. D'emblée en effet un comité de pilotage a été mis en place. Y travaillent en parfaite coopération les représentants de la ville de Sainte-Marie, des services de l'Etat, la Préfecture, la DEAL, la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), d' experts de la mer,  et, bien sûr, de la Région Réunion et de la Cinor.

Ce COPIL est animé par notre chef de projet, Camille Ramaye pour la partie technique, avec à ses côtés un expert de la communication, de la proximité et des relations publiques, Alix Coindevel et d'autres agents de notre collectivité qui, dans une démarche volontaire et constructive, ont intégré ce groupe projet.

Le COPIL se réunit tous les mois avec pour objectifs d'échanger et d'avancer. Je salue du reste l'investissement des services de l'Etat qui, par une intervention en amont, nous permet de gagner un temps considérable sur l'avancée du projet.
Nous collaborons en effet régulièrement pour la meilleure constitution des dossiers, notamment ceux soumis à autorisation environnementale unique, en vigueur depuis cette année.

Dès lors, après la présentation au Conseil Communautaire du 7 décembre 2017, nous nous sommes donnés pour objectifs de poser la première pierre du nouveau arrière port en septembre 2018, de démarrer les travaux terrestres dans le 3ème trimestre 2018, les travaux maritimes en 2019 et assurer la livraison des premières réalisations fin 2019/courant 2020.

On sait que la réussite de ce type d'aménagement passe par le concept du «projet partagé». Est-ce le cas ?
- La réussite de ce projet, je le dis tous les jours, passe par une adhésion incontournable de divers acteurs qui, de près ou de loin , apportent leur contribution.
En ce qui me concerne, je fréquente ce port le plus souvent que je peux. J'observe, j'écoute, j'échange, je prends note.

En tant qu’utilisateurs, les pêcheurs, qu'ils soient professionnels, plaisanciers ou occasionnels, apportent indéniablement une expertise certaine. Ils connaissent parfaitement le site et les conditions naturelles et exceptionnelles du site.

Je pense à la dangerosité d’accès au port au niveau du musoir du chenal compte tenu des fortes houles observées depuis la création du port, ou la problématique des apports sédimentaires qui viennent obstruer le chenal et l’entrée du bassin.

L'idée du prolongement de la digue Est émane d'eux ?
- Tout à fait. C'est au terme de nos échanges constructifs que nous avons pris la décision du prolongement de la digue Est pour améliorer la protection de l’entrée du chenal des houles et courants venant d’Est et du Nord principalement.

Je tiens du reste à remercier nos amis pêcheurs qui apportent une plus value sur l’amélioration des équipements à apporter à destination des bateaux de sécurité, des pêcheurs, des plaisanciers et du public.

S'agissant des commerçants sur site, après travaux, ils bénéficieront de locaux tous neufs, fonctionnels et aux normes de sécurité, avec terrasse et vue sur mer. Ce qui ne pourra que conforter la fréquentation, de leur restaurant et leur chiffre d'affaires futur.

Il était question lors d'un précédent projet évoqué d'une ouverture du nouveau port vers l'intérieur des terres ? Est ce toujours d'actualité?
- Vous voulez parler du Sentier littoral et du Parc de loisirs de Bois Madame ? 
Cette ouverture est effectivement intégrée dans la réflexion globale du site.
Car le grand public doit être attiré par les infrastructures maritimes prévues dans le projet et, plus tard, pour le projet de création d'un bassin de baignade et d'activités diverses, telle la voile.
Et cela passe par une liaison naturelle entre le port, le parc et le sentier littoral.
Dans un second temps, il est prévu de créer une autre sortie à l'Est du port vers le sentier littoral afin de mieux fluidifier la circulation dans l'enceinte portuaire.

Un mot sur les aménagements à caractère touristique ?
- Nous privilégions des aménagements simples et pas forcément coûteux, avec une architecture créole. Ils seront intégrés au projet pour obtenir une adhésion du public au projet d’aménagement global de la zone et réconcilier les Réunionnais avec la mer et leur culture.

Je pense à nos futurs restaurants (réalisés en modulaires) avec terrasse et vue sur le port, accessibles depuis le Sentier Littoral depuis l'espace parking qui sera créé.
Sur le Port, on projette également de faire débarquer dans le futur des croisièristes. 
La création d'une nouvelle digue, avec équipements dédiés, permettra en effet leur accueil sur terre après transport par cabotage à 800 mètres du rivage.

Le projet de réaménagement du port a été voulu évolutif, qu'est ce qu'il restera à réaliser ?
- A moyen terme, nous gardons sous le coude pour plus tard l'idée d'un mini musée de la mer, voire même d'un espace de co working permettant aux visiteurs chaque matin d'attendre, devant leur ordinateur en mode éveil, la fin des embouteillages pour gagner le chef-lieu.
De même, les touristes, notamment ceux libérant leur chambre d'hôtel le midi et disposant de temps libre avant le vol du soir, constituent pour nous une cible idéale.

Dans le prochain mandat, suivant la demande, nous projetons de concrétiser la création d'une zone d’extension (800 m2) réservée pour la construction possible d’un port à sec d'une capacité de stockage de 80 à 100 bateaux avec hangar et racks de rangement sur 10 mètres de hauteur maxi.
Et nous engagerons les études pour la création d'une technopole dédiée aux activités de la mer et de l'aérien.
Cela étant, pour l'heure, je crois que nous disposons d'un beau projet, qui se marie à notre ambition qui est de faire de ce port intercommunal, une des plus belles cartes postales du Nord de La Réunion".

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Les aménagements et le coût 
- dont 9,5 M€HT pour les travaux maritimes: portuaires (digues, nouveau bassin, réorganisation des pontons du bassin existant)
- 5,5 M€ pour la partie terrestre: murs de soutènement , déchetterie , restaurants , magasins , locaux techniques portuaires et d’activités de pêche , parkings complémentaires et voie de liaison haute).
> Coût global prévisionnel des travaux: 15 M€HT


 

 



 


Yves Ferrières se réjouit de la parfaite  coopération installée entre les divers représentants de la ville de Sainte-Marie, des services de l'Etat, la Préfecture, la DEAL, la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), d' experts de la mer,  et, bien sûr, de la Région Réunion et de la Cinor
Yves Ferrières se réjouit de la parfaite coopération installée entre les divers représentants de la ville de Sainte-Marie, des services de l'Etat, la Préfecture, la DEAL, la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), d' experts de la mer, et, bien sûr, de la Région Réunion et de la Cinor

La présentation du projet par les "techniciens" a convaincu les élus du Conseil qui ont voté "pour"...
La présentation du projet par les "techniciens" a convaincu les élus du Conseil qui ont voté "pour"...
Mercredi 6 Décembre 2017 - 20:07
Alix COINDEVEL