Océan Indien

Yolaine Costes, sur la politique communautaire de la pêche : "Deux poids, deux mesures ?"

Mardi 15 Avril 2014 - 18:02

À la veille du vote du Parlement européen d'accorder trois nouveaux accords de pêche à Madagascar, aux Seychelles et aux Comores, la conseillère régionale de la Réunion et candidate UMP aux prochaines élections européennes dans la section Océan Indien, Yolaine Costes, s'offusque que le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) ne fasse pas plus d'efforts pour développer les flottes de pêches à La Réunion et à Mayotte.

Voici son communiqué :


Yolaine Costes, sur la politique communautaire de la pêche : "Deux poids, deux mesures ?"
"Le Parlement européen s’apprête à voter ce mercredi 16 avril en faveur de la prorogation de 3 nouveaux accords de pêche impliquant l’Union européenne et les Seychelles, mais aussi Madagascar et enfin les Comores. S'ils sont approuvés par le Parlement, les nouveaux protocoles offriront de nouvelles possibilités de pêche à près de 124 thoniers senneurs et 46 palangriers européens dans la zone Sud-Ouest de l’Océan Indien. Après l’accord de partenariat avec le Mozambique adopté en 2012 et celui avec Maurice en 2013, ce sont donc aujourd’hui 5 accords de partenariats qui à eux seuls accordent des possibilités de pêches à plus de 300 thoniers senneurs et palangriers européens dans la zone.

Ironie de l’histoire, c’est le même jour que sera adopté le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) auquel sont soumises La Réunion et Mayotte pour 2014-2020. Malgré quelques avancées en faveur des RUP qui ont été, à chaque fois, véritablement arrachées par le député européen du Parti Populaire Européen, Alain CADEC, à la Commissaire DAMANAKI, le FEAMP reste globalement opposé au développement de la flotte de pêche dans toute l’Europe et donc, à La Réunion et à Mayotte. Sauf que si les motifs de surpêche sont légitimes pour le continent européen, ils ne sont pas recevables pour l’océan Indien. Ce constat semble d’ailleurs manifestement partagé par l’Union européenne au vu des accords internationaux conclus en faveur de plus de 300 navires européens autorisés à exercer leur activité dans notre bassin maritime.

Accord de partenariat et achats de licences d’une part, contraintes réglementaires et restrictions environnementales d’autre part, l’Union européenne donne incontestablement l’impression de pratiquer en matière de pêche une politique de deux poids deux mesures. Pour autant, il n’est pas question de remettre en cause le principe de ces accords de pêche qui bénéficient aux pays de la zone et qui constituent pour eux des sources de revenus importantes mais de les faire évoluer vers une véritable politique de la pêche à l’échelle de notre bassin maritime.

La dénomination d''accords de partenariat' semble ici tout à fait pertinente mais à la seule condition d’intégrer les intérêts des RUP françaises de l’Océan Indien. Elle correspond à une évolution nécessaire des relations devant se nouer dans le secteur de la pêche entre les pays de la zone. La pêche est l'un de ces nombreux domaines où, pour bien jouer, il faut jouer collectif. Ce partenariat à l’échelle du bassin maritime est un atout d'autant plus fort que les bateaux de pêche évoluent dans les mêmes eaux, ciblant les mêmes espèces pélagiques migratrices.

La création récente de la fédération des organisations professionnelles de pêcheurs de la Commission de l’Océan Indien tout comme le lancement du prochain Conseil Consultatif Régional à l’échelle de notre bassin maritime vont donc dans le bon sens.

Ces structures propices au dialogue devront faire valoir les intérêts de nos îles, en imposant dans chaque accord conclu entre l’Union européenne et les pays de la zone, un chapitre dédié aux RUP et au développement local de leurs filières 'pêche'.

Elles devront aussi et surtout parvenir, avec l’aide des pouvoirs publics locaux, à convaincre la France et l’Union européenne de ne plus tenir La Réunion et Mayotte à l’écart des retombées économiques dont bénéficient aujourd’hui essentiellement les flottilles continentales.

