Faits-divers

Une intoxication de ciguatera provoquée par un mérou

Samedi 11 Mars 2017 - 10:25

La ciguatera, intoxication causée par la consommation de chair de poisson contaminée par une algue est généralement rencontrée lors de la consommation de requins ou gros poissons.


Le mérou rouge à grande queue pêché, qui a provoqué l'intoxication.
Le mérou rouge à grande queue pêché, qui a provoqué l'intoxication.
Lors qu’il est parti à la pêche comme à son habitude à Sainte-Rose, Laurent Rivière* était loin de se douter que son repas serait empoisonné. Il y a un mois, il capture un mérou, un gros poisson connu pour sa chair savoureuse. Il ramène sa prise chez lui et consomme donc le poisson.

Quelques moments plus tard, il sent que quelque chose ne va pas et se rend aux urgences. "J’ai commencé à avoir la nausée, une grosse fatigue, les battements du coeur qui ralentissent et l’inversion des sensations de chaud et de froid" témoigne-t-il. Il n’en faut pas plus à l’équipe médicale pour lui donner un diagnostic, Laurent Rivière a la ciguatera.

"Malheureusement c’est tombé sur moi"

Les symptômes sont nombreux et facilement identifiables par le corps médical, mais les personnes infectées doivent suivre un traitement pour des symptômes qui peuvent être graves chez des personnes fragiles. Picotements au niveau du visage, démangeaisons, goût métallique dans la bouche, malaise, hypertension viennent s’ajouter à la liste des symptômes expérimentées par Laurent Rivière.

Pour lui, la pêche reste un loisir mais le pêcheur se questionne tout de même. "J’en ai parlé autour de moi, à des amis pêcheurs et le phénomène reste assez rare. Normalement on entend parler de ciguatera en Polynésie, dans les Antilles ou à Rodrigues" explique-t-il. "Malheureusement c’est tombé sur moi" conclut le pêcheur amateur.

La toxine est généralement retrouvée dans la chair des requins, mais également des autres gros poissons prédateurs comme le barracuda, la murène, le mérou ou encore les carangues.

*Nom d’emprunt pour préserver l’anonymat

Une intoxication de ciguatera provoquée par un mérou
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
Lu 23687 fois



1.Posté par fred974 le 11/03/2017 10:31

ciguatera...pas "ciguerta"
"Une microalgue des coraux sécrétant une ciguatoxine est consommée par des poissons herbivores qui eux même sont dévorés par des prédateurs (mérous, carangues etc). L'homme qui consomme les poissons pleins de toxines souffre de paresthésies au niveau du visage avec goût métallique dans la bouche, malaise général, démangeaisons généralisées (d'où le nom de "gratte"), avec hypotension et ralentissement des bruits du coeur. Cette intoxication est rarement mortelle."

2.Posté par Nic le 11/03/2017 10:41 (depuis mobile)

À se demander s''il y a eu des analyses pour confirmer

3.Posté par suicide a la baleine de st andré le 11/03/2017 11:09

heureusement les bouledogues ne mangent pas de merou. On va pouvoir subventioner virapoisson pour nous les pecher et faire de l'engrais bio au mercure

4.Posté par tonton le 11/03/2017 14:12

faut interdire - toute de suite !

5.Posté par Nono le 11/03/2017 15:37

La toxine est généralement retrouvée dans la chair des requins, mais également des autres gros poissons prédateurs comme le barracuda, la murène, le mérou ou encore les carangues.

... poissons consommés sans le moindre problème à la Réunion, sauf le requin bouledogue, pourquoi?

A Madagascar, on conseille de ne pas consommer ces espèces en saison chaude, exemple, une petite planche, qu'on ne trouve pas à la Réunion, à croire que l'information au public est meilleure sur la grande terre.

http://i67.tinypic.com/4iiiw7.jpg

6.Posté par Nono le 11/03/2017 16:56

@3 heureusement les bouledogues ne mangent pas de merou.

Ni l'inverse !

www.youtube.com/watch?v=O37HI_AX9nYi

7.Posté par NATIVEL le 11/03/2017 16:59

Ce poisson, le rouge grand queue (Variola louti) est decrit dans l'ouvrage de l'ORSTOM "Poissons commerciaux du sud ouest de l'océan indien" disponible sur le net comme présentant des risques de ciguatera pour les individus de poids >2kg ce qui semble etre le cas de celui ci.
Il y a à la Réunion des restrictions a la vente de ce poisson suivant le poids et le lieu de la peche et à Maurice sa commercialisation est interdite.
Ce n'est pas une surprise ce qui est arrivé.
Dans la base de donnée Fishbase, cette information est également indiquée
http://www.fishbase.org/summary/5354
Les pecheurs peuvent se renseigner sur les risques avant de consommer leurs prises comme celui qui a failli il y a quelques années empoisonner toute sa famille en consommant un poisson coffre (fungu).

