MENU ZINFOS
Courrier des lecteurs

Vivre ensemble en Indianocéanie


Par Paul Hoarau - Publié le Vendredi 11 Mai 2018 à 07:45

Vivre ensemble en Indianocéanie
Veuillez m'excuser pour ce retard de trois jours du « journal » du 7 mai. Invité à intervenir à un séminaire organisé par « le conseil des religions » de l'île Maurice (l'équivalent de notre Groupe interreligieux de La Réunion) sur le thème du « vivre ensemble », je n'ai pas pu être dans les délais. A ce séminaire mauricien, je devais présenter « Le vivre ensemble dans l'Océan indien ». C'est le « vivre ensemble en Indianocéanie » que j'ai présenté et qui sera le sujet de ce « journal ».
 
L'Indianocéanie, méconnue, est, souvent confondue avec le grand Océan Indien. Elle n'en est qu'une petite partie : « les îles du sud-ouest de l'Océan indien », Comores, La Réunion, Madagascar, Maurice, Seychelles.
 
Pourquoi cette délimitation ? Parce que toutes ces îles ont un fond culturel commun : un peuplement constitué d'apports africain, asiatique et européen ; une partie d'Histoire profondément marquée par la colonisation française ; la francophonie. Ce fond culturel commun peut servir de ciment entre leurs peuples et de tremplin à leur développement.
 
Les péripéties de l'Histoire ont déplacé les hommes et les femmes de ces îles, d'île en île. Des familles ont des branches mauriciennes, seychelloises ou réunionnaises. On retrouve des Hoarau, des Mohamed, des Marimoutou, des Chan, dans toutes les îles. Les populations nomades, mêlées aux populations sédentaires, ont fait des peuples indianocéaniens, des peuples cousins. Ces mouvements et ces cousinages sont incontestables.
 
Les puissances européennes des époques coloniales, ont néanmoins enfermé les îles et leurs populations à l'intérieur de frontières administratives étanches. Il fut un temps où une communication téléphonique de La Réunion à Maurice, passait par Paris et par Londres. Symbole ! Alors que les personnes, les familles se déplaçaient à titre privé, les peuples étaient, administrativement, confinés dans les catégories nationales des « métropoles ». Les Indiens et les Chinois vivant à La Réunion, étaient des « contre-nation ».
Le temps de la décolonisation venu, les mêmes frontières administratives sont devenues les frontières nationales des pays décolonisés.
 
Le vivre ensemble des individus, souvent cousins, ou appartenant à des organisations sportives, culturelles ou religieuses, se pratique couramment, tous les jours. Mais le vivre ensemble des peuples, non ! Les états indianocéaniens, comme les puissances coloniales naguère, entretiennent plus facilement des relations bilatérales avec le reste du monde, qu'une relation communautaire entre eux.
Le vivre ensemble des personnes physiques ou morales indianocéaniennes par des actions, des manifestations, des écrits, des prises de position, pourrait contribuer à pousser les Etats à vivre ensemble entre eux, et à permettre, ainsi, aux peuples, de vivre ensemble à leur tour. Sans engagement des Etats, en effet, les actions seront et resteront purement privées, donc dispersées. Elles pourraient se heurter, en plus, parfois, aux obstacles politiques, administratifs ou juridiques dressés par les Etats. Elles seront, en tout état de cause, privées des soutiens publics que les Etats engageraient, s'ils s'inscrivaient dans une logique du vivre ensemble des peuples. Qui dit vivre ensemble des peuples, dit vivre ensemble des Etats. Qui dit peuple, dit politique.
 
La conscience indianocéanienne qui s'éveille et grandit petit à petit chez les peuples, d'une part ; la réforme de la COI, en cours d'élaboration, qui tend à donner de réelles responsabilités communautaires aux Etats, d'autre part, pourraient contribuer à développer le chantier de l'Indianocéanie politique.
 
Le vivre ensemble des Indianocéaniens est une réalité. Il s'agit, maintenant, de construire le vivre ensemble des peuples. L'entreprise est politique. Le chantier est ouvert. Le séminaire interreligieux de Maurice à Bellerose, m'a réconforté dans cette conviction. D'autres familles de pensée, d'autres groupes de pression, des hommes politiques sont de plus en plus intéressés. L'Indianocéanie est en marche[1].

 
Paul HOARAU
 
[1] Pour bien montrer que des peuples de nationalités différentes peuvent vivre et faire des choses ensemble, quelqu'un du séminaire de Belle rose a proposé que les deux délégations chantent leur hymne national. La délégation mauricienne a chanté le sien en chœur, avec ardeur ; deux représentants seulement de la délégation réunionnaise ont pu chanter le premier couplet de « La marseillaise » en entier... Il faut reconnaître, soit dit en passant, que « la Marseillaise » ne proclame pas le vivre ensemble. C'est l'Histoire qui a voulu qu'il en soit ainsi.



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

3 rue Émile Hugo
Immeuble Rigolet

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes