Société

[VIDEO] Prison Juliette-Dodu : Un collectif craint la perte de données historiques

Vendredi 4 Août 2017 - 17:15

Le projet de construction de logements sociaux sur le site de l’ancienne prison Juliette-Dodu à Saint-Denis ne fait toujours pas l’unanimité. Pour l’association Kartier Lib, des éléments bâtis à haute valeur patrimoniale seront dénaturés, voire pire, complètement détruits. "Un non-sens historique et patrimonial" déplore l’association, qui dénonce par ailleurs le permis de démolition, qui "ne respecte pas" les préconisations des architectes des bâtiments de France.

Le collectif Kartier Lib a pris la suite de Sudel Fuma, qui travaillait à la création d’un lieu patrimonial sur le site. L’historien, décédé en 2014, souhaitait en effet transformer l’ancienne geôle dionysienne en lieu de mémoire, notamment la cellule de Furcy le non‐esclave ou encore celle d'Eli, le commandeur qui a mené la révolte des esclaves à Saint‐Leu, événement sur lequel il avait travaillé.

En effet, l’ancienne prison de la rue Juliette-Dodu possède une riche histoire. Depuis sa fondation en 1718, elle a abrité la première prison de l’île, le premier centre d’impôt ou encore la première mairie de Saint-Denis après 1789. "Cette geôle de Saint-Denis renferme des traces majeures et uniques de l’histoire de La Réunion. Nous avons devant nous des élévations parmi les plus anciennes du chef-lieu", lance Patrice Pongérard, anthropologue et consultant en ingénierie culturelle. "Sous un bâtiment classé en zone protégée, nous allons détruire notre histoire. C’est un non-sens historique et patrimonial", regrette-t-il.


"On veut bien garder du passé ce qui est riche..."


D’autant plus pour Patrice Pongérard que "le site de l’ancienne geôle est un haut lieu de l’histoire de l’esclavage". "Les marrons et les esclaves soumis à une peine d’incarcération étaient enfermés ici. Les murs sont encore là. Au fur et à mesure que nous avançons, on nous dit qu’il sera protégé mais il y a un simulacre de préservation. Pour construire son histoire, il faut garder la matérialité pour que les citoyens aient des preuves probantes et des preuve pour leur histoire. N’oublions pas que Saint-Denis est une ville d’arts et d’histoire et a pour devoir de préserver son histoire. On est sur une aire protégée dans le cadre de la loi des monuments historiques et on va détruire des élévations qui ont 250 ans d’histoire…Il faut croire que nous avons une préservation culturelle bourgeoise. On veut bien garder du passé ce qui est riche mais pas garder celui des résistants", dénonce l’anthropologue.

L’établissement, fondé en 1718, a fermé ses portes en 2008. Lors de cette fermeture, un appel à candidature pour la cession de ce bien patrimonial, classé au monuments historiques, a été lancé par l’État. C’est la SHLMR qui avait remporté la mise en juin 2014 pour un montant de 1,9 million d’euros, pour la réalisation de dizaines de logements sociaux.
 

Patrice Pongérard : "Cette geôle de Saint-Denis recèle des traces majeures et uniques de l’histoire de La Réunion"
Patrice Pongérard : "Cette geôle de Saint-Denis recèle des traces majeures et uniques de l’histoire de La Réunion"
Si le collectif Kartier Lib "ne s’oppose pas" à la construction de logements sociaux, il déplore la "destruction de traces matérielles" et notamment des élévations et du "sous‐sol" de l’ancien lieu carcéral. Dans une pétition en ligne lancée sur Avaaz, le collectif propose de préserver "des éléments remarquables participant de la conservation d’un environnement mémoriel propre à incarner l’esprit des lieux d’un futur Centre d’Interprétation pour une lecture postcoloniale de la logique de l’enfermement". Un lieu qui est "le seul témoin tangible de la pratique de l’incarcération publique de la période esclavagiste sur l’île".

"Une réunion s’est tenue en décembre 2015 avec la députée Ericka Bareigts où toutes les parties étaient présentes sauf l’État. Nous nous sommes rapprochés du CREFOM qui a rencontré le préfet de l’époque, Dominique Sorain. C’est là que le représentant de l’Etat a vu l’intérêt de préservation de cet espace pour en faire un lieu de mémoire", explique la présidente du collectif, Marie Lyne Champigneul.

Après de multiples rencontres, notamment au ministère de l’Outre-Mer ou avec d’autres institutions de l’Etat, Kartier Lib rencontre la SHLMR, "qui nous a proposé un bâtiment de 315 m2". "Leur projet n’est pas bon. On peut faire des aménagements urbains mais sans porter atteinte à l’intégrité patrimonial. Nous demandons à ce qu’il y ait un espace public qui préserve des éléments", poursuit la présidente du collectif.

