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Océan Indien

Vidéo - Bruneau Laurette : "On ne peut pas continuer sur ce système" à l’île Maurice


Inconnu il y a quelques mois encore, Bruneau Laurette est devenu le visage de la contestation mauricienne. Il balaye l’idée d’en être le symbole mais confirme qu’il a été le déclic qu’attendaient nombre de Mauriciens murés dans le silence, par peur de s’afficher aux premières loges de la contestation de la parole d’Etat. Bruneau Laurette fait le bilan de plusieurs semaines de mobilisation et évoque la forme que pourrait prendre son combat, "dans la rue et devant la justice, simultanément". Il répond à Zinfos974.

Par Ludovic Grondin - Publié le Samedi 19 Septembre 2020 à 07:00 | Lu 11717 fois

Avez-vous été surpris par l'ampleur de la manifestation du samedi 29 août ?
Le 29, on s’attendait à une bonne foule. La police m’avait demandé combien de personnes j’attendais, j’ai dit aux alentours de 25000 et même plus. Là on était déjà dans une position confortable. Mais notre expectation (prévision, ndlr) était 50000, mais quand même 150000 c’est au-delà de nos espérances.

Le combat se joue en interne, mais mobilise aussi les expatriés…
On a fait une mobilisation simultanée avec la diaspora mauricienne. Le gouvernement s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume, c’est ce qui a fait le succès de cette marche. Ce qui veut dire que l’on a mis tout le monde à contribution dans le combat et ce qui est magnifique là dedans c’est que tout le monde se sent Mauricien, sans le côté communal, sans le côté discriminatoire. On était des milliers de drapeaux mauriciens qui flottaient dans les rues de Port Louis, c’était magnifique.  

Pourquoi vous êtes devenu le visage de la contestation à l’île Maurice ?
Je pense que moi j’ai osé. C’est comme si le faire officiellement, se mettre debout et de dire qu’il est temps que tout cela s’arrête, je pense donc que c’est par rapport à ça que ça a créé un déclic. Beaucoup de personnes se sont retrouvées (dans ce discours, ndlr). Ils me regardaient comme un symbole. En fait, je ne suis pas un symbole, je suis juste un catalyseur et j’ai créé une sorte d’éveil des consciences. Parce que vous savez qu’à Maurice, on a tendance aussi à communaliser des choses et à les politiser pour pouvoir régner au nouveau du pouvoir surtout. Je suis un petit peu le symbole qui réunit un petit peu tout le monde, toute la masse populaire, les différentes communautés et je redis aussi que j’ai des personnes à mes côtés. Et qu’on y va ensemble.

Pouvez-vous expliquer au public réunionnais ce que signifie le terme de "communaliser" à l’île Maurice ? 
Ce qu’on fait à l’île Maurice c’est qu’on essaye de diviser pour tout ramener aux communautés et aux religions : la communauté hindoue, musulmane, catholique et autres, on essaie de segmenter. C’est juste pour pouvoir contrôler, diviser et régner.

Est-ce que c’est une lourde charge que vous avez endossée ?
En fait, ce combat-là ce n’est pas moi qui l’ai choisi. Le combat m’a choisi ! Mais je pense que j’ai le caractère nécessaire pour pouvoir tenir parce que je ne suis pas la personne qui laisse quelqu’un sur le bord de la route. De par mon métier aussi, on est appelé à s’épauler. J’ai beaucoup évolué dans le secteur de la sécurité maritime, dans les eaux de Somalie où nous avons des équipes. En plus, dans le paramilitaire, nous avons un code d’honneur, un code éthique donc même si on doit retourner avec une dépouille, on va le faire. On va jamais laisser un collègue sur le champ de bataille donc c’est un petit peu le combat que j’ai entrepris avec la population mauricienne, de les épauler et d’être à leurs côtés dans la rue, malgré l’adversité, malgré « David Vs Goliath », je vais le faire.

