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Vidéo - Jean-Yves Sinimalé: "Il manque un pilote pour le logement social à La Réunion"


L’incendie meurtrier de Montgaillard en fin d’année 2021 a été un véritable choc pour La Réunion. Faire de ce choc une prise de conscience sur l’état des logements, c’est l’une des missions que s’est assignée depuis dix ans l’association Droit Au Logement (DAL). Son représentant à La Réunion, Jean-Yves Sinimalé, s’adresse aux décideurs pour que ce domaine cesse de naviguer entre plusieurs instances.

Par Ludovic Grondin - Publié le Dimanche 6 Mars 2022 à 13:49

Zinfos974 : M.Sinimalé, vous avez un message à adresser à l’Etat et aux collectivités, quel est-il ?

Jean-Yves Sinimalé :
Ce que je constate depuis l’incendie de Montgaillard, c’est qu’il y a beaucoup d’intervenants sur la problématique du logement social à La Réunion. Et la plupart du temps, ces gens qui parlent du logement social ne savent pas de quoi ils parlent. 

Concernant le foncier, la réhabilitation et l’aménagement, il faut un pilote. Or aujourd’hui on ne sait pas qui est le pilote du logement à La Réunion. L’Etat a la responsabilité du logement mais on voit à coté que la CINOR est en train de monter son Plan logement, la CIVIS est en tain de monter son Plan logement. Le TCO c’est pareil. Or c’est le préfet et la DEAL qui devraient avoir la main. Des mille-feuilles administratifs comme ça, ça ne peut pas marcher ! 

Je reviens sur le problème du foncier. On a un établissement public régional qui s’appelle l’EPFR, l'établissement public foncier local de La Réunion, qui doit en principe avoir des terrains en stock qui sont mis à disposition des mairies et des bailleurs sociaux mais aujourd’hui, pour nous, l’EPFR ne joue pas du tout son rôle dans la maîtrise foncière.

Résumez-nous la situation du logement social en quelques chiffres 

Il y a aujourd’hui environ 35000 demandes de logements qui sont en souffrance. Alors que l’Etat nous a toujours promis de construire 5500 logements par an, depuis quelques années le nombre de constructions baisse. Depuis cinq ans, on tourne autour de 2200 constructions et cette année, je pense qu’on va tourner autour de 2000 (les chiffres de 2021 ne sont pas encore consolidés à ce jour, ndlr).

A quoi est due cet écart ?

Aujourd’hui le problème du logement est très large. En premier lieu, il faut d’abord parler du foncier. Quand on parle d’un logement social, il ne faut pas simplement dire : "il faut construire et construire", il faut qu’on parle aussi du foncier disponible et aussi des logements existants mais insalubres. Donc c’est un tout : foncier, construction et insalubrité. 

Combien sont recensés ?

Le dernier rapport du député Letchimy, qui a réalisé un état des lieux dans les DOM, dit qu’on tourne autour de 120.000 logements insalubres à La Réunion.  

Que prône l’association Droit au Logement pour inverser cette situation ?
 
Nous aujourd’hui on dit ceci à l’Etat : Mme Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement, était à La Réunion en juillet 2021. Elle a donné au préfet une feuille de route concernant le logement social. On a envoyé une lettre au préfet pour demander où ça en était ce groupe de réflexion sur le logement social, on n’a pas eu de réponse et jusqu’à présent, rien n’est fait. C’est le premier constat. 

Et puis il y a la construction de logements. On a aujourd’hui un outil qu’on n’avait pas il y a encore une dizaine d’années et qu'il faut mieux exploiter. Il s’agit d’une base de données dans laquelle on a le nom des demandeurs de logements, on a la composition familiale, on a le revenu des ménages. Et quand on sait qu’aujourd’hui les familles réunionnaises n’ont plus 6 ou 7 enfants comme par le passé mais autour de 3, on demande à l’Etat d’utiliser ces données pour construire des logements adaptés à la population réunionnaise et à ses revenus. Et pourtant on continue à construire des logements sociaux avec trop de pièces et ils coûtent très chers. 

