Faits-divers

Vous voulez de l'Artane ? Piquez donc une ordonnance !

Mardi 29 Janvier 2019 - 19:49

Correctionnelle Saint-Denis, mardi 29 janvier 2019


Il y en a qui n'ont aucun esprit d'initiative. Ainsi les amateurs de Subutex, Rivotril, Artane et autres substituts de produits à rêver. Ils s'embarquent dans des trafics à n'en plus finir et, disons-le, se compliquent l'existence à n'en plus finir aussi. Alors que le sieur Mari (sans "e") (40 ans mais en paraissant à peine 20), lui, a trouvé "la" solution : il suffit de voler des ordonnances, pardi. Des ordonnances signées, cela va de soi. Tant qu'à faire...

James Bond vs. clampin

C'est ainsi qu'un jour de 2015, notre bonhomme se retrouve en possession d'ordonnances, déjà signées. Qu'il a, on s'en doute un peu, "trouvées" au coin de quelque rue du Port et seuls les esprits mesquins prétendraient qu'ils les aurait volées.

Pas désarçonné par ce cadeau du Ciel, il remplit ou, plutôt, complète une ordonnance en y ajoutant l'Artane. Car notre homme n'est pas compliqué pour un rond : l'Artane seule suffira bien à son bonheur.

Il s'en va dans une pharmacie aussi portoise que le toubib et présente sa commande. Mais pourquoi, pourquoi, grands dieux, a-t-il fallu que la pharmacienne se montrât aussi méfiante et s'en allât téléphoner au cabinet médical susdit ? Je vous le demande un peu.

La réponse nous est fournie par le président Molié : c'est ainsi que cela se passe depuis pas mal de lunes quand quelque malicieuse puce se met à titiller l'oreille d'un apothicaire.

Ben oui ! Il est arrivé plusieurs fois que dans la région de Mamzelle Paula et ailleurs, des mécomptes aient ainsi été constatés. Et de nombreux vols d'ordonnances constatés aussi.
Alerte rouge ! Eliott Ness entre en scène et voilà notre Mari... bien marri. Oups ! Gaulé séance tenante par les limiers du commissariat. Il est vaseux-pourri, le commissariat, mais ses locataires pas manchots pour autant, comme diraient les empereurs.

Un Molié à l'humour caustique

"J'ai trouvé les ordonnances", se justifie le drôle. En fait, il a rajouté entre mentions légales et signature "sa" commande. Sans songer une seule seconde qu'une écriture de non-médecin sur une ordonnance, ça se remarque comme l'hypocrisie sur le nez d'un politicien. Je ne veux pas dire, holà ! que les médecins écrivent comme des cochons. Une écriture la patte-bibe tout au plus !

"Il n'est pas banal de trouver des ordonnances signées au coin de la rue", s'extasie faussement le président Molié. Qui rajoute aussi sec : "Mais c'est dû à mon mauvais esprit, sans doute ?" Incapable de relever la dérision, bonhomme ne moufte pas. Et ce n'est pas fini.

Qui aurait prédit qu'une affaire aussi banale allait tourner au De Funès (sans les mimiques) par la grâce d'un président de Cour mutin en diable ? Je suis sûr qu'il lit du Daninos chaque soir. Ou Alphonse Allais, j'aime aussi.

Dialogue président-prévenu :
"Vous travaillez ? - Non ! Je suis en formation. - Une formation de préparateur en pharmacie, je présume ? - Non, en peinture", qu'il a répondu sans sourciller, l'autre. J'espère que le cher président ne m'a pas entendu glousser.

Du surréalisme comico-grotesque que n'aurait pas renié Devos.

Son curriculum vitae judiciaire n'est pas des plus encourageants : vols divers et nombreux, violences, recels variés, destructions de biens d'autrui, outrages à tire-larigot...

Mette lo chatte po veille la graisse

Pour le médecin floué, c'est un Me Payen en forme olympique qui a fait remarquer que le trafic d'ordonnances remplaçait de plus en plus celui des produits eux-mêmes. C'est tellement plus simple aussi !

"Les ordonnances étaient sur le bureau, pourquoi hésiter à se servir ?" Le cher maître n'a pas dit que "c'est mette lo chatte po veille la graisse" mais le coeur y était bien. Ajoutant que bien des praticiens enferment leurs ordonnances au coffre. D'ailleurs, des ordonnances, le Mari en avait plein les fouilles lorsque Bérurier lui a mis la main au panier... pardon ! au collet.

Je me bats la coulpe, je n'excuse platement de ne pouvoir rapporter les paroles de madame le procureur : inaudibles !

Malgré ses regrets tardifs ainsi que ses excuses envers le toubib, Mari s'est pris 5 mois avec sursis seulement car toutes ses autres condamnations sont intervenues... après ce coup des fausses ordonnances. Il n'avait donc, au moment des (mé)faits, aucun sursis au-dessus de la tête.

Dura lex mais pas toujours lex ! Il est donc reparti en rigolant et c'est qui les c... ?
Jules Bénard
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1.Posté par michel le 30/01/2019 05:07

L'auteur de cet article n'a aucune notion de ce qu'est qu'une addiction.
Façon d'écrire médisante
Relater un fait divers de cette façon.
Honte à lui.

2.Posté par Jules Bénard le 30/01/2019 09:58

à posté 1 "michel" :
Si vous n'aimez pas mon style d'écriture, je vous signale qu'il y a d'autres journaux.

3.Posté par Coupdepiedaucu le 30/01/2019 10:18 (depuis mobile)

Faut bien s''occuper quand on peut oui l''éducation mange l''argent le temps et surtout la matière grise....

4.Posté par lo rhumlépabonméliboikammême le 30/01/2019 10:20

poste 1 je vous demanderai de faire comme lui et nous rigolerons après avez vous le même niveau que ce cher monsieur,? toujours se regarder dans le rétroviseur de la vie.

5.Posté par Laurent le 30/01/2019 11:30

@Post 1: Pourquoi il existe des addictions à l'Artane ?
Moi je connais surtout des addictions à la kouyonniss .... Et vous semblez en être autant addict que l'auteur des méfaits pour trouver encore la kouyonniss de prendre sa défense ....

6.Posté par Choupette le 31/01/2019 08:10

1.Posté par michel

Et alors, une addiction suffirait à justifier le vol ?

A toute addiction, il y a eu une première fois. Il n'avait qu'à pas commencer.

Il y a des gens qui souffrent de leurs maladies et qui aimeraient en guérir. Les têtes brûlées comme celui-là prennent (volent) les médicaments destinés à soulager ces malades. C'est comme enlever la nourriture de la bouche d'un enfant.

Ces types sont des minables. Ils n'inspirent que le mépris. Qu'ils se foutent en l'air une bonne fois pour toutes, ça fera de la place ... .

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