Vous pouvez brièvement exposer votre passé. Qu’est-ce qui fait que vous vous êtes spécialisé dans le domaine maritime ? 
Quand la piraterie a commencé à descendre dans l’océan Indien, c’est là que je me suis spécialisé dans la sécurité maritime. Depuis douze ans, je fais ces trajets-là. J’évolue dans les eaux de la Somalie, des Seychelles, du Kenya. Souvent je fais aussi des formations en Afrique, en termes militaires et policiers donc c’est un petit peu le quotidien que je me suis construit, qui, quelque part, m’a aidé à me forger et à avoir ce caractère de dire "non" et de se mettre debout quand il le faut. 

Dès les premières heures après l’annonce de l’échouage d’un bateau au large de Maurice, vous avez voulu vérifier par vous-même la véracité des informations parce que vous mettiez en doute la parole de l’État ? 
J’étais dans la première équipe à aller porter secours pour empêcher l’huile de se propager. Quand j’ai vu le premier point du Premier ministre sur la situation, définitivement il y avait quelque chose qui clochait et j’ai pu commencer à douter à partir de là. Peut-être pour eux c’était nouveau, mais moi j’étais dans mes éléments. Jamais je ne laisserai quelqu’un venir insulter mon intelligence, dans ce que je fais dans ma vie professionnelle. Il y a des choses que l’on doit accepter, mais on ne peut pas non plus accepter d’avaler des anacondas et accepter à n’importe quel prix. Dès l’annonce du naufrage, ils auraient dû mettre des bouées autour du bateau déjà. Même si le bateau était échoué, ils auraient dû envoyer une équipe sur place pour aller voir, ça aurait pu être une mutinerie, voire une faction terroriste aussi. Le bateau aurait pu aussi être pris en otage par des Somaliens ou autres, je prends un exemple.

Vous voyez que le gouvernement ne cède toujours pas. Votre combat vous le voyez s’inscrire dans le temps ? 
Mon combat est sur le terrain et d’ordre légal (judiciaire, ndlr). Je vais faire les deux simultanément. Le combat a commencé et on ne sait pas quand il va se terminer. Mais on va se donner les moyens d’aller jusqu’au bout. On va continuer ce qu’on a commencé. 

Est-ce que vous avez peur que votre combat soit récupéré politiquement par des mouvements pour lesquels vous n’êtes vous-même pas d’accord ?
Je veux garder mon combat dans le côté apolitique, ça je l’ai déjà dit et je le maintiens. Mon combat reste apolitique et je ne veux aucunement qu’un parti politique vienne se greffer sur mon combat.

Est-ce compliqué pour les Mauriciens de se mobiliser ?
Peut-être que d’autres personnes vont me rejoindre, mais ça peut les mettre en péril. Moi je ne dépends pas du système mauricien, je peux bouger, faire des formations à l’extérieur. Aussi, il y a des personnes qui peuvent avoir des répercussions sur leur emploi direct. Vous ne savez jamais, quand vous vous attaquez à un système, d’où ça peut venir. Ce qui fait un petit peu ma force c’est que je ne suis pas dépendant du système. Ici à Maurice, ils peuvent mettre sous pression donc c’est un peu mon avantage, c’est pour ça que je vais continuer ce combat-là, au fond, même avec une équipe fantôme à l’arrière, qu’on ne voit pas. 

Est-ce que vous avez l’impression de vous mettre en danger ?
Je l’ai déjà fait quand je suis entré dans ce combat-là. Quand vous vous attaquez à un système, vous savez que vous entrez de plain-pied dedans. Vous savez ce qui vous attend. Donc le danger il est pour toi à ce moment-là. Même parmi les gens qui sont autour de vous, vous pouvez avoir des infiltrés aussi. C’est pour ça que je fonctionne en sécurisant au maximum. 

Comment vous pouvez savoir si les gens autour de vous sont fiables ?
Mon noyau est très minime. Ce sont des gens que je connais depuis une dizaine d’années. 

Le fait désormais d’être connu hors de l’île Maurice, est-ce que ça vous sécurise ?
J’aurai des coups bas. Moi je m’attends à n’importe quoi, mais en faisant le choix d’être dans ce combat-là, j’ai choisi aussi de voyager beaucoup moins souvent. Il m’arrivait de voyager entre dix à quinze fois par an. Mais ça va se faire moins souvent. Mon combat, maintenant, il se passe dans les rues de Maurice, avec le peuple mauricien.

