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Société

Vices cachés dans le patrimoine de Thierry Robert


La publication du patrimoine immobilier de Thierry Robert a résolument marqué un tournant dans la transparence totale des politiques voulue par bon nombre de citoyens. Si la nature des efforts fournis "à la sueur de mon front", dixit l'élu, ne souffre d'aucune contestation, Zinfos a voulu éclairer d'une lumière nouvelle les biens acquis par celui qui deviendra le maire de Saint-Leu en 2008. Travaux sans permis de construire ou non respect des contraintes des plans d'urbanisme, le chef d'entreprise Thierry Robert cumule les entorses. Le chef d'entreprises, sûr de son travail, rappelle qu'il n'a jamais été condamné.

Par Ludovic Grondin - Publié le Mercredi 17 Avril 2013 à 06:29

En mettant cartes sur table, le chef d'entreprises oublie d'en évoquer le contentieux
En mettant cartes sur table, le chef d'entreprises oublie d'en évoquer le contentieux
Les premières accusations remontent aux premiers mois de son mandat de maire. Devant les révélations du Quotidien à l'époque, le tout jeune maire de Saint-Leu fait preuve d'un aplomb solide en confirmant avoir construit sans permis. "Effectivement, j'ai fait une construction sans permis à Piton Saint-Leu". Et "c'est vrai aussi pour le sous-sol occupé par un bar aux Avirons", dira-t-il. Sur cette seconde affirmation, c'est un immeuble composé de quatre appartements et de trois bungalows situés sur la route des poivriers (aux Avirons) qui seront construits sur une emprise de 532m2 de superficie de terrain, maximisé à  600 m2 habitables. Dans sa déclaration de patrimoine, Thierry Robert précise avoir acquis son terrain nu avant d'en entamer la construction. La manoeuvre, habile, consistait à construire en toute illégalité et d'attendre une régularisation, amende à la clé, et le chef d'entreprises en était visiblement bien conscient.

Toujours dans ses réponses accordées au Quotidien, il laissait justement transparaître la stratégie du fait accompli. Tout en souhaitant "laisser la justice faire son travail", il envisageait la menace d'une amende avec détachement. "Je paie ce que je dois payer", ajoutait-il.

Travaux d'aménagement dans les combles

En décembre 2010, ce sont des travaux au niveau des combles d'une maison située au 14 rue de Bagatelle, à Saint-Denis, qui répondent au même procédé de maximisation du plancher habitable. Encore une fois, le propriétaire, Thierry Robert, ne nie pas les travaux d'extension comme étant illégaux mais avance la raison pour laquelle selon lui les travaux engagés l'étaient sur une surface destinée à ne pas être habitée. Etonnant dans ce cas que des fenêtres et deux portes aient été ajoutées à l'endroit des combles de la bâtisse.

Contactée par nos soins à l'époque, la mairie de Saint-Denis déclarait avoir été au courant de ces travaux sans permis mais avouait ne pouvoir intervenir en l'absence de plainte d'un tiers. Position erronée puisque des cas similaires d'aménagement de combles avaient clairement fait ressortir que la mairie avait bien agi, sans qu'aucun dépôt de plainte ne soit nécessaire. L'oeuvre de Thierry Robert ne s'arrête pas là. La construction de portes et de fenêtres à l'étage sur une bâtisse située à proximité du Jardin de l'Etat et du Muséum d'Histoire naturelle devait obligatoirement passer entre les mains de l'architecte des Bâtiments de France. Pièce ultime qui manque au dossier d'un permis de rénovation de toute façon inexistant. Nous apprendrons plus tard que Thierry Robert avait déjà déposé une demande de permis pour l'aménagement de ces fameuses combles en 2003, mais que le permis lui avait été refusé, au motif du caractère protégé du secteur, et que la CINOR s'était également opposée au projet.

Un précédent au Tampon

Le 28 novembre 2003, deux agents de la police municipale du Tampon se rendent au N°30 de la rue Pedro de Mascareignas, sur dénonciation, bien avant que le jeune homme ne s'engage en politique. Difficile ici donc d'invoquer un quelconque règlement politique.

