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Faits-divers

Une vieille mère martyrisée par son fils, pur génie de la malfaisance !


Correctionnelle mardi 23 juin 2020 - J-H Alamèle, 48 ans, Saint-André, ne savait plus quoi inventer pour torturer sa vieille mère, âgée d’une bonne septantaine. On se demande bien pourquoi en voyant arriver la pauvre vieille au tribunal : il faut quasiment la porter pour qu’elle parvienne au banc des témoins.

Par - Publié le Mardi 23 Juin 2020 à 17:51 | Lu 6719 fois

Lui, on ne le verra pas pour la simple et bonne raison qu’il est en villégiature à Domenjod. C’est donc par visioconférence que ses juges se sont entretenus avec lui : y’a de la COVID dans l’air, les enfants. Un poème, cette télé géante mais je vous le raconterai après.

Une inventivité mauvaise défiant l’imagination

Lorsque le président Molié lui demande s’il a un avocat, Alamèle répond que « non ! je suis seul ». Snifff !

Seul ? Pas si souvent que ça si on compte, selon les témoignages unanimes, dont ceux de sa famille, les nombreuses fois où il était en compagnie d’une certaine Dive… bouteille, si vous voyez… à savoir quasiment tous les jours que Bacchus fait.

La télé géante de la visioconférence commence à faire des siennes. Craquements, crachotements, bruits suspects… « Vous nous entendez, monsieur Alamèle ? - Ben oui ! -  Ah ! Parce que nous, on ne vous entend plus du tout ». Réglages effectués, le son revient clair et net.

Le problème, avec cet accusé-là, c’est que s’il boit, ce qui est son droit constitutionnel le plus strict, il a l’alcool mauvais. Une ivresse qui, loin d’amoindrir ses facultés, lui confère plutôt une sorte de génie dans la méchanceté, surtout envers sa famille et, principalement, envers sa vieille maman chez qui il habite. Forcément puisqu’il n’a ni boulot ni revenu, exception faite de ce RSA salvateur de bien des crapules. Un RSA qui ne profite qu’à lui-même. Ivre à longueur de journée, essentiellement le soir, où son ingéniosité ignominieuse se déchaîne.

« Moin la pas comme ça, moin ! »

Au fur et à mesure que le président Molié énonce la liste des méfaits reprochés à Alamèle, on se tasse un peu plus sur sa chaise…
Sous le fumeux prétexte qu’il voulait un bout de terrain sur le modeste domaine que sa vieille mère avait reçu de sa famille, il lui en a fait voir chaque jour et c’est miracle qu’elle soit encore vivante.

Il l’a tout simplement menacée de la tuer si elle ne quittait pas La Réunion. Puis, un autre soir, il lui a carrément fracassé une chaise sur les épaules. Pour faire bon poids, il a également répandu de l’huile par terre, un peu dans toutes les pièces, sans doute pour l’aider à se casser le col du fémur ?

« Koça zot i reproche à moin en fin de compte ? Parce que voilà… voilà… voilà… moin la pas comme ça, moin. En fin de compte… en fin de compte… en fin de compte… ça, l’alcool, ça ! La colère i monte, i monte… » comme la petite bébête de la comptine… en fin de compte.

Dans sa plainte auprès du Procureur, la vieille dame donne une description très précise, exhaustive des mauvais traitement subis par elle.

« Il a même tapé le chien ! »

Il va menacer la victime de « foutre le feu dans la case ». Puis, comble de l’horreur, « de la faire violer par des inconnus ! » Un autre jour, il menace sa mère avec un couteau « si elle ne quitte pas la maison ». Tenaillée par une peur atroce, la vieille femme ira plusieurs fois dormir dans un champ de cannes voisin tant les menaces se font de plus en plus dures. Un autre jour, il la bouscule si fortement que la vieille chute et en ressort handicapée.

La soeur du tortionnaire vient souvent aider sa maman ; l’occasion de constater les hématomes que celle-ci porte un peu partout. « Il a, certaines fois, pissé sur son lit, rien que pour l’embêter ! Il a même tapé le chien auquel il a donné des coups de couteau ».

Lorsque bonhomme en assez de toujours s’en prendre à sa mère, il se rabat sur sa belle-soeur, laquelle a la malchance insigne d’habiter de l’autre côté de la clôture. Jets de galets sur son toit et, le dimanche, musique à fond. La belle-soeur et les siens sont obligés de s’enfuir chaque dimanche ou presque. Presque car il y a parfois des accalmies ; par exemple quand il dort la journée, assommé par ses copieuses libations du samedi soir.

Confiné ? Oui ! Sobre ? Jamais !

Les fois où il a fini de dilapider son RSA, Alamèle vole des objets à sa mère et les revend pour se payer à boire… et arroser quelquefois ses potes en libations.

Bien entendu, à travers son écran géant, Alamèle conteste tout. Elle est tombée ? « Une bousculade involontaire », juste une bousculade involontaire… en fin de compte.

