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Faits-divers

Violée et prostituée à 14 ans : "Un des 20 dossiers les plus abominables que j'ai vus"


Le premier procès avait déjà défrayé la chronique en février 2019 : Un père comparaissait pour avoir violé et prostitué sa fille alors âgée de 14 ans. La cour d'assises avait prononcé une peine de 18 ans de réclusion à son encontre. S'estimant lésé, il avait fait appel de cette décision. Le procès en appel s'est ouvert ce mercredi 30 septembre, il s'est tenu sur trois jours.

Par - Publié le Samedi 3 Octobre 2020 à 10:25 | Lu 9740 fois

Trois jours d'audience, c'est ce qu'il aura fallu aux jurés pour statuer sur la culpabilité de l'accusé. Vingt années de réclusion criminelle, c'est ce qui était en jeu dans cette affaire, mais pas que. En effet, c'est la peine maximale qui peut être prononcée dans un procès pour viol, en revanche, il convient de parler de la reconnaissance de l'État de victime, mais également de ce qu'il advient de l'accusé lorsqu'il sort de détention. 

La victime, âgée de 23 ans et fortement diminuée physiquement, a dû revivre une deuxième fois l'énoncé des horreurs qu'elle a subies pendant dix longues années. Ce dernier jour d'audience était réservé aux parties civiles, aux réquisitions de l'avocate générale et à la plaidoirie de la défense. À ce sujet, il convient d'indiquer que Me Jean-Christophe Molière a accepté d'être désigné par la présidente, l'accusé refusant d'être défendu. 

"Aujourd'hui, elle attend beaucoup de vous"

Cela fait 5 ans  que Me Sandrine Antonelli accompagne la victime. Une relation de confiance s'est créée entre elles. Ce n'est pas un hasard si elle débute par cette phrase lourde de sens à l'attention des jurés : "aujourd'hui, elle attend beaucoup de vous, ce qui est important pour elle, c'est ce que vous allez décider. L'argent elle n'en veut pas, ce qu'elle veut, c'est être reconnue en tant que victime". Puis, la voix emplie d'émotion elle poursuit : "Elle souffre des membres inférieurs, car elle ne supporte plus le poids du traumatisme qu'elle a subi pendant 10 ans. Aujourd'hui, elle perd clairement l'usage de ses membres, elle est considérée comme une personne handicapée". 

Le bâtonnier Laurent Payen, également en partie civile, n'y va pas par quatre chemins : "maintenant, il faut que ça se termine, qu'elle puisse vivre enfin normalement ! Elle souffre tous les jours au plus profond de son corps". Après avoir regardé l'accusé droit dans les yeux de longues secondes en silence, il enchaîne : "Qui a-t-il de plus sordide que ce que nous avons vu dans ce dossier ? Ces rangs d'hommes qui attendaient derrière la voiture pour lui passer dessus ... je vous laisse imaginer le reste ! C'est son père, comment on peut faire ça à son gamin. Il n'est pas fou, ce procès en appel, il en tire la satisfaction de la faire souffrir, de la tenir, de lui faire mal, et ça, je veux que vous l'entendiez". 

"Il a fait d'elle une esclave, une machine à sexe !"

Emmanuelle Barre, avocate générale entame ses réquisitions sur le même ton : "On ne touche pas à un enfant, on ne touche pas à un sexe d'enfant !10 ans de souffrances pour elle, elle qui est venue presque à genoux l'implorer de ne plus la tourmenter ! Qui peut croire après ces témoignages, que son père n'a pas "ustensilisé" le corps de sa fille, il a fait d'elle une esclave, une machine à sexe ! En 30 ans de carrière, il fera partie des 20 dossiers les plus abominables que j'ai vus. Tous autant que nous sommes, nous ne pouvons imaginer que notre père puisse faire de telles choses". Elle requiert la peine maximale de 20 ans de réclusion assortie d'un suivi socio-judiciaire de 8 ans. 

