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Université: Un autre recours pour exiger un administrateur provisoire?

Mardi 18 Septembre 2012 - 18:10

Après la décision du tribunal administratif, le 10 septembre dernier, d'annuler les élections des Conseils de l'Université, de nouvelles élections se profilent, le 17 octobre prochain, sous la houlette d'une commission électorale. Mais pour Philippe Jean-Pierre, de la liste "Refonder l'Université de la Réunion", le compte n'y est pas. Il dénonce le fait que le président de l'Université, Mohamed Rochdi, soit toujours en poste et que la commission électorale en charge de mettre en place des nouvelles élections ne tienne pas compte de cette problématique. "On a du mal à comprendre qu'une décision de justice reste sans effet", explique celui qui dénonce un "imbroglio technico-juridico administratif".


Université: Un autre recours pour exiger un administrateur provisoire?
"Toute élection ne peut pas se dérouler en présence de l'équipe actuelle au pouvoir", explique Philippe Jean-Pierre, professeur d'économie et tête de liste de "Refonder l'Université de la Réunion" pour les élections à la présidence de l'Université de la Réunion. Care l'élection à la présidence prend de plus en plus l'allure d'un mauvais feuilleton.

Le 10 septembre dernier, le tribunal administratif de Saint-Denis annule les élections des Conseils de l'Université. "On ne sait pas ce qui se passe et pourquoi on le maintient en place ? Pourquoi reste-t-il et pourquoi les autorités ne font rien ?", s'interroge Philippe Jean-Pierre au sujet de Mohamed Rochdi, président sortant réélu avant l'annulation. Car après l'annulation des élections, le recteur de l'académie de la Réunion devait nommer un administrateur provisoire. Sauf qu'à défaut d'administrateur dûment nommé, l'équipe de la présidence actuelle reste en place. Une des nouveautés vient d'une date avancée, mais qui reste à confirmer, par le rectorat pour l'organisation des élections: le 17 octobre prochain.

Dans cette optique, une commission électorale doit être mise en place. Pour gérer cette commission, une personne doit être désignée : un médiateur. "J'ai été contacté par Patrick Hervé", explique Philippe Jean-Pierre. Une personne bien connue pour avoir mené une mission similaire lors des élections au conseil d'administration de l'Université en 2008. "La même situation qu'en 2008, avec les mêmes acteurs et le même arbitre, on va arriver au même résultat", déplore-t-il. Hors de question pour le candidat de la liste Refonder l'Université de voir Mohamed Rochdi "conserver ses prérogatives et ses pouvoirs". Mais au-delà de cette situation, une "pression" émanerait de plus haut sur le candidat Jean-Pierre.

Des pressions du ministère de l'Enseignement supérieur et un nouveau recours ?

"On a la volonté de nous faire comprendre depuis quelques jours que cette commission électorale va gérer les élections (…) J'ai reçu un coup de fil du cabinet du ministère de l'Enseignement supérieur où on m'a bien fait comprendre de rentrer dans le rang, en acceptant la présidence de Rochdi et la commission électorale", explique Philippe Jean-Pierre. C'est que l'annulation de l'élection des Conseils touche au-delà même de la présidence de l'Université. Dans le cadre de la loi LRU (Libertés et responsabilités des Universités) relative à l'autonomie des Universités, existe le volet RCE pour Responsabilités et Compétences Elargies (ndlr: qui prévoit de transférer des responsabilités sur la paie des personnels titulaires, l'accroissement des compétences en matière de gestion de personnels…). Or cette loi doit s'appliquer le 1er janvier 2013 à l'Université de la Réunion… et le ministère ne souhaite visiblement pas de retard. "Mais quid de l'Université Autonome si le ministère prend directement les décisions ?", souligne Phlippe Jean-Pierre.

Mais pas question pour le candidat d'en rester là. Il prend pour exemple la décision du recteur de l'académie de Dijon, là aussi après l'annulation des élections de Conseil suite à une décision du tribunal administratif, de nommer un administrateur provisoire à la tête de l'Université dijonnaise. "La situation actuelle est sans précédent (…). Je veux que l'on reparte sur des élections sereines et non contestables et je demande au recteur de la Réunion (ndlr : Mostafa Fourar) d'appliquer la même décision qu'à Dijon", insiste Philippe Jean-Pierre. Le chef de file de la liste "Refonder l'Université" pourrait agiter la menace d'un nouveau recours au tribunal administratif "si et seulement si" Mohamed Rochdi n'est pas remplacé par un administrateur provisoire. "Pour que ce soit accepté, le processus doit être acceptable", précise-t-il.

En attendant, Philippe Jean-Pierre a voulu lancer un message aux étudiants. "Les règles doivent être respectées. Aux étudiants, pas d'inquiétudes à avoir, les instances administratives continuent d'être assurées . Mais je ne peux pas dire, en tant que professeur, aux étudiants, dans cette Université tu t'assois sur les règles et le droit. Je le rappelle, refondre ne sera pas un ajustement de la loi", conclut-il.
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1.Posté par Delta le 18/09/2012 23:07

Vous avez raison :
MR doit partir c'est une question de droit , morale serait un trop gros mot .