Quel est le calendrier politique mauricien et est-ce que vous avez des ambitions ?
Logiquement le gouvernement est là pour quatre ans encore donc ce que nous essayons de faire… soit il y a une amélioration, soit nous allons essayer de faire que le gouvernement parte. Le but ce n’est pas vraiment d’aller jusque-là. Si le gouvernement se ressaisit, s’il met tout ce qui faut en place, il n’y aura pas de souci. Mais on ne peut pas continuer sur ce système, surtout quand on voit depuis 9 mois comment ça s’est passé depuis les élections et ce qu’on est en train de subir. C’est inacceptable, en termes de pression, d’incompétence et de dysfonctionnement institutionnel. 

Après Gaetan Duval et Paul Bérenger, on vous présente comme le leader créole, êtes-vous à l’aise avec cette étiquette ?
Je ne veux pas qu’on me taxe comme un leader créole ou d’une communauté. Je veux plus être un collaborateur de tous les Mauriciens. Je suis en train de me bagarrer pour que le Mauricianisme prône et sorte gagnant de cette situation. 

Concernant l’échouage du Wakashio, quelle est votre hypothèse la plus probable ?
C’est au gouvernement de nous expliquer, de nous donner la réponse exacte de ce qui s’est passé parce qu’il y a beaucoup de zones d’ombre à éclaircir. Il faut qu’on arrête de pervertir le cours de la justice en allant saborder les preuves. Logiquement c’est quelque chose qu’on n’aurait pas dû faire. On aurait dû l’envoyer dans une cale sèche pour y réaliser des examens d’ingénierie mécanique, voir vraiment ce qui a provoqué les fissures. Ça n’a pas été fait, on a voulu saborder la partie avant du Wakashio. Et est-ce qu’il y a eu une dépollution qui a été faite ? Est-ce qu’on a enlevé tous les éléments toxiques et nocifs pour l’environnement ?

Quel est votre avis sur les manoeuvres de plusieurs bateaux autour du Wakashio après son échouage ?
Quand on regarde les manoeuvres des bateaux aux alentours, ça laisse beaucoup de questions en tête. Pourquoi il y a un bateau, en particulier, qui est venu dans les alentours du Wakashio, et qui est allé sur la côte Ouest de Maurice à plusieurs reprises. Autre chose : pourquoi on a voulu se débarrasser aussi rapidement de l’épave du Wakashio qu’on a sabordée. Donc il y a plusieurs hypothèses possibles, mais maintenant il faut aller vers la bonne. Mais pour pouvoir aller vers la bonne, on aurait dû avoir des éléments en main, mais qu’on a détruits, et qu’on est allé pour moi, entre guillemets, faire disparaître.

Quel est le message que vous souhaiteriez adresser aux Mauriciens, expatriés compris ?
Je veux dire à tout le peuple mauricien que je suis là pour révolutionner le système, on est là pour changer le système et je vais militer aussi pour que la diaspora ait un droit de vote à Maurice. Et que la répartition de tout ce qui est bien fait au pays soit distribuée convenablement à toutes les couches et non aux familles des ministres ou aux proches des députés ou membres du gouvernement. Il doit y avoir une bonne redistribution des richesses à tous les Mauriciens et que les droits fondamentaux et constitutionnels des Mauriciens doivent être respectés.

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1.Posté par en passant le 19/09/2020 07:34

Chapeau-bas .
Respect.
Bonne chance pour votre combat.

2.Posté par Isla vanilla le 19/09/2020 07:39

M
Aujourd'hui fête nationale à la Réunion.
Du béton va être coulé pour une route à 2 000 000 000, qui ne mène nulle part.
Imaginez si vous étiez sur notre Ile, messieur !
Et messieur, si LE FIGARO avait écrit :
Dans le document de convocation à l'audience obtenu par l'AFP mercredi, le procureur de Saint-Denis estime que Didier Robert a «fait, de mauvaise foi, des biens de cette société (la SPL - ndlr) un usage qu'il savait contraire à l'intérêt de celle-ci à des fins personnelles en l'espèce en percevant une rémunération nette de 6.800 euros par mois sans autorisation du Conseil d'administration de la société et alors que la société traversait une crise économique justifiant plusieurs licenciements».