Pour le dernier acte de ce procès, la défense entre en scène. Me Jean-Christophe Molière, désigné par la présidente pour défendre l'accusé, fait honneur au serment des avocats. En effet, chacun a le droit d'être défendu, quels que soient les faits qu'il a commis. C'est ce qu'il plaide avec conviction et c'est tout à son honneur. "Aujourd'hui, je suis là en dépit de ce que je pense de lui, et je vous demande d'en faire autant. À mon sens, le coeur de ce dossier, ce sont les expertises psychiatriques. Comment il s'est construit psychologiquement, on en sait rien. Dans sa tête et comme il vous l'a dit ici, ce n'est pas sa fille. Il est dans un effet miroir, ce n'est jamais lui ! Voilà pourquoi vous avez assisté à tant de dénégation, vous devez tenir compte de ces expertises. Votre décision est cruciale, il n'y aura pas de troisième procès. Elle doit pouvoir se reconstruire et lui doit pouvoir également évoluer" plaide-t-il. 

Il repart de la cour d'assises avec 20 ans de réclusion criminelle

L'accusé, condamné à 18 ans en première instance, n'a, à aucun moment, apporté d'éléments supplémentaires à la cour pour l'infléchir. Fidèle à ses convictions et profitant de chaque occasion pour rappeler que c'est lui la victime et sa fille la prédatrice. Alors qu'il est entré en contact lors de sa détention afin d'asseoir un peu plus son emprise sur elle, il repart de la cour d'assises avec 20 ans de réclusion criminelle, soit 2 ans de plus qu'en première instance. Fait plutôt rarissime dans ce genre de dossier, il se voit également infliger une peine de sûreté des deux tiers ainsi qu'un suivi socio-judiciaire et, une interdiction d'entrer en contact avec sa fille.

Ah oui, petit détail, mais qui vaut son pesant de cacahuètes. Alors que les débats se terminent, il interrompt en pleurs la présidente pour demander si elle peut lui dire le nom du fils de sa fille, car personne ne veut le lui dire. Il termine par un "ça me travaille" qui ne manque pas d'émouvoir tout le monde dans la salle, vous vous en doutez ! 


Regis Labrousse
Faits-diversier Passionné par tout ce qui vole, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer une longue... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Juliette CARANTA-PAVARD le 03/10/2020 10:55

*Toujours plus fort, toujours plus loin,

*Toujours plus ABOMINABLE...

*"Eau sur feuille de songe"...

*La "peureuse" (!) INDIFÉRENCE réunionnaise,

*Est prête à supporter PIRE encore.

2.Posté par Le Jacobin le 03/10/2020 11:14

Ouf..........

3.Posté par Choupette le 03/10/2020 12:01

Ouf, on ne le verra(t) plus dans le quartier pendant un sacré bout d'temps ... !

"Ces rangs (d'hommes) de dégénérés" plutôt.

Il ne bossait pas; et ce n'est pas avec sa petite pêche qu'il arrondissait son RSA, on dirait.

Pauvre enfant.

4.Posté par patrick le 03/10/2020 12:17

La reconstruction sera difficile et longue pour cette jeune femme. J'espère qu'elle trouvera des relais professionnels et autres pour l'aider dans cette épreuve. Maintenant quand est-il de la responsabilité "diluée" des autres protagonistes : voisinage proche, membres familliaux qui ne pouvaient ignorer ce qui se tramait, voire peut-être en profitait. La situation de la mère, complice consentante ou victime sous emprise, semble plus complexe.

5.Posté par Sisi le 03/10/2020 20:30

Ces hommes qui attendaient leur tour sont aussi coupables que le père. Que des pervers.....

6.Posté par Mimose le 04/10/2020 07:07

Mon dieu pauvre jeune femme courage a vous...

7.Posté par Grrrr le 04/10/2020 05:53

Quand est il des abominables en rang d’oignon? Pourquoi ne serait-ils pas poursuivies ?

8.Posté par Oui mais !?! le 04/10/2020 13:32

Question certainement idiote, mais où est la mère dans cette sordide histoire ???

9.Posté par fifi le 04/10/2020 18:51

Il faut punir les abuseurs. Enfin c’était une mineure. J’espère qu’ils seront punis!

10.Posté par Candide le 05/10/2020 06:44

Pour quoi le tribunal n'avait jamais convoqué quelques clients pour en savoir plus ,est ce qu'en cas de refus de se prostituer son père l'avait puni et pour quoi le tribunal n'avait pas aussi interrogé sa mère ?
Seraient elles sous l'emprise du mari et du père depuis des années ?

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