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Communiqué

Vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement et plus rémunératrice pour les agriculteurs


Communiqué du Collectif du Pacte pour la Transition de Saint-Denis

Par Ludovic Grondin - Publié le Vendredi 16 Octobre 2020 à 16:39 | Lu 569 fois

Depuis plusieurs mois, la crise engendrée par le coronavirus a mis en lumière la vulnérabilité de la société réunionnaise. Aujourd’hui, nous savons que la première d’entre elles est probablement le manque de résilience de notre système alimentaire. En ce 16 octobre, où l’Organisation des Nations Unies (ONU), célèbre la Journée Mondiale de l’Alimentation, il nous paraît essentiel de rappeler le rôle déterminant que tient la plus grande collectivité d’outre-mer, Saint-Denis, dans la transition vers une une agriculture plus respectueuse de l’environnement, plus juste pour les agriculteurs et moins dépendantes de facteurs extérieurs.

LA SITUATION ALIMENTAIRE A LA REUNION

Pénurie d’oignons, explosion des demandes de colis alimentaires, augmentation du prix des denrées, tous les voyants sont au rouge et appellent une refonte de nos modes de production et de consommation. Dans le cadre du pacte pour la transition, 32 mesures opérationnelles élaborées par plus de 60 associations et organisations à but non lucratif, plusieurs mesures permettent de construire une stabilité alimentaire à l’échelle des territoires tout en prenant compte leurs spécificités respectives.

Le temps où La Réunion était une terre de production alimentaire excédentaire et nourrissait Maurice est révolu. Depuis la Réunion a connu des épisodes de fortes tensions.

Outre les destructions récurrentes de récoltes par les phénomènes cycloniques, notre département s’est trouvé pendant la seconde guerre mondiale en situation de forte pénurie. A l’époque, les 250 000 habitants de l’île furent contraints au rationnement.

Depuis la départementalisation, la population réunionnaise a augmenté de 344% tandis que sa production agricole n’a pas suivi cette courbe exponentielle. Aujourd’hui la réunion ne produit environ plus que la moitié de son alimentation. Les chiffres de la Chambre d’agriculture semblent pourtant encourageants : 80% des besoins en fruits frais sont
couverts, 70% pour les légumes frais. Pour la production animale, la couverture est de 50% des besoins pour le porc, la volaille, les œufs et le lait, 25% pour le bœuf.

Néanmoins, un constat doit être fait : nous ne produisons pas ou peu, les ingrédients de base de notre culture culinaire tels que le riz, les grains, l’ail, l’oignon.

De même, nous ne produisons pas l’alimentation du bétail que nous élevons. En réalité, notre capacité alimentaire est inférieure à 10% de ce que nous mangeons, comme le rappelle l’association Oasis Réunion, qui travaille depuis plusieurs années sur la thématique de l’autosuffisance alimentaire réunionnaise. Cette situation ne prend pas en compte les phénomènes climatiques intenses (fortes pluies, cyclones) qui interviennent en saison des pluies ou les ravageurs (mouches des fruits et légumes). En cas de crise, notre autonomie nous permettra -t-elle de nourrir un habitant sur dix ? Cette question a été posée par Oasis Réunion au préfet de La Réunion et maires de l’île et aucune réponse n’a été apporté à ce jour.

En effet, selon l’IEDOM, nous importons chaque année environ 900 millions d’euros de produits alimentaires issus de l’agriculture, de la pêche et de l’industrie agroalimentaires. Autant d’argent qui quitte notre île, plutôt que de circuler et de créer de la valeur localement. Un gâchis au regard de la situation de l’emploi local, de notre économie à la peine et de notre balance commerciale déficitaire.

Au regard des dépendances de notre agriculture à l’importation de pétrole, d’engrais d’origine minière et de produits phytosanitaires, une transition doit être construite sur notre île pour que l’agriculture soit plus locale, plus rémunératrice pour les agriculteurs, plus protectrice de l’environnement et moins dépendantes de facteurs extérieurs.

COMMENT LE PACTE POUR LA TRANSITION, PEUT-IL REPONDRE AUX ENJEUX LIES A L’ALIMENTATION SAINE, DURABLE ET REMUNERATRICE SUR SAINT-DENIS ?

Le Pacte pour la transition s’articule autour de trois grandes mesures pour une agriculture de proximité, respectueuse de l’environnement avec une forte valeur économique. Ces mesures, qui ont été élaborées par des citoyens et experts de l’agriculture ont été testés à l’échelle des territoires communaux et intercommunaux. Elles peuvent donc être mises en oeuvre à sur notre commune et de l’intercommunalité, avec les acteurs locaux de la filière agricole. Lors de la campagne pour les élections municipales à Saint-Denis, la maire Ericka Bareigts s’est engagée sur l’ensemble des trois mesures citées ci-dessous. Le collectif du Pacte pour la transition demande à la maire de tenir ses engagements et d’enclencher la transition alimentaire sur le chef-lieu.