Selon la chambre régionale des Comptes qui est à l'origine de la procédure, en août 2018, «cette rémunération a coûté, à la date du 30 juin 2018, plus de 120.000 euros brut à la SPL». La chambre avait demandé le remboursement de cette rémunération, versée «sans fondement juridique». Elle soulignait notamment que le PDG avait bénéficié d'un salaire augmenté «de 52% par rapport à (celui) de son prédécesseur».

Didier Robert avait démissionné de son poste de PDG de la SPL RMR en décembre 2018, en pleine crise des «gilets jaunes».

3.Posté par Titi974 le 19/09/2020 08:07

Entre nous, il faut informer ce môssieur qu'en france ce n'est pas mieux, il doit avoir accès à internet, de la contestation, il y en a partout, pas qu'à Maurice ou en Biélorussie ou hongkong.
Même à la Réunion où en france, il a dû voir comment les autorités ont violenté les manifestants, même tué des spectateurs.
Qu'il cherche un peu dans un moteur de recherche, il ne sera pas déçu.

4.Posté par Stéphane le 19/09/2020 06:15

ils vont le mettre en tôle

5.Posté par Le Jacobin le 19/09/2020 09:07

Il est très lucide.

6.Posté par Patzone le 19/09/2020 09:29

Chapeau bas monsieur Laurette,malheureusement l'île Maurice n'est qu'un démocratie que pour les touristes,pour beaucoup d'hindous et un peu moin pou les créoles mauricien,ce qui faut savoir la signification créole a Maurice n'est pas la même qu'à la reunion
Tien bo larg pa les camarades de Maurice.

7.Posté par Jeris le 19/09/2020 10:05

Je savais que la reunion était aussi intéressé de la politique de l'ile soeur....surement qu'on a pas assez de boulot ici....car la corruption et la merde ici il y en a un bon paquet....

8.Posté par Pécos le 19/09/2020 10:32

Dans cette ile au régime politique marxiste et totalitaire, Ce Mauricien combattant à osé défier le pouvoir mais à intérêt à faire très attention car il risque de se retrouver derrière les barreaux sans le moindre procès. Bravo Mr LAURETTE et ne lâchez rien.

9.Posté par Indira le 19/09/2020 11:14

Après 52 ans d'indépendance,difficile de changer la mentalité des gens, depuis sous le règne d'angleterre la population étaient divisées ,comme l'inde britannique.

10.Posté par La F R A N C E le 19/09/2020 11:20

'' 'Communiqué de street médics après la manifestation parisienne du 12 septembre 2020

Nous sommes une équipe de « Street Médics » nous sommes 4 et ce samedi 12 septembre 2020, nous avons fini par faire 30h de garde à vue pour un motif totalement absurde, sans raison, un motif dérisoire mais un motif grave sans fondements, ni preuves réelles.

Nous sommes arrivés sur les Champs Élysées lieu de rassemblement de ce fameux 12 septembre, nous étions dans une rue adjacente, à l’angle rue Boétie plus exactement. Il était 8h la manifestation n’avait absolument pas commencé nous avons donc décidé d’aller prendre un café. Nous avons fait 10 mètres à pied et nous sommes tombés nez à nez avec une vingtaine de FDO, à notre vue un contrôle d’identité s’engage ainsi qu’une fouille complète. Il est exactement 8h lorsque la fouille et le contrôle commencent.

Chacun de nous obéissons, nous vidons nos sacs, présentons nos papiers et déclinons notre identité. Dans nos sacs nous avions que du matériel médical et de quoi nous protéger des gaz et la tête et les yeux afin d’exercer notre rôle de « Street Médic » en toute sécurité afin de porter secours et assistance à des personnes en difficulté ou en danger. Le contrôle s’opère sous strict surveillance, chacun de nous est encadré par 3 FDO pour 1 Médic. Le contrôle se passe bien, les FDO nous rendent nos affaires et matériel de protection nous précisant de ne pas revenir sur les Champs en nous souhaitant d’ailleurs une bonne journée. Quelques secondes après le commissaire arrive et là les choses ont très mal tourné.

