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Santé

Voici pourquoi il ne faut pas boire pendant la grossesse


Ce jeudi 9 septembre est la journée internationale du Syndrome d’alcoolisation fœtale. L’occasion de rappeler que chaque année, un enfant naît à La Réunion tous les deux jours avec des séquelles liées à la consommation d'alcool pendant la grossesse. Les enfants touchés peuvent présenter de nombreux troubles neuro-comportementaux sévères. La bonne nouvelle est que la prévention a montré des résultats très significatifs dans le département.

Par - Publié le Jeudi 9 Septembre 2021 à 08:40

"Nous ne sommes pas tous égaux face au Syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Certaines femmes peuvent ne boire qu’un ou deux verres durant la grossesse pour qu’il y ait des conséquences sur l’enfant à naître, quand d’autres vont consommer plus sans conséquence", explique le Dr Thierry Maillard, président de l’association SAF OI. Pour cette raison, il préconise évidemment d’éviter toute consommation d’alcool durant la grossesse.

Un message qui semble bien passer à La Réunion puisqu’en 20 ans de travail de l’association, le nombre de femmes déclarant s’être alcoolisées durant la grossesse est passé de 25 à 11%. Un succès notable que de nombreuses régions nous envient.

"On échange beaucoup avec l’Aquitaine. Là-bas, ils ont des difficultés à faire passer le message. Même les professionnels sont susceptibles de ne pas croire que le problème existe. Nous, on est passé d’un déni il y a quelques années à des femmes qui viennent dès le premier jour après avoir consommé de l’alcool. On sent que l’on est plus chanceux que les autres régions", souligne le Dr Maillard.

Pourtant, malgré l’avancée de la prévention, 16 enfants naissent chaque année dans l’île avec le SAF et 160 avec un effet de l’alcool sur le fœtus (EAF). Des chiffres qui restent fixent. Pour l’addictologue, cette stagnation du chiffre est la conséquence d’un meilleur dépistage dans l’île avec deux centres de diagnostics.

Comment apparaît le SAF ?

Lorsqu’une future maman consomme de l’alcool durant la grossesse, celui-ci va directement dans le foie du fœtus. L’alcool entraîne une diminution des échanges fœto-maternels par spasme des vaisseaux sanguins, ce qui entraîne une souffrance fœtale voire une mort in utero. Le risque d’atteinte neurologique irréversible est fonction de la dose reçue par le fœtus, de la durée et de la période d’exposition. 

Le premier trimestre est la période la plus critique, car la toxicité s’exerce tout au long de la grossesse, retentissant ainsi sur la croissance globale du fœtus ainsi que sur le développement cérébral, le cerveau étant l’organe le plus vulnérable de l’organisme. Une fois constituées, les lésions sont définitives.

Quelles sont les conséquences du SAF et des EAF ?

Le SAF correspond à l’association de plusieurs critères suite à un contexte d’alcoolisation de la mère durant la grossesse. Il se caractérise par un retard de croissance, une atteinte du système nerveux central (anomalies neurologiques, retard de développement, troubles du comportement, troubles cognitifs ou autres déficits intellectuels) et des traits faciaux caractéristiques (petits yeux, faciès aplati, lèvre supérieure mince et sillon naso-labial plat ou lisse).

Les EAF correspondent à une partie des anomalies liées à l’alcoolisation de la mère pendant sa grossesse, parfois avec seulement de petites quantités d’alcool. Les troubles neuro-comportementaux que présentent parfois les enfants avec des EAF peuvent être aussi sévères que ceux rencontrés dans la forme typique du SAF, mais ils se manifestent souvent secondairement. Ainsi, les séquelles n'apparaitront pas à la naissance.

Parmi les EAF connus, on retrouve un retard discret de croissance ou un simple ralentissement. Il y a peu de malformations et elles restent mineures. Par contre, dès les premières années, des troubles de l’apprentissage et du comportement à l’origine d’un retard scolaire et de difficultés d’insertion sociale apparaissent.

L’importance du dépistage

Pour l’association SAF OI, l’identification précoce du SAF ou des EAF est une étape importante pour comprendre la cause première des problèmes de comportement et d’apprentissage d’un enfant. "Plus on diagnostique le problème tôt, plus on peut régler le problème", assure le Dr Maillard. Faciliter l’accès à des interventions précoces et appropriées permet d’atténuer un grand nombre des problèmes physiques, affectifs, sociaux et éducatifs auxquels font face les enfants atteints du SAF ou des EAF.

L’une des tâches primordiales d’un médecin traitant consiste à ne pas culpabiliser la future mère. "Dépister l’alcoolisme maternel c’est reconnaître la souffrance de la femme, c’est vaincre sa pudeur et son déni, c’est réduire sa culpabilité, c’est engager et entretenir avec elle un dialogue long et difficile", peut-on lire sur le site de l’association SAF OI.

L’importance de la prévention

Comme indiqué au début de l’article, la prévention fonctionne bien à La Réunion puisque le nombre de femmes déclarant s’être alcoolisées durant la grossesse est passé de 25 à 11%. Néanmoins, le travail est loin d’être terminé pour l’association. "Les publics jeunes ne sont pas encore informés", regrette l’addictologue. 

Pour cette raison, l’association SAF OI a décidé en 2020 d’orienter les campagnes de prévention en direction des jeunes, notamment auprès des lycéens. Malheureusement, le contexte sanitaire a rendu difficile cette démarche. Les publics précaires sont également favorisés dans cette campagne. Pour cela, le Dr Maillard estime qu’une campagne ciblée sera plus efficace qu’une campagne nationale.

Difficultés d’accès aux soins

Même si La Réunion fait figure de bon élève sur la prévention, identifier un EAF ou un SAF n’est que le début des difficultés. Quand les accompagnements existent, ils sont peu accessibles et les familles doivent attendre1 à 2 ans avant un premier rendez-vous (4 ans pour un Sessad (Services Médico-Sociaux). En attendant, les familles doivent gérer les troubles du comportement de l’enfant, à type d’hyperactivité, et les différentes déficiences sources d’échec scolaire et d’actes asociaux. Les familles sont désespérées et demandent du répit.

Les évènements de la journée internationale

Pour peser contre ce mal, l’association SAF OI va faire durer la campagne de prévention durant un mois malgré le contexte sanitaire.  Celle-ci se fera au travers de sensibilisation dans les lycées et sur les réseaux sociaux. 

Des campagnes et évènements seront organisés pour mettre en avant les mocktails, les cocktails sans alcool.  Enfin, des dessinateurs de La Réunion seront mis à contribution afin de faire des animations autour du dessin.



Gaëtan Dumuids
« Dans la vie, les choses sont simples, ce sont les esprits qui les compliquent ». Cette citation... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Kevin le 09/09/2021 12:18

Aucune alcoolisation fœtale ici!y a til des statistics?le nombre de tares qui en résulte ne sont absolument pas une preuve

2.Posté par lavérité le 09/09/2021 13:47

votre titre est étonnant , y ajouter boire de l'alcool serait plus judicieux non ??..

3.Posté par Pas d'alcool le 09/09/2021 15:26

Alcool non.
Vaccin oui.

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

4.Posté par polo974 le 10/09/2021 17:19

1 et 3, vraiment minables...

Il s'agit de protéger des bébés en devenir d'une erreur qui consiste à croire que l'alcool est anodin.

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