Courrier des lecteurs

Vers une fin prématurée du mandat du Président Macron ?

Samedi 24 Novembre 2018 - 20:17

Vers une fin prématurée du mandat du Président Macron ?
Emmanuel Macron est de plus en plus contesté en raison de sa politique que l’on peut qualifier, sans exagération, de politique antisociale et de son manque d’empathie pour le peuple, à un moment où les inégalités entre les citoyens n’ont jamais été aussi grandes depuis le début de son quinquennat, tandis que tous les clignotants économiques et financiers sont désormais au rouge. La chute vertigineuse du Président de la République dans les sondages d’opinion et l’ampleur de la récente action contestatrice, courageuse et déterminée des « gilets jaunes » dans tout le pays sont là pour en témoigner. En raison de sa juvénilité et de son inexpérience dans le domaine de la politique, l’intéressé ne se rend pas compte que l’esprit de l’opinion publique a radicalement changé depuis son élection à la présidence de la République.
 
            Tandis que ses adversaires voient en lui un politicien pervers, psychorigide et toxique pour le peuple et n’hésitent pas, au besoin, à le brocarder en le traitant de « président dagobérien », ses partisans – certes résolus mais de moins en moins nombreux – se rassurent en disant que Macron a été élu pour un mandat de 5 ans et que, par suite, on ne saurait le renvoyer du palais doré de l’Élysée avant le terme de son quinquennat. Mais est-on bien sûr d’une telle affirmation ?
 
            Certes, Emmanuel Macron a été élu Président de la République le 7 mai 2017, sous la bannière de son mouvement « En marche ! », pour un mandat de 5 ans : ce mandat a officiellement commencé le 14 mai 2017 et son échéance est normalement fixée au 13 mai 2022. Cependant, à moins de lire l’avenir dans les boules de cristal comme la célèbre astrologue Germaine Soleil, personne ne peut dire avec certitude que le Président Macron restera effectivement au pouvoir jusqu’au 13 mai 2022. Jusqu’à la survenance de cette date limite et en raison du phénomène de l’accélération de l’histoire, bien des évènements plus ou moins dramatiques peuvent survenir en France, dans l’Union européenne et dans le reste du monde aux plans politique, économique et social et avoir, par suite, des répercussions directes sur la carrière présidentielle d’Emmanuel Macron.
 
            D’emblé, nous excluons les événement personnels qui pourraient abréger ipso facto le quinquennat présidentiel. On peut mentionner une maladie grave : ainsi, le Président de la République Georges Pompidou est mort le 2 avril 1974 d’une forme rare de leucémie avant la fin de son septennat. La fin prématurée du mandat présidentiel pourrait aussi résulter d’un accident entraînant la paralysie physique et intellectuelle du chef de l’État, sans parler de l’assassinat du locataire de l’Élysée. Faut-il ici préciser que plusieurs tentatives d’attentats contre le chef de l’État ont été déjouées sous le premier septennat du général de Gaulle, entre 1959 et 1965 ?
 
            En revanche, il a des circonstances juridiques qui résultent d’une application stricte de la Constitution et qui pourraient contraindre le Président de la République à changer de politique sous une pression populaire pérenne et paroxysmale ou à quitter le pouvoir avant l’expiration de son mandat.
 
            1) En cas de troubles graves et persistants dans le pays, comme ceux que l’on constate aujourd’hui, le Président de la République pourrait d’abord recourir au référendum prévu par l’article 11 de la Constitution. « Sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel », cet article lui permet de « soumettre au référendum tout projet de loi portant… sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent ». Si Emmanuel Macron pense qu’il a raison et qu’il doit maintenir envers et contre tous une position que ses adversaires qualifient de néfaste pour le pays, il faut qu’il donne la parole au peuple afin que celui-ci tranche en se prononçant par « oui » ou « non ». Si le peuple répond par l’affirmative, le Président a, dans ce cas, les mains libres pour poursuivre sa politique – jugée bonne ou mauvaise – jusqu’à la fin de son quinquennat. Dans l’hypothèse contraire, le Président doit aller à Canossa : il doit reconnaître qu’il a été désavoué et doit aussitôt changer de politique ou tout simplement démissionner. Voilà une première hypothèse dans laquelle Emmanuel Macron pourrait être conduit à quitter son mandat présidentiel avant le 13 mai 2022. 
 
            2) En cas de troubles graves et persistants dans le pays, comme ceux que nous constatons aujourd’hui, le Président pourrait de préférence recourir à l’article 12 de la Constitution, ainsi rédigé : « Le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents des Assemblées, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale ». Si Emmanuel Macron pense qu’il a de bonnes raisons de continuer à exonérer les riches et s’il veut poursuivre une politique que ses adversaires qualifient d’antisociale, il faut – derechef – qu’il donne la parole au peuple afin que celui-ci renouvelle l’Assemblée nationale. Si le peuple renvoie une majorité pour soutenir la politique présidentielle, Emmanuel Macron a, là encore, les mains libres pour appliquer sa politique jusqu’à la fin de son mandat. Il y a un exemple historique sous la Ve République. C’est le cas qui s’est produit le 30 mai 1968 : face à une contestation populaire sans précédent, le général de Gaulle a prononcé la dissolution de l’Assemblée nationale et a pu poursuivre, tout en l’aménageant, sa politique générale après voir renforcé sa majorité présidentielle. Dans l’hypothèse contraire, le Président qui perd sa majorité doit désigner un premier ministre parmi les partis politiques devenues majoritaires : c’est le régime bien rodé de la cohabitation. Le Président n’a pas alors d’autres possibilités que de démissionner ou d’inaugurer les chrysanthèmes. Ce cas s’est produit lorsque le Président Jacques Chirac a prononcé la dissolution de l’Assemblée nationale le 21 avril 1997 : les résultats de l’élection générale ayant donné la victoire aux formations de gauche conduite par Lionel Jospin, celui-ci a aussitôt été chargé par Jacques Chirac de former le nouveau Gouvernement.
 
            La question est de savoir si Macron est suffisamment « couillu » pour relever l’un ou l’autre de ces défis provoqués par les forces vives de la nation. Lui seul pourrait donner une réponse à cette question.
 
            3) Enfin, en vertu de l’article 68 de la Constitution, le Président de la République peut être destitué « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». La destitution est alors prononcée par le Parlement, érigé en Haute Cour. Cette juridiction statue dans un délai d’un mois et sa décision de destitution a un effet immédiat. Emmanuel Macron pourrait ainsi être destitué dans l’hypothèse d’un blocage du « fonctionnement régulier des pouvoirs publics » – en cas de refus par exemple de signer les lois votées par le Parlement – ou à la suite d’un « comportement personnel incompatible avec la dignité de la fonction » : en cas de crime, de démence constatée par le corps médical ou de propos publics inadmissibles. Certes, ce cas de figure demeure théorique tant que le Président dispose, à l’Assemblée nationale, d’une majorité présidentielle soudée. Mais il pourrait se concrétiser dans l’hypothèse où l’opposition gagne les élections à la suite d’une dissolution de l’Assemblée nationale.
 
            En conclusion, pour le protéger éventuellement contre lui-même, nous conseillons au Président Emmanuel Macron de faire preuve de pragmatisme et de ne pas dire n’importe quoi. Nous lui conseillons d’écouter les doléances d’un peuple qui souffre. Nous lui conseillons enfin et surtout de lutter contre les inégalités criardes en faisant désormais les choses à l’endroit, c’est dire en surtaxant ses amis les riches ou « premiers de cordée » et en menant une politique résolument sociale à l’égard de ceux qui sont au bas de la société. C’est bien la seule solution qui s’impose au Président « dagobérien » s’il a pour ambition d’achever son mandat à la date butoir du 13 mai 2022.
 
André ORAISON, Professeur des Universités, Juriste et politologue.
André Oraison
Lu 3209 fois




1.Posté par blacksun le 24/11/2018 21:05

La France est ingouvernable. Personne ne fait plus de 25% au premier tour
donc 75% des Français sont forcément contre le président élu.

2.Posté par JORI le 24/11/2018 21:08 (depuis mobile)

Alors que le nombre de manifestants serait moindre que samedi dernier si on y ajoute tous les casseurs, m. Oraison prétendrait qu''il y aurait des troubles graves et persistants. Et bien, comment qualifieriez vous ceux de mai 68??.

3.Posté par rickle pick le 24/11/2018 21:09

Professeur des Universités, Juriste et politologue

" d'emblé"

4.Posté par Bleu outre mer le 24/11/2018 21:24

Mr Oraison la mort est une réalité, vous ne savez pas si vous verrez le jour demain, tout cela n'est que pure spéculation.

5.Posté par Zeb BULO le 24/11/2018 22:36

Mais ce n'est pas un juriste et politologue qui doit nous rappeler quelques articles de notre bonne vieille Constitution. Ce qu'il nous faut c'est plus un spécialiste en Droit européen et en économie.
- Mitterrand - référendum 1992 - 51,04% de OUI pour le Traité de Maastricht
- Chirac - référendum 2005 - 54,67% de NON pour la Constitution européenne
- Bismute - Traité de Lisbonne 2007 - Les français viennent de se faire enfler en profondeur
C'est grâce à P. Bismute qu'il y a cette fracture entre l'élite et le peuple. Casse-toi pov'con !

Parmi les revendications, les GJ revendiquent la revalorisation du SMIC ou des salaires. Noël est proche, on peut toujours croire au Père noël. Pour info, les bulgares ont un SMIC de 235€, fonction du cours de l'euro (Bulgarie hors zone euro).
Alors pour ceux qui pensent aujourd'hui encore, que le gouvernement va faire des concessions, augmenter le SMIC, réduire ceci ou cela, je leur dis ne rêvez surtout pas ou pas trop.
Allez chercher qui est Viviane Reding.
Voici un aperçu.
La France ne fait qu'appliquer les GOPÉ, Grandes orientations de politiques économiques. Et elle ne peut s'y opposer.