2.Posté par momo le terrible le 18/09/2012 23:35

Je ne comprends pas cet adversaire... J'ai appelé mes amis (de métropole, de Paris, de Strasbourg,...) pour que le ministre de la Rigolade Supérieure me laisse me faire réélire.... Mais il ne veut pas, parbleu ! Pourtant mon pote Patrick est prêt à bourrer les urnes avec moi en contrepartie de ....
Sinon, je vais proposer à ce que soit nommé un ancien président : Mohaaaamed Rochdi lui même !
J'ai les choses en main, moi !
Élections annulées ou pas, je suis président à vie je vous dit !
Et puis le 17 octobre, c'est demain, les listes électorales sont déjà faites : ce sont mes électeurs : ceux de PJP sont déjà rayés de la carte ou expulsés !
Vive Momo 1er à vie !

3.Posté par DEMOCRATIE SERVICE PUBLIC LO VRAI le 19/09/2012 08:05

Dans quelle collectivité , sous quelle période de l'histoire a-t-on vu un élu dont l'élection est annulée être désigné par les autorités pour organiser les nouvelles élections?
De qui se moque-t-on?
Le Recteur , si c'est lui , qui est à l'origine de cette décision n'a-t-il pas de comptes à rendre?
M Jean-Pierre vous avez raison de poursuivre votre combat et ces individus .

4.Posté par Faux Turpin mais vrais mercenaires le 19/09/2012 08:11

Je constate que les Faux Turpin , mais vrais mercenaires, qui ne sont jamais avares de lettres dans les courriers des lecteurs ou de commentaires ici même, sont aux abonnés absents.
Pas même pour crier "victoire"!
Sont-ils aux abris parce qu'ils craignent la suite?
Sont-ils aux abris parce qu'ils fomentent des opérations?
Les jours qui viennent nous le diront.
En attendant la première victoire du Droit doit en amener d'autres .

5.Posté par Professeur Maboule le 19/09/2012 16:33

Monsieur Rochdi ne démissionne pas! Est-ce un scoop? Non! Il fallait s'y attendre!

6.Posté par Horatio le 19/09/2012 18:24

Mais où va donc l'Université de cette région ?
Un président qui s'accroche coûte que coûte à son poste. Ceci dit en passant, belle image de respect des électeurs, un democrate sans aucun doute!! Son élection est annulée. Il doit repasser par les urnes pour être president.
Et tout cela se fait avec l'argent de nos impots, sur le dos des etudiants. La Réunion et sa jeunesse n'ont pas mérité cela.
Mais il n'y a plus un politique à la Réunion que cela intéresse de donner à la population les moyens de se former convenablement ? Car les élus sont absents de cette histoire et laissent faire.

Il faut siffler la fin de la récré et remettre M Rochdi à sa place à savoir un simple enseignant de fac.

7.Posté par Amphi 2 le 20/09/2012 01:00

Rochdi est Président pour 4 ans point la ligne. C'est juridique et c'est définitif. On aura donc des élections pour les conseils. Je sens que PJP est moins intéressé tout d'un coup, non? Car même si sa liste gagne, il ne sera pas président. Pauvre calimero de PJP....

8.Posté par Parisienne974 le 20/09/2012 08:17

Je suis surprise du silence des médias des politiques concernant cette affaire. Pauvres étudiants nous sommes avant dernier dans le classement des universités et ça va continuer. Nos politiques sont dans cette magouille et le RECTEUR il court dans tous les sens trop peur de se faire éjecter de son fauteuil. Mais ce gouvernement se moque de nous et nous prends pour des toutous. Osez demander à monsieur Jean Pierre de rentrer dans les rangs mais peuple réunionnais nous sommes entrain de reculer nous sommes aux ordres de Paris pour protéger Rochdi car ce personnage à des "Amis" au ministère. on s'asseoie sur une décision du tribunal alors que dans les universités qui sont dans la même situation que nous on a nommé Administrateur. ICI C'EST LA DICDATURE......... MERCI MUSTAPHA MERCI A NOS ÉLUS MERCI MONSIEUR LE MINISTRE C'EST UNE GOUVERNANCE NORMALE

9.Posté par Res Publica le 20/09/2012 21:31

1. On ne discute pas une décision de justice.
2. Le principe de séparation des pouvoirs interdit au Ministère et au Recteur de faire leur carry pour maintenir Rochdi au pouvoir, en bafouant la justice de la République.

Comment, l'élection des conseils étant invalidée, celle du Président peut-elle tenir ???? Le Président a été élu par un Conseil d'Administration invalidé... Il y a un truc qui cloche, non ??!! Le nouveau CA, issu des nouvelles élections prévues le 17 octobre, élira-t-il ou non son Président ??!! Les mandats du CA et du Président sont, selon la loi, concomitants... Comprenne qui pourra.

Il est temps que les journalistes fassent leur boulot et relatent ce qui se passe à l'Université de La Réunion...

10.Posté par Horatio le 20/09/2012 21:52

@7 c'est marrant comme raisonnement. Mr Rochdi est élu avec des électeurs mal élus (car les élections ont été faussées, c'est le Tribunal qui le dit). C'est à dire qu'ils ont fait des choix alors qu'ils occupaient une place qui n'était pas la leur. Par conséquent, leur choix est sans valeur. M. Rochdi a été élu par des fantômes. En bon démocrate qu'il est. C'est une formalité pour lui de retourner devant les électeurs. Pourquoi s'accrocher comme cela à son fauteuil ? C'est louche non ?
Tout cela fait penser à un match de foot dans lequel, il y a un but d'inscrit, l'arbitre siffle hors-jeu. Et le joueur qui a marqué fait le tour du terrain en criant victoire. C'est à peu près ce qui se passe à l'Université.
Oh Il faut revenir, on est en république ! J'espère que l'Université va vivre son printemps "arabe" pour la démocratie et la liberté.

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