MESURE #5 - Niveau d’engagement 3

Structuration des filières paysannes, bio et locales, rémunératrices pour les agriculteur. Cette mesure se traduit sur le terrain pour les collectivités locales par une aide à la structuration de filières, du ou de la productrice à le ou la consommatrice en passant par la transformation et la distribution. Elles peuvent agir tout du long de cette chaîne, en facilitant les coopérations, en soutenant l'ingénierie de co-construction de projets, en impliquant les acteurs du territoire, ou en investissant dans les infrastructures nécessaires, comme des légumeries par exemple. Les collectivités peuvent également valoriser les initiatives locales et faire connaître les points de distribution bio, locaux et solidaires auprès de leurs administré·e·s. La collectivité peut également être vigilante pour que l'offre de produits bio, locaux n'exclue pas une partie de la population en soutenant des initiatives d'accessibilité alimentaire.

Niveau 1
Faire du lien entre producteurs et consommateurs (soutien aux AMAP, organisation d'un marché des producteurs et productrices locales régulier...) et utiliser la commande publique responsable pour développer des filières locales et équitables.

Niveau 2
Appuyer la création d'une coopérative de productrices et producteurs locaux (soutien financier, technique, mise à disposition de locaux...).

Niveau 3
Mettre en place ou participer à un Projet Alimentaire Territorial prenant en compte la résilience alimentaire.

MESURE #6 - Niveau d’engagement 3

Réserver et mobiliser du foncier agricole et accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs dans une logique paysanne.

Cette mesure demande aux collectivités de geler la constructibilité des espaces verts/agricoles en ville et autour des villes et interdire toute consommation de foncier agricole et/ou naturel au travers du PLU par exemple. Elle demande également de constituer une stratégie foncière territoriale en associant Safer, Établissement Publics Fonciers, organisations professionnelles agricoles, associations et citoyen·nes afin d'initier un observatoire des terres agricoles qui permettrait de mobiliser au mieux les outils réglementaires à disposition des collectivités.

Enfin, elle peut se traduire par la participation et au soutien à l'installation agricole en investissant un Espace test Agricole et en fédérant les acteurs de l'accompagnement sur le territoire.

Niveau 1
Sécuriser l'existant : geler la constructibilité des espaces verts/agricoles en ville et autour des villes et interdire toute consommation de foncier agricole et/ou naturel.

Niveau 2
Gérer l'existant : constituer une stratégie foncière territoriale en associant Safer, Établissement Publics Fonciers, organisations professionnelles agricoles, associations et citoyen·nes afin d'initier un observatoire des terres agricoles qui permettrait de mobiliser au mieux les outils réglementaires à disposition des collectivités.

Niveau 3
Participer et soutenir l'installation agricole en investissant un Espace test Agricole et en fédérant les acteurs de l'accompagnement sur le territoire.

MESURE #7 - Niveau d’engagement 3

Proposer une alimentation biologique et/ou locale et/ou équitable, moins carnée, dans la restauration collective. Cela demande la formation et sensibilisation du personnel des cantines scolaires. Elle se traduit par la création d’une régie agricole municipale (allant d'un potager municipal, à la mise en culture de terres de centaines d'hectares appartenant à la commune) pour approvisionner la restauration collective en fruits et légumes locaux et bio. D’autres collectivités sont allés plus loin en réalisant un Créer un Projet Alimentaire Territorial qui donne une large place aux habitant·es et aux
producteur·trices dans la définition et le développement des politiques alimentaires et agricoles locales.

Niveau 1
Au moins 50% de bio et (local et/ou équitable/sous signe de qualité) et 1 repas végétarien par semaine /alternative végétarienne.

Niveau 2
Au moins 75% de bio et (local et/ou équitable) et 2 repas végétariens par semaine.

Niveau 3
Au moins 100% de bio (et local et/ou équitable) et 3 repas végétariens par semaine.

Enfin le collectif du Pacte pour la Transition de Saint-Denis réiteire son soutien la démarche des associations et collectifs locaux (Oasis Réunion, Attac, Alternatiba...) engagés depuis plusieurs années sur ce sujet et encourage les citoyens à participer à l’opération Notre Assiette pour demain du 17 octobre 2020 dans les différents villes de l’île.

#pactepourlatransition #transitionsaintdenis974
#JournéeMondialedelAlimentation

Collectif du Pacte pour la Transition de Saint-Denis




1.Posté par JORI le 16/10/2020 18:33

Avec toujours plus de subventions ou pas??.

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