Le rapport d'infraction établit la présence de deux logements achevés en bois sous tôles dont un est déjà habité, tandis qu'un troisième de 60m2 implanté à 0,70m de la clôture (le POS prévoyant pourtant 4 mètres) était en cours d'achèvement sans qu'aucun permis de construire ne soit affiché. Vérifications faites auprès du service d'urbanisme de la mairie, aucun permis de construire n'y a été consigné, relèvent les agents assermentés.

Après avoir tenté de persuader les enquêteurs qu'une demande de permis n'était "pas nécessaire si aucune maçonnerie n'était effectuée", Thierry Robert avoue l'infraction de défaut de permis de construire le 19 juin 2004 devant les gendarmes de la brigade de Piton Saint-Leu.

Extrait du jugement de la cour d'appel du 30 avril 2009
Extrait du jugement de la cour d'appel du 30 avril 2009
La DDE rappelle à l'époque que ces habitations violent les règles d'urbanisme et leur confèrent un caractère "non régularisable". Pourtant, suite à un vice de procédure (aucun procès verbal ne reportera la date estimée de fin des travaux des habitations, ndlr), la Cour d'appel jugera "nulle" la requête portée en justice par la DDE (maintenant DEAL). Le flou entourant la prise effective du délai de prescription de 3 ans a bénéficié ici au prévenu : Thierry Robert qui devra s'acquitter d'une amende fiscale de 9.262 euros, l'équivalent de moins de six mois de revenus locatifs (1.593 euros/mois) de ces constructions sans permis. De quoi se refaire bien vite.

Résultat des courses, dix ans plus tard, le même Thierry Robert affiche sans sourciller que cet immeuble collectif (4 appartements et 3 bungalows d'une valeur de 500.000 euros) figure bien dans son patrimoine qu'il a présenté la semaine dernière à la presse.

Autre entorse à Piton Saint-Leu

Le promoteur et constructeur Thierry Robert avait déjà marqué son passage par un non-respect du permis de construire au 44, chemin Boussole à Piton Saint-Leu. Les témoins de l'époque s'en souviennent. "Le panneau affichait la construction d'une maison. A côté, il est sorti finalement la maison plus un immeuble de 5 logements !". Un bien valorisé aujourd'hui à 300.000 euros. La mairie de Saint-Leu n'avait été mise dans la confidence par un courrier anonyme que début 2008, au-delà, ou à peu de mois près, de la prescription des trois ans en matière de construction illégale. Des confidences précipitées, sans aucun doute, par l'annonce de Thierry Robert de se porter candidat aux municipales.

Des acquéreurs aux trousses aux Avirons

Un autre écueil attend le député-maire de Saint-Leu. Direction cette fois les Avirons où là encore deux étages auraient été ajoutés à la résidence Antony, rue des Poivriers. Qu'est-il reproché au chef d'entreprise ? Les quatre plaignants avaient acquis chacun un appartement et constatent à l'époque que la résidence présentait plusieurs malfaçons. Seulement six ans après l'acquisition, l'immeuble se retrouve dans un état très dégradé.

Ajoutez à cela que la résidence a une nouvelle fois franchi les termes du permis de construire. Ici, c'est plus du double de logements qui a été livré. "Il devait y être construit une dizaine de logements et il y en a plus de 22", énonçait l'avocat des plaignants à la sortie de tribunal en juin 2012. Les expertises notariées montraient que les acquéreurs avaient perdu plus de la moitié de la valeur de leur bien sur cette durée très courte des six ans.