6.Posté par MARTIN LANE le 25/11/2018 20:59

@ 5 Le Président Macron ne veut s'y opposer, mais le peuple ne veut, ni ne peut pas suivre . Il en est de même en Allemagne, Italie, Grèce, Chypre, Belgique.
C'est à nous, le peuple de prendre notre destin en main : et cela ne doit pas tarder . Il n'est pas question qu'un messie, gourou ou sauveur de la République ne vienne parler en notre nom.
La France est restée 10 jours sans gouvernement, la Belgique, un peu plus d'un an, sans que la terre ne s'arrête de tourner Aujourd'hui, en pleine crise, notre gouvernement est aux abonnés absents et notre Président plus intéressé par sa cote de popularité à Bruxelles que par les revendications du peuple qui l'a élu . Tout comme les élus : ne comptez pas sur eux pour améliorer votre sort, ils nous ont prouvé à quel point ils nous mentent.
Si nous n’arrêtons pas ce processus, il n'y aura plus riche ni pauvre, seulement des maîtres et des esclaves.

7.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 25/11/2018 23:24

1. Il peut aussi faire comme ces prédécesseurs, c'est à dire virer le Premier ministre (et se cacher derrière l'argument juridique français si hypocrite que c'est le Premier qui gouverne et que ce dernier s'était engagé devant le parlement ce qui le rend responsable des décisions de hausse de taxe) et nommer un autre. Du coup, nouveau délai de répit jusqu'en 2022.


2. Il peut aussi recourir à l'article 16 de la Constitution (c'est à dire à l'état d'urgence)::

« Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel.

(...)

L'Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels. (ça risque pas vu qu'il a la majorité de députés à sa botte).


...........................................


En clair, il met l'armée en alerte dans les rues et fait un gros bras d'honneur aux Français qui s'en prendront plein la tronche s'ils bronchent..

Le système politique en France est naze et il a été fait pour diriger des nazes.

La preuve? Pendant l'affaire Benalla, il a clamé à la face des français "je suis le seul responsable, venez me chercher, il n'est pas mon amant". Qui a bougé ? Qui est aller le chercher ? Même ses ennemis politiques ont baissé les yeux.

Il prendra sa claque aux européennes mais aux présidentielles, les français devront rechoisir entre LE PEN et MACRON (vu qu'en face il n'y a personne de crédible Wauquiez est un comique troupier. Au PS, il n'y a plus de leader, reste le centre peu crédible. Donc qui contre Le Pen et Macron qui se représentera ? Personne.


Et ensemble tous les médias joints à toute la basse cour politicienne diront votez MACRON pour éviter Le Pen. Ce jeu dure depuis 2002.


MACRON n'est pas le plus grand traître. Les pires fautifs et traîtres, sont les députés LREM qui ont promis de faire la politique autrement mais qui une fois élus soutiennent contre vents et marées, leur maître contre le peuple, comme la corde soutient le pendu. C'est eux qu'ils faut virer et si MACRON n'a plus de majorité, il est cuit.

8.Posté par Zeb BULO le 26/11/2018 15:16

6.Posté par MARTIN LANE le 25/11/2018 20:59
Salut. Je persiste et je signe, ce n'est pas un juriste et politologue qui doit nous faire de la prose, c'est un spécialiste en droit et en économie.
Je ne vais pas vous faire un cours d'éco, mais peut-être faudrait-il permettre à nouveau à nos banques d'État de frapper la monnaie, de la faire circuler, en jouant sur quelques curseurs (inflation, etc.) et de stimuler le marché grâce à la définition de nouveaux besoins (un actif qui obtient un emploi ou le salaire qui augmente pour un salarié, etc.)

1993 - Mitterrand : "... dernier Conseil des Ministres de 1993 : ils s'en prendront aux retraites, à la santé, à la sécurité sociale car ceux qui possèdent beaucoup veulent toujours posséder plus et les assurances privées attendent de faire main basse sur le pactole. Vous vous battrez le dos au mur. ..."
2012 - Hollande : "... il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance. ..."
C'est le monde de la finance qu'il faut détruire car aujourd'hui il est au-dessus du système États-nations, au-dessus de la démocratie. Cela impliquerait de dénoncer certains articles du Traité de Maastricht et les statuts de la BCE.
Il faudrait aussi modifier la Loi sur la transparence de la vie publique et y inclure tous les très hauts fonctionnaires de l'État (Bercy) qui pratiquent également le lobbying à outrance. Je passe par l'ÉNA (écoles des eunuques), je taffe quelques temps à Bercy, puis je pars dans le privé, histoire de donner de bons tuyaux pour permettre au privé de contourner nos lois, puis je reviens à Bercy. Et ainsi de suite. Macron et Philippe par exemple.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie

Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 13 Novembre 2019 - 09:47 Deux nouvelles du front anti-pesticides

Mercredi 13 Novembre 2019 - 09:44 Brève de Colombey les deux églises