Le commissaire arrive, se dirige vers ses subordonnés et dit je cite en nous regardant : « Eux vous les interpellez ! »

Ses subordonnés eux-mêmes surpris lui disent que nous n’avons rien, le commissaire insiste et les FDO reviennent à notre rencontre afin de nous interpeller. Nous demandons le motif de l’interpellation. Aucune réponse.

Vers 8h45 un fourgon de la police nationale arrive et nous embarque ainsi que 1 autre « Street Médic » et un photographe. A 9h20 nous arrivons au commissariat du 14e arrondissement, d’entrée nous sommes fouillés, et nous sommes encadrés par une 10e de FDO nous avons l’obligation de garder le silence, de ne pas se parler assis sur une chaise mains sur les genoux et de regarder droit devant soi.

Chacun de nous est palpé 1 par 1 et plusieurs d’entre nous ont le droit à des réflexions déplacées je cite : "Ça pue ici, c’est vous monsieur, au lieu de venir manifester, prenez une douche " " Allez travailler le samedi, au lieu de manifester, sortez-vous les doigts du cul "

Bien après 10h certains passent devant un OPJ, qui informe qu’on est en garde vue, pour certains sans motif et d’autres sans leur donner leurs droits. Après ça nous sommes placés en cellule sans nous avoir enlevé montre, lacets etc… Certains auront leur motif de garde vue que vers 14h qui est le suivant :

« PARTICIPATIONS À UN GROUPEMENT FORMÉ EN VUE DE LA PRÉPARATION DE VIOLENCE CONTRE DES PERSONNES OU DE DESTRUCTIONS OU DE DÉGRADATION DE BIEN »

Certains n’auront que le premier et d’autres seront signalés d’un autre motif : « PORT D’ARME DE CATEGORIE A »

Nous expliquons pourquoi nous avons ce matériel car ça permet de nous protéger des gaz, le casque des éventuels projectiles qui retombent. Les talkie walkies nous servent à communiquer entre nous. Nous leur expliquons quel est notre rôle en manifestation qui est de soigner tout le monde.

A partir de 13h30/14h commencent les auditions. Avant ça chacun est passé devant quelques policiers pour fouiller nos sacs, nos poches et enlever nos lacets etc. Pendant les auditions nos appartenances religieuses, politiques, voire l’orientation sexuelle pour certains, ont été demandés. Nous n’avons pas pris d’avocats et aucun de nous a reconnu les faits qui lui étaient reprochés.

Nous sommes redirigés en cellule, on nous fouille encore et encore, certains sont même menottés au banc devant la salle de fouille. Après ça notre empreinte et notre ADN sont prises de plus un de nous a retrouvé son chapelet à la poubelle, et a exigé que les policiers le retrouvent car ceux-ci affirmaient ne pas l’avoir.

Nous sommes ensuite chacun mis en cellule en bas du poste avec 1 matelas dans des cellules avec de la merde au plafond. Du vomi sur les murs, des traces d’urine dans une odeur juste irrespirable. A 20h on vient nous chercher et on nous informe que nous sommes déférés immédiatement au Parquet.

Pendant ces 20h de GAV, certains n’ont pas eu de repas ni d’eau, certains on leur a demandé qu’une seule fois s’il veut manger ou boire. En plus de ça un collègue qui était myope, on lui a refusé de lui donner ses lunettes dans la cellule il a eu un très gros mal de crane. C’est qu’une fois arrivé au dépôt qu’il a pu voir un médecin