L'irrégularité présumée dans le permis de construire de la résidence Antony avait fait l'objet d'une audience au tribunal de Saint-Pierre le 15 Juin 2012. Mais le tribunal avait jugé utile de reporter sa décision en attendant une expertise judiciaire. "Le rapport de l'expert va être rendu en fin de mois", rapporte aujourd'hui Me Francis Deffrennes, avocat des quatre acquéreurs plaignants. Sans dévoiler le contenu du rapport d'expert provisoire auquel il a eu accès, il "confirme les propos tenus lors de l'audience de juin 2012, selon lesquels la construction de la résidence a été faite en dépit du bon sens. Deux étages devaient y être construits. Résultat : il y en a quatre ! Les règles d'urbanisme n'ont pas été respectées. J'ai 53 ans, j'exerce depuis 1985, je n'ai jamais vu pareil cas en métropole", déplore l'avocat des plaignants. Selon lui, ses clients ont perdu tout bénéfice dans l'achat de leur bien. Des biens qui, en raison des malfaçons et de l'agrandissement anormal de la résidence, deviennent invendables en l'état. "L'immeuble doit être détruit", lâche Me Francis Deffrennes. "De mémoire, la valeur de chaque appartement atteignait les 200.000 euros". Aujourd'hui, leur valeur n'atteindrait pas plus de 50.000 euros (termes employés lors de l'audience de juin 2012, ndlr). Avec la remise du rapport de l'expertise judiciaire éclairée par celle d'un expert en immobilier, l'audiencement de cette affaire ne devrait pas intervenir avant quelques mois.

"Certains vont avoir du mal à trouver le sommeil dans les prochains jours", ironisait Thierry Robert la semaine dernière, après avoir mis sur la table son patrimoine. En faisant référence à d'autres élus qui ont peut-être beaucoup plus à cacher que lui, Thierry Robert a aussi oublié d'évoquer les entorses qui lui ont permis d'outrepasser les règles d'urbanisme selon la méthode éprouvée de la régularisation administrative à la suite d'amendes dont le montant ne décourage pas ses contrevenants.

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Le droit de réponse de Thierry Robert (en déplacement à Paris) :

Cher Monsieur Dupuy et lecteurs de Zinfos974,

Mis à part le fait que vous n'êtes pas un juge, vos prétendues "accusations" n'en sont pas. Elles ne sont pas davantage des révélations pour le public, qui connait déjà vos anciens articles sur le sujet, que vous tentez de réchauffer au profit de votre ami Jean Luc Poudroux récemment condamné pour concussion.

Comme chacun sait, mon casier judiciaire est vierge de toute condamnation. Est ce le cas de tout le monde !?!!!?!!!? Je constate que cet article vient au soutien de la dernière conférence de presse de Monsieur Poudroux qui, flanqué du collaborateur de Me Deffrennes, n'a pas hésité à... (NDLR : Propos censurés par Zinfos sur conseils de nos avocats car diffamatoires).

Enfin, je ne m'étonne plus de votre soutien sans faille à Monsieur Jean Luc Poudroux (NDLR : Censuré pour les mêmes raisons). J'ajoute que le sens de vos articles me concernant et par lesquels vous pensez faire preuve de transparence ont été écartés de mon profil Wikipédia car les gestionnaires de ce site ne les trouvent pas objectifs.

Meilleurs Salutations,

Bon courage à votre ami, Monsieur Poudroux, pour les municipales de 2014.

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Thierry Robert a le mérite d'être le seul élu à avoir décliné de façon détaillée son patrimoine à la population :
Vices cachés dans le patrimoine de Thierry Robert

Vices cachés dans le patrimoine de Thierry Robert



Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

4.Posté par wikicaca le 17/04/2013 07:34

ah ah ah! en plus de telephoner aux radios freddom, l'equipe de thierry Robert s'occupe de gardienner aussi sa page wikipedia.

3.Posté par fastoche le 17/04/2013 07:31

facile tres facile meme de faire du buiseness en s'asseyant sur les lois que le citoyens lambda respecte.paut il se raser trankil en se regardant dans la glace quand il pense aux malheureux proprio des avirons qui ont perdu une vie de labeur pour enrichir notre comique? il serai grand temps que l'administration mette son nez dans toutes ces affaires.a n'en pas douter pour passer a travers toutes ces mailles il doit beneficier de quelques protections.mais c'est bien connu toutes les bonnes choses ont une fin.

2.Posté par darky le 17/04/2013 05:02

pas de trace des comptes des societes de tr sur societe.com ou infogreffe..depute i respect pa la loi??

1.Posté par Mwa la pa di le 17/04/2013 06:53

Des méthodes de voyous même s'il n'a jamais été condamné ! Cela sent un peu la "mafia" Pour un député, c'est la honte d'un peuple qui vote pour ce genre de pratique.

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