Un reproche qui est fait à qui ? Aux bailleurs ? A l’Etat ?

C’est la DEAL qui chapeaute la construction de logements sociaux à La Réunion donc il a son mot à dire. Il nous manque des petits logements à La Réunion. Il nous manque des T1 ou T2, donc moins chers. Aujourd’hui on voit des logements sociaux autour de 600 euros or que la moyenne des revenus des demandeurs - qui sont souvent des gens au RSA - tourne généralement autour de 600 euros. Et quand cette personne demande un logement, on lui dit : « eh bien non, vous ne pouvez pas avoir un logement parce que vous avez un revenu trop bas ». Donc on ne tient pas compte, dans la construction du logement, des revenus et du nombre de personnes. 

Quels sont les points sur lesquels vous appuyez lorsque le DAL est consulté ?

En zone urbaine, quand on construit des immeubles, on ne prévoit pas tout autour les espaces aménagés. Quand on voit ce qui se passe à Bras fusil par exemple, les jeunes s’ennuient, ils se trouvent dans l’escalier, à discuter, à faire des bêtises. Construire des logements « oui » mais il faut penser à l’aménagement autour. On empile les immeubles sans penser à l’aménagement extérieur. 

Et sur la construction en elle-même, c’est la conception des bâtiments qui est à revoir. Quand on voit qu’on continue de construire en bois au Port, à Saint-Denis ou à Saint-Pierre etc., alors qu’on sait que le bois n’est pas adapté au climat, qu’il se dégrade très vite, on se demande comment un architecte peut laisser construire comme ça. Comment, aussi, à Montgaillard, deux groupes d’immeubles peuvent être reliés par deux passerelles en bois ? On a du mal à comprendre... 

Quel est le rôle du DAL dans les instances de dialogue avec les bailleurs ?

Nous on siège dans plusieurs conseils, ceux qu’on appelle les « conseils de concertation locative » (CCL). C’est là qu’on parle de tout ce qui est réhabilitation des logements, aires de jeu, animation, etc. J’ai vécu 35 ans en métropole, notamment à Toulouse dans un quartier « zone de non-droit », mais j’ai pu mettre en place des projets associatifs avec des locataires pour, qu’au final, les habitants s’approprient leur quartier. 

Au sein des instances des bailleurs sociaux, vous estimez que votre voix est pris en compte ? Quel pouvoir avez-vous ?

Nos décisions aboutissent à un vote mais le vote est seulement consultatif. Mais je peux vous dire qu’en tant que DAL, on est écouté par les bailleurs. C’est même eux qui, parfois, s’adressent à nous pour nous dire qu’ils ont besoin de nous parce qu’il faut suivre tel ou tel locataire (rires). Quand un locataire appelle 4 fois et qu’il n’obtient toujours pas de réponse, on intervient et le problème est réglé. Les bailleurs manquent de réactivité dans les demandes. Beaucoup ont des retards. Par exemple, lorsqu’on reçoit un appel de quelqu’un qui nous dit qu’il y a une fuite dans son logement, on y entre pour constater, on envoie un mail au bailleur pour lui demander qu’est-ce que vous comptez faire ? 

Parfois on accompagne les locataires socialement pour trouver des aides financières. Si par exemple un locataire a 5000 euros d’impayés, il peut y avoir un plan d’apurement mis en place car un accident de la vie, ça arrive... J’ai déjà vu des dettes de locataire qui peuvent monter jusqu’à 13000 euros. 

Votre association est financée comment ?

On a une dotation annuelle de chaque bailleur en fonction du résultat des élections. C’est-à-dire qu’il y a une enveloppe répartie au prorata de chaque voix obtenue par chacune des associations de locataires. Tous les quatre ans, les locataires sont amenés à voter pour leur association représentant les locataires.