Arriver au dépôt certains d’entre nous ont enfin eu le droit à un repas et un verre d’eau, la nuit est plutôt calme même si un de nous a clamé son innocence une partie de la nuit. Nous nous informons que nous voyons le procureur le lendemain matin à 10h. La nuit se passe, certains de nous clament leur innocence je cite : « Je suis là pour un café, c’est incroyable, pour un café et un masque je suis là faite moi sortir, je n’ai rien fait ». Ce à quoi un surveillant lui a répondu : « Pourquoi tu hurles, t’avais qu’à pas vouloir boire ton café espèce de connard ! »

Le lendemain nous sommes réveillées à 6h30 pour le petit déjeuner en cellule : 1 jus de fruit et du riz méditerranéen

Les heures passent à 12h aucun repas. A 15h enfin nous sommes devant le procureur qui nous notifie un rappel à la loi avec interdiction de paraître sur Paris pendant 6 mois, fichage au FPR (qui peut entraîner une Fiche S) Pas forcément terroriste car les fiches S vont de S1 à S16 le terrorisme étant S14).

Pour certains le procureur leur met des coups de pression en leur disant que pendant 6 ans ils doivent plus faire de délits sinon ils iront en prison. Ce qui est totalement faux, ceci est une pression afin de nous faire peur, ceci est de l’abus. De plus le matériel saisi est différent pour chaque personne. Certaine ont eu une saisie que du masque et des lunettes d’autres le casque et d’autres les talkie…

Nous dénonçons donc par ce communiqué nos conditions de détention, ainsi que nos traitements en tant qu’humains. Nous dénonçons par ce communiqué un système judicaire et pénal totalement absurde, et nous dénonçons par ailleurs le système français qui applique des méthodes dignes d’un régime totalitaire avec des interpellations de médics et nous dénonçons aussi la garde vue d’agents de presse et la répression de la presse ainsi que les restrictions de libertés fondamentales. Nos droits les plus fondamentaux n’ont pas été respectés.

Signé par Jordan, Diego , Yohan et Christophe''' '




11.Posté par PIERRE-ERICK le 19/09/2020 12:07

Excellent Mr LAURETTE, bonne chance à vous pour mener le peuple mauricien dans ce combat. comme dit le proverbe "quand on veut , on peut " .je vous salut biens bas Monsieur......

12.Posté par Suppositoire le 19/09/2020 14:30

Et lui, s'il devient 1er Ministre Mauricien, il va instauré le communalisme Créole ?

Obama, il a fait quoi pour les Noirs aux Etats-Unis lorsqu'il était Président ? Leur condition se sont même dégradées pendant ses deux mandats...

Les Gilets jaunes en France vous proposent de changer de Président et de 1er ministre lorsque vous et eux vont manifester. Ils vous envoient leur président démocrate Macron et ses tires de LBD et en retour vous leur envoyez votre 1er ministre dictateur Jugnauth qui vous laisse manifester tranquillement...

13.Posté par zean le 19/09/2020 17:04

ce que dit ISLA VANILLA est juste
mais il faut dire aussi à ISLA VANILLA de regarder ses amis politiques ils ont fait ou font également la meme chose et meme pire

14.Posté par om17 le 19/09/2020 18:21

voir cryptobuse.over-blog.com

15.Posté par A mon avis le 19/09/2020 19:46

Qui est réellement ce Bruneau Laurette qui, à Maurice, est censé être un travailleur social, et qui prend ces airs martiaux lors des manifestations?

Il a été garde du corps de Navin Ramgoolam, ce n'est peut-être pas un hasard !

Il faut se méfier des "hommes providentiels !
Surtout quand ils tiennent de tels propos :

"J’ai beaucoup évolué dans le secteur de la sécurité maritime, dans les eaux de Somalie où nous avons des équipes. En plus, dans le paramilitaire, nous avons un code d’honneur, un code éthique donc même si on doit retourner avec une dépouille, on va le faire. On va jamais laisser un collègue sur le champ de bataille donc c’est un petit peu le combat que j’ai entrepris avec la population mauricienne, de les épauler et d’être à leurs côtés dans la rue, malgré l’adversité, malgré « David Vs Goliath », je vais le faire. "


Qui sont ces équipes dans le paramilitaire ?

"Depuis douze ans, je fais ces trajets-là. J’évolue dans les eaux de la Somalie, des Seychelles, du Kenya. Souvent je fais aussi des formations en Afrique, en termes militaires et policiers donc c’est un petit peu le quotidien que je me suis construit, qui, quelque part, m’a aidé à me forger et à avoir ce caractère de dire "non" et de se mettre debout quand il le faut. "


Formation en termes de militaires et de policiers...
combat ;... champ de bataille ; ...se mettre debout quand il faut..
Que faut-il comprendre dans tout ce jargon militaire ?

"Le combat a commencé et on ne sait pas quand il va se terminer. Mais on va se donner les moyens d’aller jusqu’au bout. On va continuer ce qu’on a commencé. "


"Moi je ne dépends pas du système mauricien, je peux bouger, faire des formations à l’extérieur."

"c’est pour ça que je vais continuer ce combat-là, au fond, même avec une équipe fantôme à l’arrière, qu’on ne voit pas. "

"Mon noyau est très minime. Ce sont des gens que je connais depuis une dizaine d’années. "


Combat, équipe fantôme à l'arrière, noyau très minime ...
Propos très militaires et plutôt inquiétants !

"Je veux garder mon combat dans le côté apolitique, ça je l’ai déjà dit et je le maintiens."



"Combat" apolitique ? Apolitique quand on veut la démission du gouvernement et surtout de PM ? gouvernement


Etonnant personnage que ce Bruneau Laurette !

16.Posté par Un Réunionnais à Maurice le 19/09/2020 20:54

Et si les Mauriciens veulent vivre de manière communautaire, qu'est-ce que ça peut lui faire à ce comique ?

Chacun sa manière de vivre, tout le monde n'a pas envie d'être métissé et de se mélanger comme à La Réunion. Les gens ne se tapent pas sur la gueule pour la religion à Maurice. Chacun pratique sa religion en toute liberté. Il y a quelques jours les Catholiques célébraient avec ferveur le pèlerinage du Père Laval, en février les Hindous vont célébrer la Maha Shivartree avec la même ferveur, et c'est de même pour la communauté Chinoise et Musulmane...

Je ne vois pas où est le problème. C'est vous l'incendiaire qui profite de l'échouage d'un pétrolier près des côtes de Maurice pour tenter de faire exploser l'harmonie qui règne entre les communautés à Maurice. C'est vous la vraie dangerosité pour Maurice, car vous cherchez à provoquer la communauté Hindoue majoritaire et lorsqu'il y aura des violences, vous allez vous faire passer pour le martyr victime des méchants Hindous communautaires.

Le PM Mauricien est trop doux, il vous faut un PM comme Macron. Deux trois tirs de lbd sur la tronche et ça clamera vos ardeur pour un bon moment !

17.Posté par Evwlyn le 20/09/2020 02:43

Pouvez-vous expliquer au public réunionnais ce que signifie le terme de "communaliser" à l’île Maurice ?
Ce qu’on fait à l’île Maurice c’est qu’on essaye de diviser pour tout ramener aux communautés et aux religions : la communauté hindoue, musulmane, catholique et autres, on essaie de segmenter. C’est juste pour pouvoir contrôler, diviser et régner.


C'est pareil en France!

18.Posté par Fidol Castre le 20/09/2020 10:55

Encore une personne incarcérée pour délit d'opinion en France cette semaine. Nous n'avons pas de leçon à donner aux autres...

19.Posté par A mon avis le 20/09/2020 11:30

@17.Posté par Evwlyn
Pour vous répondre :

Le "communalisme" mauricien est en quelque sorte un communautarisme exacerbé. C'est un système ou l'individu fait passer son appartenance à une communauté (religieuse ou ethno-religieuse), voire à une caste avant son appartenance à la nation.
(De plus à Maurice, la religion hindoue est divisée en différents courants sous-jacents à certains partis politiques.)
Cela se retrouve jusque dans la gestion politique et administrative où les partis politiques arrivant au pouvoir, par le jeu des nominations prennent la direction et donc le pouvoir dans tous les secteurs administratifs, politiques et économiques du pays. L'appartenance clanique passe avant les compétences.
Le terme "mauricianisme" proclamé par les manifestants est fabriqué en opposition àu "communalisme" mauricien.

