MENU ZINFOS
AFP

Virus: les restrictions américaines, "coup de massue" pour le secteur aérien


- Publié le Jeudi 12 Mars 2020 à 18:52 | Lu 233 fois

Les comptoirs d'Air France fermés à l'aéroport JFK, à New York, le 12 mars 2020 - Kena Betancur / ©AFP

(AFP)

La décision américaine d'interdire l'accès des Etats-Unis aux Européens est un nouveau "coup de massue" sur une liaison phare pour le secteur aérien, d'ores et déjà l'un des plus éprouvés par la pandémie de nouveau coronavirus.

+ Qui est concerné par l'interdiction?

Toute personne ayant séjourné dans les 26 pays européens de l'espace Schengen au cours des 14 jours précédant leur arrivée prévue aux Etats-Unis, à l'exception des Américains et des résidents permanents aux Etats-Unis. La mesure entre en vigueur pour 30 jours samedi à 03H59 GMT. 

C'est aux compagnies aériennes de vérifier qui peut ou non embarquer. Si un passager se voit refuser l'entrée sur le territoire américain, c'est à la compagnie aérienne de le rapatrier à ses frais.

+ Que représente le trafic entre Etats-Unis et Europe continentale?

Le marché nord-américain est crucial pour le trafic long-courrier des compagnies aériennes qui se bousculent, notamment vers la destination reine, New York, alléchées par un trafic important et rentable, car très fréquenté par les passagers en classe affaires.

En 2019, il y a ainsi eu environ 200.000 vols entre les Etats-Unis et les pays de l'espace Schengen, représentant 125.000 passagers par jour, selon l'association internationale du transport aérien (IATA).

Les Etats-Unis représentent par exemple 8,1% du trafic accueilli dans les aéroports parisiens en 2019, (8,7 millions de passagers) contre 2,1% pour la Chine.

+ Quel impact pour les compagnies aériennes et les aéroports?

Les compagnies aériennes sollicitées jeudi s'efforçaient encore d'évaluer l'impact de la décision américaine.

"Il est indéniable que les conséquences sont extrêmement importantes", selon le patron de KLM Pieter Elbers.

Le groupe Lufthansa ne desservira à compter du 14 mars que trois destinations aux Etats-Unis contre 21 d'ordinaire. Air France, qui opère d'ordinaire 121 vols hebdomadaires vers 11 villes américaines ne prévoit plus qu'un programme "adapté" vers sept destinations.

En Islande, qui fait partie de l'espace Schengen, Icelandair a annoncé des restrictions qui "toucheront considérablement les plans de vol". Elle devait assurer 490 dessertes depuis et vers les États-Unis au cours des 30 prochains jours. 

L'interdiction américaine constitue "un nouveau coup de massue pour les compagnies aériennes", affirme Charlie Roberson, économiste en chef chez Renaissance Capital à Londres.

Au point de fermer des aéroports? En Italie, placée en confinement, l'un des deux aéroports de Rome fermera à partir de vendredi, l'autre verra son activité réduite.

A Francfort, d'où partent 480 vols par semaine vers les Etats-Unis, l'opérateur aéroportuaire n'évoque "pour le moment aucun plan concret de fermeture des terminaux", tandis qu'à Paris des discussions sont en cours sur l'éventuelle fermeture d'un des terminaux de Charles-de-Gaulle. 

+ Quelles conséquences financières? 

Les groupes européens Air France-KLM (-12,7%), IAG (British Airways, -16,6%) et Lufthansa (-14%) ont tous plongé jeudi en Bourse, tout comme les compagnies américaines.

Iata ne se hasarde pas à prédire le coût financier de la crise mais appelle à des mesures de soutien d'urgence en faveur des compagnies aériennes, car la décision américaine va "créer d'énormes pressions sur les flux de trésorerie".

Le marché du transport aérien entre les Etats-Unis et la zone Schengen représentait 20,6 milliards de dollars en 2019, dont 4 milliards pour les liaisons avec l'Allemagne, 3,5 avec la France et 2,9 avec l'Italie, selon Iata.

Dans un secteur fragile qui a vu en Europe la faillite récente de plus d'une dizaine de compagnies, le coronavirus risque de faire des dégâts supplémentaires. Pour être rentable, un avion doit voler avec un taux de remplissage d'au moins 70 à 80%.

+ Y a-t-il eu des précédents?

En septembre 2001, le trafic aérien à destination des Etats-Unis avait été complètement interrompu pendant trois jours.

Au plus fort de l'épidémie de SRAS, qui avait principalement touché la Chine, Hong Kong et Singapour, les revenus des compagnies opérant dans la région Asie-Pacifique avaient chuté en mai 2003 de 35%.

La crise financière avait fait plonger dans le rouge les compagnies aériennes en 2008 et 2009.

Et lors de l'éruption du volcan islandais en avril 2010, plus de 100.000 vols avaient été annulés en 6 jours en raison de la clôture de l'espace aérien européen. 

Mathieu RABECHAULT, Sonia WOLF avec les bureaux européens de l'AFP



Source : ...


 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes