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Société

Vidéo - Commandant Christophe : Plus de 20 ans au GIGN dont 4 ans à La Réunion


Le Commandant Christophe est le patron de l'Antenne du Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (AGIGN). Nous vous proposons le portrait de cet homme d'action qui a servi au GIGN pendant plus de 20 ans. Eu égard aux contraintes opérationnelles et afin de protéger son anonymat, vous comprendrez que son visage soit flouté et sa voix modifiée.

Par - Publié le Lundi 24 Mai 2021 à 14:56

Mon Commandant, pouvez-vous nous expliquer votre parcours jusqu'à votre affectation sur l'île de la Réunion ?

"Je suis entré à l'école de gendarmerie en 1988, puis affecté en escadron de gendarmerie mobile en mai 1989 pendant 4 ans. Très rapidement, j'ai été attiré par les métiers de l'intervention et j'ai présenté et réussi les tests en 1992 d'une unité qui a été dissoute depuis, l'Escadron Parachutiste d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (EPIGN). J'ai ensuite suivi un stage de formation pendant plus d'un an pour y être affecté en mai 1993. 

J'ai ensuite déroulé ma carrière à Versailles Satory pendant de nombreuses années, vingt et une, au sein de cette unité qui assurait des missions de protection de personnalités à l'étranger où nous travaillions au profit des représentations diplomatiques, et nous assurions également des missions d'observation-filature. La particularité de l'unité étant d'être parachutiste, j'ai également une belle expérience dans ce domaine où j'ai fait des sauts à très grande hauteur, notamment dans des opérations interarmées. Ce sont de très bons souvenirs, parfois marqués par des opérations à l'étranger mais je suis toujours là pour en parler."

"À travers toutes ces années, j'ai vécu la réorganisation du GIGN. Auparavant, le GIGN de maintenant c'était trois unités au sein du Groupe de Sécurité et d'intervention de la Gendarmerie Nationale (GSIGN) sous trois composantes : la protection de personnalités, intervention et observation. Il y avait donc le GIGN historique, l'EPIGN et le GSPR (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République).

En 2016, une réorganisation s'est mise en place, 2ème évolution chapeautée par le GIGN. J'ai eu la chance de faire partie de cette réorganisation et d'être intégré dans cette grosse unité. Nous avons gardé toutes les composantes missionnelles ce qui m'a permis d'évoluer à d'autres niveaux. Nous sommes passés d'unités à des forces : Force Protection, Force Observation Recherche et Force Intervention.

J'ai déroulé ma carrière comme cela jusqu'en 2014 où j'arrivais, comme on dit chez nous, en "fin de potentiel" pour continuer à servir dans le GIGN. J'ai fait le choix de faire une demande Outre-Mer pour poursuivre ma carrière et continuer d'exercer à des niveaux différents, mais toujours dans le milieu de l'intervention afin de mettre toute mon expérience au profit d'un commandement Outre-Mer en dirigeant un groupe. En 2014, je suis arrivé en Guadeloupe en qualité d'officier adjoint à l'AGIGN à Pointe à Pitre.

J'y suis resté pendant 3 ans, après quoi, devant rentrer en métropole, j'ai eu une belle opportunité : on m'a proposé l'antenne de La Réunion. Je n'ai pas réfléchi très longtemps puisque d'adjoint, je passais Commandant de l'antenne de La Réunion. Je suis arrivé en 2017, et je conclus dans quelques mois, en août, mon passage en qualité de Commandant d'unité de l'AGIGN de La Réunion."

Dans ce métier que vous exercez et les mystères qui l'entourent, il y a t-il des particularités que vous avez rencontrées à la Réunion ou des spécificités à mettre en œuvre ? 

"À la Réunion,  j'ai vécu la période des "gilets jaunes" en 2018 et là, moi qui avais l'expérience des théâtres d'opération, j'ai été surpris de l'ampleur de ce mouvement. Je me suis rendu compte que tout ce que j'avais vécu sur les théâtres d'opération allait me servir.

Il y a eu cette vague de violence qui est arrivée et heureusement, qu'avec mes personnels qui avaient une certaine expérience missionnelle, nous avons pu aborder ces missions sans trop d'inconnues, en sachant y faire face, en respectant et en adaptant les modes d'action. Nous avons su faire la part des choses entre les casseurs d'une part et les manifestants d'autre part. 

Cette période a été intensive avant de retomber. Il y a eu cette montée, cette intensité puis ce mouvement de violence à une période qui a été un peu particulière, surprenante pour un département des Outre-mer comme La Réunion qui n'est pas habitué à cette violence. Heureusement c'est redescendu, mais ça fait partie des faits marquants que j'ai vécus pendant ces quatre ans à La Réunion. 

Il y en a une autre bien sûr. Une fois, nous avons eu un forcené qui a fait parler de lui il n'y a pas longtemps. Ça a été particulièrement violent, même atroce, dans la manière dont il s'en est pris à sa victime. Sinon, au quotidien, nous avons à faire à une moyenne délinquance qui malgré tout commence à s'organiser mais pour laquelle la gendarmerie sait faire face. Pour ne pas ternir l'image de La Réunion, il est important que notre action soit déterminante". 

Au-delà de ce que vous avez le droit de dire pendant les missions que vous avez pu vivre, y a-t-il un fait qui vous a marqué particulièrement pendant votre carrière mon commandant ? 

"J'en ai plusieurs, c'est surtout ce que j'ai vécu à l'étranger, au Moyen-Orient ou en Afrique, où les intérêts français étaient menacés et où je suis allé à la rescousse de Français expatriés qui étaient vraiment en grande difficulté. Ils avaient échappé à la mort, et il fallait les extraire de ces zones pour les ramener à l'ambassade de France. J'ai plusieurs faits où j'ai été témoin mais aussi exposé, mais j'avais eu la chance de m'y préparer. J'ai côtoyé la mort comme on dit, mais je m'en suis sorti. 

Je reste un passionné qui aime son métier et je suis très content d'être à ma place pour transmettre mon expérience d'une part, et aussi être vigilant face à la sécurité. J'ai encore quelques années à faire dans la gendarmerie, et je suis heureux qu'elles se déroulent ainsi."


Allez-vous rester en liaison avec le GIGN pour pouvoir apporter vos compétences dans le cadre de cette unité ou vous repartez en unité territoriale en métropole ?

"Je suis content de l'avenir qui se profile car toute l'expérience que j'ai acquise sur le terrain, quand je vais rentrer en métropole, je piloterai une partie de l'instruction. Je vais pouvoir préparer correctement la relève, les commandants d'unités, les équipiers à bien appréhender leurs missions et servir correctement en unités d'intervention. J'ai fait deux départements Outre-mer, j'ai l'expérience à l'étranger, en métropole, je vais m'appuyer sur toute cette expérience pour guider les prochaines personnes amenées à servir Outre-mer ou à exercer leur métier en interventions spécialisées."

À titre personnel, un petit mot sur votre séjour sur l'île de La Réunion ?

"Je vais forcement en garder un bon souvenir ! J'ai pu arpenter pas mal les sentiers dans les différents cirques même si je n'aurai pas le temps de tout faire. Je suis monté au Piton des Neiges et j'ai participé à quelques courses en Trail. La crise covid  fait que je n'ai pas pu participer à de grandes courses, j'aurais aimé, mais ce n'est pas grave, j'aurai l'occasion de revenir. 

Et puis, pratiquant les sports de combat, j'ai eu la chance de rencontrer, de me faire de nouveaux partenaires, d'échanger, de toujours progresser techniquement et de rencontrer des gens très passionnés de différentes communautés. Je garde un très très bon souvenir de La Réunion où j'ai découvert tous ces cirques, ce relief. C'est magnifique sur une île comme celle-ci d'avoir autant de concentration de paysages dans un périmètre restreint, c'est magnifique !"



Regis Labrousse
Faits-diversier Passionné par tout ce qui vole, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer une longue... En savoir plus sur cet auteur
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