Les manifestations actuelles reflètent ce communalisme. En effet, les manifestants sont essentiellement des Mauriciens appartenant à la "population générale" selon le terme de la classification ethnique utilisée à Maurice. (en gros " non musulmans" et "non hindous.

Les communautés religieuses ont un tel pouvoir à Maurice que le "système communal" a encore probablement de beaux jours devant lui.

20.Posté par Sisi le 20/09/2020 13:12

Post 16..... je ne savais pas qu'à la réunion, on se tapait dessus pour une histoire de religion : c'est la première fois que je lis cela

21.Posté par Un Réunionnais à Maurice le 20/09/2020 14:26

A 20 Sisi : je me suis mal exprimé, je rectifie : comme à la Réunion, les gens ne se tapent pas sur la gueule pour la religion à Maurice, et pourtant ils sont communautaires. Chacun pratique sa religion librement et chaque religion a ses jours fériés. Et le pape a préféré venir à Maurice qui est majoritairement hindou plutôt que de partir visiter la chrétienne Réunion, il a été très bien accueilli par les Catholiques et très respecté par les autres religions et est reparti très satisfait de son voyage à Maurice...

That' all !

22.Posté par A mon avis le 20/09/2020 20:31

@ 16.Posté par Un Réunionnais à Maurice : vous écrivez :
"... l'harmonie qui règne entre les communautés à Maurice."


Harmonie toute de façade et tout à fait hypocrite ?
En réalité, les relations à Maurice ne sont que de perpétuelle luttes souterraines d'influence pour tenter de prendre le pouvoir ou dominer les autres communautés. Ce n'est pas sans raison que les Mauriciens sont souvent qualifiés de "moutons" qui votent avant tout pour le représentant de leur communauté, sans se poser de questions.

Si le pape a préféré visiter Maurice plutôt que la Réunion, c'est que la concurrence est plus vive à Maurice qu'à la Réunion, et que donc il a besoin d'affirmer la présence de sa religion face aux autres ! Simple principe d'évangélisation ! Et bien sûr qu'il a été satisfait de son voyage et de la publicité faite pour sa religion ! (Il a fait un bon travail de commercial ! Le pape est un excellent communicant.)

23.Posté par Un Réunionnais à Maurice le 20/09/2020 21:32

A 22 A mon avis :

Dans ce cas, expliquez moi pourquoi un gouvernement Hindou au pouvoir qui domine les autres communautés comme vous dites éprouve t-il le besoin de faire venir un excellent communicant et évangéliste comme le pape dans son île.

Il aurait pu faire venir Amma, la sainte Mère Hindoue, pour asseoir encore davantage sa mainmise sur les autres communautés...

Comprenne qui pourra !

24.Posté par A mon avis le 21/09/2020 12:02

@23. Un Réunionnais à Maurice

Ce n'est pas le gouvernement mauricien qui a demandé au pape de venir.
Mais c'est le gouvernement mauricien qui a accepté la proposition de pape de venir à Maurice.

Les deux sont gagnants dans l'affaire : le pape qui fait sa pub évangélique dans un fief hindou ; le PM qui conforte une image de Maurice tolérante sur le plan religieux.

25.Posté par Le Penseur le 23/09/2020 20:45

Hélas, cet envoyé de Dieu pour sauver l'Ile Maurice a été arrêté le 22 septembre dernier pour émission de chèques sans provision. Il n'est pas à son coup d'essai puisqu'il a déjà été condamné en 2015 par le Tribunal de Curepipe pour des chèques en bois émis en 2012 pour une valeur d'environ 9000 € qui représente une somme d'argent importante pour les mauriciens.

Forcément, son avocat et lui crient au complot du gouvernement pour l'empêcher de parler. Peu importe, personne ne lui a obligé d'être un escroc et un récidiviste. Il a grimpé au cocotier sans se soucier de la propreté de ses fesses.

Comme on disent toujours nos ainés, Satan se déguise toujours en Dieu pour nous séduire.

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