8.Posté par Veridik le 11/03/2017 17:43 (depuis mobile)

On attend quoi pour éradiquer le mérou?
Cet homme ne peut plus s''''adonner à sa passion sans risquer sa vie

9.Posté par Simandèf le 11/03/2017 18:09

L'intoxication de la ciguatera quelle soit rare ou pas pourquoi courir le risque ? Le principe de précaution devrait être de mise et se genre d'initiative (la pêche) ne devrait pas être encouragé. Il y a des personnes plus fragiles que d'autres et c'est le drame. S’obstiner à manger des animaux potentiellement intoxiqués relève de l'inconscience.

10.Posté par lopoe le 11/03/2017 18:11

Imaginons que ce soit du requin!!!!!

11.Posté par brown le 11/03/2017 18:50

POUR LE COUP JE LA REBALANCE: 338 - Ciguatera : les remèdes traditionnels sources d’antidotes
janvier 2010 Fiches d'actualité scientifique
Imprimer

© IRD
La ciguatéra est une intoxication importante liée à la consommation de produits de la mer. Elle concerne environ 400 millions de personnes vivant dans les zones d’endémie, principalement le Pacifique tropical. On évalue à 100 000 le nombre de personnes intoxiquées chaque année, mais ce chiffre, basé sur le nombre de déclarations, est largement sous-estimé.

En l’absence de traitement, le poids socio-économique de la ciguatéra est d’autant plus lourd pour les populations insulaires qu’il entraîne une transition des habitudes alimentaires associée à l’émergence de maladies cardiovasculaires, d’obésité ou de diabète. Des scientifiques de l’IRD et leurs confrères( 1) ont élucidé les mécanismes de cette maladie. Ces connaissances leur ont permis de développer des tests pour dépister en laboratoire, parmi une centaine de plantes médicinales candidates, celles qui possédaient effectivement des molécules actives.

Leurs travaux ont abouti au dépôt par l’IRD d’un brevet pour une molécule détoxifiante de la ciguatéra, l’acide rosmarinique.

« On ne peut plus manger du poisson, ça rend malade »… « Faut pas aller pêcher là, le poisson est gratteux »… De tels témoignages abondent dans de nombreux pays insulaires du Pacifique, où les habitants n’osent plus se nourrir de leurs pêches. Avec une prévalence( 2) estimée à 100 000 cas par an, la ciguatéra — plus communément appelée « la gratte » dans cette partie du globe — représente un problème de santé publique majeur. Cette intoxication alimentaire résulte de la consommation de poissons ou de bénitiers contaminés par des toxines marines, les ciguatoxines, produites par une algue microscopique (Gamberdiscus spp) . Comme de nombreuses toxines, celles-ci s’accumulent dans les organismes et leur concentration augmente au fur et à mesure des échelons de la chaîne alimentaire, des poissons brouteurs jusqu’à l’homme. Parmi les 400 espèces de poissons concernées, les pêcheurs des zones tropicales savent maintenant d’expérience que les grands poissons prédateurs, comme le barracuda, la murène, le mérou, la carangue ou le poisson perroquet, présentent le plus grand risque d’intoxication.


© IRD / Dominique Laurent
Heliotropium foertherianum, ou « faux-tabac », est la plante médicinale la plus fréquemment utilisée dans les remèdes traditionnels contre la ciguatéra
Les symptômes de la ciguatéra apparaissent quelques heures après l’ingestion mais peuvent durer des mois, voire des années : dysfonctionnement du système nerveux central (inversion des sensations de chaud et de froid), picotements et fourmillements des extrémités, vomissements, diarrhées… La médecine moderne ne dispose d’aucun antidote spécifique et ne propose que de traiter ces symptômes. En revanche, les remèdes traditionnels à base de plantes fourmillent. Les scientifiques de l’IRD (UMR 152), en association avec l’Institut Pasteur de la Nouvelle-Calédonie et l’Institut Louis Malardé en Polynésie française, ont dépisté les molécules actives à partir des plantes médicinales.

Étudier les ciguatoxines pour les contrer

Première étape, leurs recherches ont porté sur les mécanismes moléculaires de cette maladie, liés aux modes d’actions des ciguatoxines. Ces dernières font partie des plus puissantes biotoxines marines. « Il suffit d’à peine un microgramme pour tuer un homme », précise Dominique Laurent, qui a dirigé ces travaux au sein de l’UMR 152. Grâce à des techniques de dosage chimique et de biologie moléculaire, sur des modèles cellulaires de souris et in vivo , les scientifiques ont constaté un lien entre la toxicité des ciguatoxines et leurs activités inflammatoires. « Ceci pourrait expliquer la diversité, mais aussi la durée des symptômes observés », commente Mariko Matsui, ex-doctorante à l’IRD dont la thèse portait sur ces travaux.

