Courrier des lecteurs

Vingt-deux!

Lundi 16 Août 2010 - 09:46

Voilà ce qu'il ne faut pas dire quand passent les gendarmes! Et c'est pourtant ce qui est arrivé à un de mes camarades.  Nous étions en colonie de vacances, à Brétignolles-sur-mer, deux ou trois ans après la guerre 39-45. J'ignore si les embruns avaient enivré mon camarade. En tout cas, au milieu des rangs - oui, on savait marcher en rang - il ose crier "vingt-deux" quand passe la maréchaussée. Ni une ni deux, celle-ci s'arrête et interpelle le délinquant. Interviennent les moniteurs pour demander au petit colon de présenter ses excuses; ils se perdent eux-mêmes en excuses sans pour autant manier celle du traumatisme d'une enfance bercée par la guerre et passée en zone occupée. L'affaire fut close aussitôt! Et mon camarade a été par la suite d'une politesse la plus raffinée du monde!

Les temps changent, l'éducation aussi! Le brave jeune Juan, jeune adulte mais à peine sorti mentalement d'une enfance qui joue les prolongations, ose donner des ordres à la police! C'est d'un toupet, d'une arrogance sans nom! Et c'est bien suffisant pour que les policiers réagissent. Et voilà que le bon beau-père veut jouer le rôle de médiateur! Un comble! C'est à lui de pousser son beau-fils à demander publiquement pardon à la police! C'est à son entourage de faire de même! Au contraire, c'est la bousculade! C'est la hargne! On est au bord de l'émeute! De moutons on devient facilement des lions quand la sensibilité est à fleur de peau et que la raison s'échappe sous l'effet de la colère; même dans ce cas, on a beau prier le Dieu que l'on veut, implorer mon grand ami Jupiter et sa joyeuse descendance, l'homme devient un loup pour l'homme!

Il m'est arrivé de déambuler dans la rue Maréchal-Leclerc à Saint-Denis; j'y ai rencontré la police dans sa voiture silencieuse; elle frôlait même les gens quand la foule était dense. Ne m'est pas venue l'idée saugrenue de seulement susurrer à l'oreille du conducteur de faire attention à la foule ... pour la simple raison qu'on roulait au pas! Rigoureusement rien à craindre! Et j'avais peut-être présent à l'esprit le fameux "vingt-deux" de mon camarade!

Qu'en pense le malheureux beau-père d'un fils métamorphosé tout subitement en commandeur de la police? Comme moi, sans doute! Les temps changent, malheureusement!

Gérard Jeanneau
Gérard Jeanneau
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1.Posté par Ce qu'il ne faut pas dire aussi le 16/08/2010 10:23

"Vous n'avez pas à me tutoyer, monsieur" sinon c'est 24h de garde à vous + inculpation pour rébellion

2.Posté par le congo chez tintin le 16/08/2010 10:42

les temps changent en effet, et pas dans le bon sens depuis au moins 30 ans.....combien de temps encore avant que tout ça ne pète ?

3.Posté par coco boy le 16/08/2010 15:48

Fut un temps ou le simple fait de voir les hirondelles sur leurs vélo, on filait sans demander notre reste, comme si nous avions tous les pêchés du monde à nous reprocher, alors que nous faisions simplement nous promener.
Autres temps, autres moeurs.

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