Pendant le confinement, ce dangereux alambic a continué d’habiter chez sa mère, ce qui n’a guère arrangé les choses. Puis est allé chez une ex-concubine qui a fini par le lourder sous le simple prétexte qu’il était ivre, pété, beurré comme un P’Ti LU chaque soir et, logique, devenait violent. Confiné, oui mais faut pas perdre de vue les choses de la vie, quand même. Confiné oui mais sobre jamais. Il a donc pris des libertés assez grandes pour aller se procurer à boire. Mais où donc, grands dieux, puisque les boutiques et bars étaient fermés. À coeur vaillant rien d’impossible. Si Baden Powell entendait ça… 

Puis, contre tous les avertissements légaux, il est retourné martyriser sa proie favorite. N’en pouvant plus de se faire battre et menacer de mort (et plus si affinités), la vieille maman a porté plainte et le Alamèle s’est retrouvé en contrôle judiciaire en mai de cette année. Contrôle dont il n’a pas respecté les règles : Eh ! les brumes éthyliques, ça vous enfume la compréhension. S’il fallait tenir compte de ce que disent les juges, où irait-on, je vous l’demande un peu. Les forces de l’ordre l’ont enchristé alors que, brûlé comme une savate, il semait un souk pas possible chez sa maman. Levée du contrôle judiciaire il y a à peine une semaine ;  aller-simple pour le 4-étoiles de Domenjod.

Le martyre pour quelques mètres-carrés

Sur la télé géante, Alamèle se défend comme un beau diable, bégaie, bafouille, gémit. La victime, c’est lui, bonsanmécébiensur !
« On m’a tapé avec des morceaux de fer mais moi, j’ai jamais porté plainte ! » Paraît qu’il n’y a pas meilleurs comédiens que les alcooliques et les drogués. Ben lui, il tirerait des larmes au plus vicieux des comédiens du Nil. Eh, Président, faut l’inscrire au Cours-Simon, le Bébel !

« Que pensez-vous de votre attitude envers votre mère ? » lui demande logiquement le président Molié. « C’est inacceptable, je sais », finit-il par admettre du bout des lèvres. « Mais… en fin de compte… si j’étais seul… »

Et là, on comprend que tout l’intérêt que le Alamèle trouve à cette confrontation judiciaire, c’est le bout de terrain qu’il voudrait soutirer à sa mère : « Lorsque vous sortirez de prison, un jour où l’autre, lui demande le président Molié, où irez-vous habiter ? » - « Il y a le terrain familial. Jus’ in’ place po moin habite dessus ».

Cette pauvre femme a enduré le martyre, des années durant, rien que pour quelques mètres-carrés. Oté !… Ben où ça nous vive don ?
La vieille dame ne voulait pas, en dépit de sa plainte, se faire de l’argent sur le dos de son fils. Elle et sa fille ont même accepté de lui céder une parcelle. Si ça, c’est pas de l’amour maternel… Son avocat a juste réclamé 800 euros pour le dommage moral.

Pendant que les juges se retiraient pour leur délibéré, on a eu droit, dans une salle correctionnelle silencieuse et très clairsemée, à un festival son sans lumière de la part de ce grand écran : la télé s’est mise à émettre des incongruités, elle a râlé, elle a soufflé comme dans les 40è, elle a pété (oui, je sais et je m’excuse mais c’est ce qu’elle a fait), elle a roté, et a émis des gémissements plus du style Emmanuelle que Correctionnelle.

Finalement, l’autre salopard s’en tire à bon compte : 12 mois de gnouf dont 6 avec sursis, obligation de soins anti-rhum-charrette, interdiction de ceci et cela… « Vous pouvez appeler votre surveillant et regagner votre cellule », lui confirme le président Molié.
Perso, je l’aurais expédié dans une cellule non chauffée aux îles Crozet. Mais c’est un avis très (trop ?) personnel. Car « des coups et des douleurs », n’est-ce pas…


Jules Bénard
Le plus ancien de l’équipe ; la mémoire de Zinfos. Jules Bénard, globe-trotter et touche-à-tout... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Choupette le 23/06/2020 18:24

Bon, la vieille dame assume cette progéniture maléfique.

Peut-être qu'un petit cachet qui fait tout oublier et hop un aller simple pour la Métropole lui ferait voir la vie autrement.

2.Posté par Bénard le 23/06/2020 19:31

À POSTÉ 1 " Choupette" :
Je ne comprends pas votre "intervention"....
Vous êtes, d'ordinaire, plus claire dans votre expression.

3.Posté par K''''rine le 23/06/2020 20:41

Bonjour M.Jules BENARD,
Bravo pour votre article...vraiment excellent. J'ai ri mais ri bien que le fait divers soit douloureux. En tout cas, j'avais l'impression d'y avoir été à cette correctionnelle.
Article piquant, corrosif, drôle, intelligent...brillant...Merci Monsieur Jules BENARD.