Telle doit être la position d'une Europe de l’Océan Indien consciente d'elle-même, afin d’équilibrer les relations, aujourd’hui asymétriques, et libérer tout le potentiel de nos filières de pêche. Mieux associer les RUP, mieux équilibrer le FEAMP vers les territoires du Sud-Ouest de l’Océan Indien, redonnerait incontestablement du sens à nos ambitions en assurant la rentabilité économique de nos entreprises de pêche, gage d'attractivité à l'égard des jeunes pêcheurs, en garantissant aussi une plus grande présence des flottilles des RUP sur l'ensemble du bassin, tout en se montrant attentif à une gestion durable des ressources halieutiques".
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1.Posté par kafir le 15/04/2014 22:42

Pauvre Océan indien .
Les dégâts de la pêche industrielle par les filets de chalutage ne font pas de détail sur les fonds marins , et raflent toute forme de vie pour un demi siècle minimum .

kafir

2.Posté par nicolas de launay de la perriere le 16/04/2014 13:17 (depuis mobile)

Et le poisson...il est transformé à la reunion? Avant de s offusquer..mieux vaut s interesser au dossier!

3.Posté par Pierre VERGEREAU le 16/04/2014 15:00

Il n'y a aucune raison légitime de surpêche ! Il faut que nos représentants se battent pour préserver notre océan du pillage dont sont plus que complice certains de nos élus par leur silence ou leur acceptation par intérêts de ce gâchis de la surconsommation !

4.Posté par Nicole le 16/04/2014 18:48

C'est bien beau de s'intéresser aux dossiers quand les élections arrivent, mais qu'est ce que cette madame a bien fait pendant tout ce temps? RIen. Pour défendre les gens il faut agir, avoir la langue bien pendue ça sert pas à grand chose.

5.Posté par ROBIN DES BOIS ! le 17/04/2014 07:32

L'Union Bancaire définitivement adoptée par le Parlement Européen !
Enfin UNE BONNE NOUVELLE de cette institution pour laquelle, je le rappelle, le peuple français avait dit NON au Traité Constitutionnel Européen, avis bafoué ensuite par le fameux Traité de Lisbonne !
C'est quand même bizarre que celà intervienne environ 1 MOIS avant les élections du 25 MAI ????

Ceci dit, l'EUROPE a eu le temps d' appauvrir certains pays (Grèce, Portugal, ....) et d'offrir L’AUSTÉRITÉ pour les autres, où est le bonheur des peuples que l'Europe était censée nous donner ! Bonheur des Banques , OUI !

Donc, Madame, mauvaise nouvelle pour la pêche ! Mais cela ne date pas d'aujourd'hui ! Vous semblez prendre conscience de ce problème juste avant les élections ????? Néanmoins, OUI, il faut défendre la pêche dans la zone !

LA MAUVAISE NOUVELLE QUE L'ON NOUS CACHE ( Ni le PS, ni l'UMP, personne n'en parle !!!!!) , C'EST LE FAMEUX TRAITE COMMERCIAL TRANSATLANTIQUE ( c'est à dire libre marché avec les américains, qui vont nous imposer leurs produits aux hormones, aux OGM, etc....) qui financièrement vont nous bouffer !!! Après l'arnaque européenne des Banques, voici l'arnaque européenne commerciale ! L'ENJEU : mettre Etats et multinationales au même plan !
La mise en oeuvre de ce traité est prévu juste après les élections ! Ben voyons, en misouk !!!!! C'est SUSPECT !!!!! QUI EST AU COURANT ?????

MADAME Yolaine COSTES : qu'en pensez-vous ? Exprimez-vous ! Ne nos dites pas que vous n'êtes pas au courant ???? Question posée également aux autres candidats : Younouss OMARJEE, YVETTE DUCHEMANN,LECONSTANT , et les autres
POURQUOI PERSONNE N'EN PARLE ????????????
LES FRANCAIS ONT LE DROIT DE SAVOIR !!!!!!!! Sinon, ABSTENTION le 25 MAI ! Ou alors, je me présente, mais çà va être chaud à BRUXELLES !!!

6.Posté par Potzi. le 18/04/2014 18:39

Pour info, il n'y a pas de chalutage ou chalutiers dans l'Ouest de l'Océan Indien (ou alors cela reste minime). Les thons sont capturés par des senneurs.
Pour la surpêche, à ma connaissance, elle ne semble pas concerner ces mêmes thons, même si il convient de rester vigilant.
Pour ce qui serait de la "part" qui devrait revenir aux RUP telles que RUN (+MAY), malheureusement le thon ne vient pas en nombre aussi sud mais se concentre plutôt autour de l'équateur.
Et enfin pour ce qui est de transformer le thon à La Réunion, Chateauvieux n'aura pas montré l'exemple : lui-même étant un local, possédant des navires (SAPMER) enregistrés à La R2union mais basés à Maurice.

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