Kartier Lib a en sa possession une copie du permis de démolition, reçu le 24 juillet dernier. "Nous avons un délai de 2 mois, pour déposer un recours au tribunal administratif", ajoute Marie Lyne Champigneul. Le collectif s’interroge en effet sur les préconisations de l’architecte des bâtiments de France, "qui émet un avis favorable sur un projet non-conforme". "Nous sommes toujours en réflexion. Pour le moment, nous avons remis un dossier à la députée Nathalie Bassire et au président de la Région Réunion, qui sont sensibles aux éléments que nous partageons", termine-t-elle.

samuel.irlepenne@zinfos974.com
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1.Posté par klod le 04/08/2017 18:41

"la perte de données historiques "ben , hin ? .................. l'histoire .........

"making history , theire is no mystery" ..lkj posse ............ yes I

je dis ça , je souffle dans un violon et je "seme à tous vents "comme dit Larousse .............. une histoire et une seule , pas d'interprétation .

en 21456 ?


2.Posté par Titi or not Titi le 04/08/2017 19:04

On Devrait Réhabilité Le Batiment Pour Nos
Zélus !! 😄😄
Ça Servirait D'Exemple Et Ils Nous Coûteraient Bien
Moins Chères À La Société ! 😜

On Y Gagnerait En Pouvoir D'Achat, Baisse Des Taxes / Zimpôts ...

ANouLa©®

3.Posté par Dolly Prane le 04/08/2017 22:03

Quelles données historiques ...ce lieu pour "gratels" ..., rase cette verrue et fait parking souplé pour dynamiser le centre ville
ou comme 2 une réhabilitation pour nos zélus a commence par .......

4.Posté par A moin ca le 05/08/2017 08:25 (depuis mobile)

Tous a fait d accord,pour les elus ,
Certain i ca va entré bientot ,UN maire de l ouest .
Retour au bercail😁😁

5.Posté par Dolly Prane le 05/08/2017 12:40

En effet, l’ancienne prison de la rue Juliette-Dodu possède une riche histoire......

Sous un bâtiment classé en zone protégée, nous allons détruire notre histoire. C’est un non-sens historique et patrimonial", regrette-t-il.

Comment encenser un lieu pour GRATEL voila une raison que les GRATELS s'y plaisent

A nous quand nou té petit : quand nous té passe devant Cayenne nous lavé tellement peur que nous té préfère tourna la terre vers cimetière

Juge pas si Mrs. SALVAN - ESPARTON - BOYER - DORO té y sort la tremblade té monte si nous ...té domoun respecté

Puis une crainte de lés retrouver si ou té travaille pas lécol et ou té fé le couillon

Maintenant garde-chiourme et la police la peur GRATELS ....
Evidemment avec des inepties et le blablabla qu'on fait autour d'un lieu que devrait être redouté ..au lieu d'un parking pour dynamiser le centre ville faire des créations d'emploi justement pour éviter les graters ki qui circulent en vêtement de marque dans la rue Maréchal Leclerc viennent grossir DOMINZO qui sera dans cent par des pseudos historiens des lieux encensés

Protège plutôt band ti boutique qui disparaît dans la capitale .....

6.Posté par aujourd'hui c'est demain le 05/08/2017 16:10

Encore un donneur de leçons sur-rémunéré qui veut mettre La Réunion sous cloche en étalant ses connaissances ?

Bienvenu chez les zombies qui voient leur avenir sombre, dans un brillant passé !!!

7.Posté par Pamphlétaire le 06/08/2017 08:44

Il vaudrait mieux réinstaller la peine capitale comme sanction pour des crimes : il est prouvé à 100% que les condamnés exécutés n'ont jamais récidivé...

8.Posté par yabos le 06/08/2017 13:37

Vivons dans le présent (sans pour autant oublier le passé) Par contre ne soyons pas prisonnier d'un passé quelqu'il soit et adaptons nous aux besoins actuels. Cet espace peut être très utile à la population actuelle et utilisons le intelligemment. En l'espèce une prison reste une prison et n'est pas un exemple positif pour quiconque.

9.Posté par li le 07/08/2017 13:05

En Maitropolite, au nom de la Mémoire, on garde trace des bâtiments imprégnés d Histoire. A la Réunion, on ne garde que les demeures des ex grands maîtres on minimise on dissimule on enfouit .
Un jour, on nous dira il n y a jamais eu d'esclaves ni d engagés à la Réunion. Juste des entrepreneurs de Grand nom.

10.Posté par Adrian le 08/08/2017 06:54

Bonjour,

Nos commentateurs font l'impasse majeure sur l'exploitation du patrimoine comme témoins historiques dans de nombreux pays. Robben Island, Alcatraz, prison Irlandaise, le bagne de Cayenne.. sont autant de lieux de mémoires, que de musées. Chaque pays fait en sorte que son patrimoine soit sauvegardé et visitable.
Depuis mon installation récente dans ce beau pays, je déplore que cette petite ile est incapable de prendre en compte un patrimoine dont les murs remontent au 18 ième siècle.
Le déni de l'histoire,son révisionnisme semble être monnaie courante ici!
Je ne suis pas réunionnais certes, mais encourage ce collectif dans son entreprise. Il est bien que certain "autochtones" aient pris conscience de la valeur de leur patrimoine.

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