4.Posté par baltazar le 23/06/2020 21:30

Drole d article il y a presque trop de commentaires
et avis persos de la part de l auteur
comme s i il n y avait pas de séparation entre l histoire
les faits et les commentaires avis
purement personel
a croire que le recul et la distance professionel n existe tout simplement pas
entre l auteur et les gens de cette triste histoire .
pourquoi ne pas juste raconter les faits sans touche perso et avis perso?

5.Posté par Bénard le 24/06/2020 01:31

à posté ' "BALTAZAR" :
VOUS CONNAISSEZ LA GRAMMAIRE FRANÇAISE ?
Alors, je vous prie, écrivez-moi en français et je vous répondrai en français.
Parce que là, vous maniez à merveille un patagon que je maitrise mal...

6.Posté par Bénard le 24/06/2020 08:13

à posté 4 "balthazar" :

Mes collègues de la presse écrite font déjà un excellent boulot dans le sens que vous dites.
À quoi donc servirait-il que je ré-écrive la même chose dans le même style, je vous le demande ?
J'y mets de la dérision parce que... bon, je l'ai déjà dit.
Désolé que cela ne vous plaise pas, très cher.
Bien cordialement.

7.Posté par Kayam le 24/06/2020 10:59

@K''''rine

Chui p'tète rabat-joie sur s'coup-là, mais c'est d'une tristesse ! alors en rire ?

Avoir encore une maman âgée de 70 ans ou + et même en avoir une tout simplement... tout simplement...oui ! tout simplement ! quelque soit son âge, ridée, édentée aux cheveux rares et blancs : c'est un privilège qui n'est pas donné à tout le monde, et cela doit être le + beau cadeau !
J'ai toujours le cœur qui fond pour une maman qui souffre et dans cet article, même la parodie qu'a faite la télé ne m'a pas fait sourire et les mots clés retenus qui ont accompagné ma lecture ont été "mère martyrisée"

Chacun sa manière de voir et d'être hein.😟

🤔Dans les 70 ans à monter...c'est si "vieille" que ça ? C'est inquiétant de savoir que les djeunes vont nous traiter comme ça dans quelques décennies !
Bon ! faut aller se badigeonner à l'Aloe vera...mieux vaut prévenir que guérir et atténuer les signes de "vieille"👵

8.Posté par Choupette le 24/06/2020 13:12

2.Posté par Bénard

Euh ..., je ne comprends pas ce que vous ne comprenez pas ... .

C'est pourtant pas difficile.

Quelqu'un de bonne volonté lui donne un petit cachet à ce fils malfaisant; puis on le met (le fils) dans un avion et il se réveille en métropole.

Il reviendra quand il aura décidé de devenir un homme responsable. L'éloignement ne peut que lui faire du bien à lui et à sa famille ... .

C'est plus mieux, là ?

9.Posté par baltazar pour post 5 le 24/06/2020 19:27

pour post 5
je n ai pas cette pretention hélas
on ne peut pas etre bon dans tout les domaines
la relecture et les divers corrections sont un luxe que je ne m autorise qu en cas de
réél interet ce qui n est vixiblement pas le cas pour ce genre de torchon qui ferait pleurer moliére .
Aprés c est sur on peut toujours faire de jolie détours et de longues phrases compliqués
pour gonfler son égocentrisme et une histoire a la base simple et sans rééls interets.

10.Posté par Èsèmès le 24/06/2020 20:41

Journaliste c’est un VRAI métier en fait. Et là je pense avoir lu une histoire racontée par un gars au bistrot d’en face.
Ce n’est pas donné à tout le monde de narrer une audience sans parti pris et dans le respect de la personne aussi coupable qu’elle puisse l’être à vos yeux « bouchés » par un ego anormalement démesuré.
Bref je vous le redis. Le journalisme c’est un VRAI métier. Ce n’est visiblement pas le votre.
Longue vie aux vrais journalistes

11.Posté par K''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''rine le 24/06/2020 22:26

@ Kayam :
Au risque d'être redondant...je le ré exprimerai de manière plus claire...le fait divers est douloureux et ce n'est pas ce qui m'a fait rire.
C'est bien le style, la façon de ce journaliste d'amener les choses qui m'ont fait rire... les aléas de la "grande télé " etc ... Désolée de ne pas pleurer et m'effondrer à la lecture de tous les faits divers.
Cordialement.

12.Posté par K''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''' le 24/06/2020 22:33

@ Benard poste 6 :
Moi j'ai adoré votre article.
Le bougre infâme se fait bel et bien laminé par vos jeux de mots .
Mais bon..la dérision ne peut pas plaire à tout le monde.
Moi j'ai vraiment aimé votre article (et le bougre est à vomir...je le précise avant que mon post heurte certains).

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