Chaque bailleur a son CCL ?

Il y a sept bailleurs à La Réunion. Chaque bailleur a obligation d’avoir un CCL. On est dans le conseil de concertation locative de chaque bailleur. On doit se réunir au moins trois fois par an mais dès qu’il y a un événement particulier, on peut avoir un conseil extraordinaire. Autour de la table, il y a le représentant du préfet, des locataires, des bailleurs sociaux, des bailleurs privés et puis il y a le conseil départemental et les mairies via leur CCAS.

Le droit au logement est devenu opposable, expliquez-nous ce que ça change ?

La fameuse loi du 5 mars 2007 instaurant le droit au logement opposable, dite “loi Dalo”, prévoit un certain nombre de critères pour que les gens puissent faire reconnaître un droit au logement décent. Ça peut concerner une personne qui vit dans un squat, dans un foyer, dans un hôtel provisoirement et surtout les demandeurs de logement qui ont dépassé un certain nombre d’années dans leur demande. Le seuil à l’époque c’était cinq ans et grâce au DAL Réunion qui a bataillé pour, ça été ramené à trois ans. Et c’est encore beaucoup par rapport à ce qui est fait en métropole où, dans certains départements, ce seuil a été ramené à 12 mois. 

En clair, si vous n’avez pas de logement au bout de douze mois, vous faites un dossier DALO pour être reconnu prioritaire par le préfet. Là par exemple j’ai fait cinq dossiers aujourd’hui. 

Au mois de décembre, on a attaqué l’Etat sur trois dossiers, un a été rejeté car le délai de recours de quatre mois était passé, chose qu’on savait mais on l'a fait quand même. Et sur les deux dossiers restants, l’Etat a été sommé de loger les deux personnes rapidement. Si ce n’était toujours pas le cas dans les deux mois après jugement, l’Etat aurait alors une astreinte de 1000 euros par jour. 





1.Posté par Bagatelle le 07/03/2022 06:01

Et oui tous ses communautés des communes se sont lancé dedans
Pour des raison politique
Pour caser leur amis proche
Ou certaine personne fraîchement arriver de leur retraite embaucher
A la va vite hors nos jeunes diplômé attendent toujours
Revener quelque année en arrière pour combien était dans les mains de la justice
Il y a un que à osé d'acheter une grosse voiture pour sa femme et il ose donner des leçons aux autres
Comment ils ont fait pour faire descendre un coffre fort par un escalier

2.Posté par Laurencepp le 07/03/2022 06:37

Cet homme raconte beaucoup de choses fausses. Les élus ne souhaitent pas développer l'offre sociale car elle coûte cher et certains publics occupants posent des difficultés. Il ne connaît pas grand chose et ce qu'il dit c'est du militantisme

3.Posté par mondieu le 07/03/2022 06:38

Oh quel acteur celui là il était au cabinet de la mairie de St-Paul.....KATA

4.Posté par Réveillez vous le 07/03/2022 08:54

Normal que les logements baisse avec le corona et restriction...

après déjà l entretien des habitations existante est catastrophique...5 ans pour certain pour une fuite d eau toiture ......et on créer aussi des association qui vont réparer a titre gratuit mais formatrice certain chose dans les logements....normal ?

de l autre CERTAIN habitant qui abime a tous de bras les portails automatiques, ascenseur, enlève les extincteur et autre .....

Faudrait une vrai pris de conscience global...

5.Posté par Gros blanc le 07/03/2022 14:53

Il faut prendre Sandra comme pilote !

6.Posté par batofou le 07/03/2022 21:41

"ces gens qui parlent du logement social ne savent pas de quoi ils parlent" ....
Ce monsieur parle en connaissance de cause visiblement
Heureusement qu'il est la pour nous sauver.
Vous êtes lamentable

7.Posté par JFB le 08/03/2022 05:55

Il suffit de supprimer toutes ces instances. On ne va pas créer une instance pour gérer les instances

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