Les remèdes traditionnels à l’épreuve


© IRD/ Josiane Patissou
Fleurs d’Heliotropium foertherianum

Les scientifiques ont alors développé un test de laboratoire rapide, dans lequel les effets des ciguatoxines sont mimés par l’utilisation d’un inducteur connu des processus inflammatoires, accessible et peu coûteux. « Il s’agit de mesurer les effets protecteurs des extraits de plantes sur des cellules de souris exposées à cet inducteur », résume Shilpa Kumar-Roiné, doctorante à l’IRD qui vient de soutenir sa thèse sur le sujet. Plusieurs plantes possèdent des activités anti-inflammatoires. Mais il a fallu adapter un test de détection utilisant une toxine pour révéler leur action détoxifiante. Sur une centaine de plantes candidates, une espèce a donné des résultats concluants contre la fixation des toxines : Heliotropium foertherianum , aussi appelée « faux tabac ».

Cette dernière est la plante médicinale la plus fréquemment utilisée dans les remèdes traditionnels contre la ciguatéra, en Nouvelle-Calédonie, mais aussi au Vanuatu, à Tonga, en Micronésie, en Polynésie française et jusqu’au Japon. Ce petit arbuste à cime étalée en ombrelle peut atteindre 5 mètres de haut et sert opportunément comme plantes ornementales sur… les plages. Était-ce un acte préventif des anciens qui a été perpétué ?

Un brevet pour une molécule détoxifiante


© IRD / Pierre Laboute
Le Poisson perroquet est un poisson de récif très apprécié mais qui peut parfois provoquer de graves intoxications

Les chercheurs ont donc confirmé scientifiquement l’efficacité du « faux tabac » contre la gratte. Les analyses moléculaires ont en effet révélé que la molécule active contenue dans les extraits de cette plante correspond à l’acide rosmarinique. Bien connu pour ses activités anti-virales, anti-bactériennes, anti-oxydantes et anti-inflammatoires, cette molécule n’avait encore jamais été décrite pour ses effets bénéfiques dans le traitement d’intoxication alimentaire comme la ciguatéra. L’acide rosmarinique traite donc non seulement les symptômes mais aussi les causes de la gratte. L’IRD a donc déposé un brevet pour développer, à partir de sa structure chimique initiale, des dérivés présentant un pouvoir détoxifiant renforcé, tout en conservant son innocuité. Ces investigations auront duré globalement une vingtaine d’années, mais elles illustrent une aventure scientifique passionnante, alliant l’ethnopharmacologie à la biologie moléculaire, la tradition et la modernité.

(1) Ces travaux ont été réalisés en collaboration avec des chercheurs de l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie et de l’Institut Louis Malardé de Polynésie française et en partenariat avec les neurophysiologistes du CNRS de Gif-sur-Yvette et de l’Ecole polytechnique de Palaiseau.

(2) La prévalence d’une infection est le nombre de personnes contaminées dans une population à un moment donné.

12.Posté par Nono le 11/03/2017 19:03

@8 Pas exactement :

- On va d'abord interdire la chasse sous marine dans 100% de la réserve, c'est dangereux (on peut mourir vous voyez) et le mérou est dans son miyeu.

- Aux récalcitrants qui, malgré les pancartes de prévention sur le risque ciguatera (financées par la SAPMER) continueront à chasser pour se nourrir, la loi va fèr cour a zot, bande de fripons.

- Des associations de défense du rouge grand queue fleuriront partout sur internet. Malheur à celui qui postera sur facebook un selfie avec sa prise, de doux démocrates venus des quatre coins de France et de Navarre viendront lui expliquer la valeur de la vie d'un mérou en comparaison de la sienne.

13.Posté par davd le 11/03/2017 20:16

interdiction de la vente de mérou est inévitable si on suit les conclusion de l'Etat et des pseudo scientifiques " de la réunion qui ineterdisent la commercialisation du requin bulldogue à cause de la ciguatera


14.Posté par Choupette le 11/03/2017 22:12

11.Posté par brown

C'est un peu short comme explication.

Faudra nous la faire un peu plus longue, la prochaine fois ... .

15.Posté par Oh oh oh le 11/03/2017 23:11 (depuis mobile)

Le mérou émet des flatulences...Eh oui.
Le mérou pète..

16.Posté par li le 12/03/2017 08:22

Adieu merou vivanneau barracuda

Poisson i gratte
Lo porc i goutte
Bèf i bave
Poul canard i grippe

Tournée de songes

17.Posté par papangue le 12/03/2017 08:52

La ciguatera est fréquente à La Réunion. Les symptômes sont caractéristiques et le diagnostics est aisé mais il est rarement relevé en tant que tel par les services hospitaliers qui connaissent finalement mal l'intoxication. Il y a un mois, sur une radio publique connue et dans une émission d'information matinale d'information "médicale", un auditeur vivant dans le Sud signalait son intoxication et celle de sept de ses amis après la consommation d'un gros rouge de plusieurs kilos. Les symptômes indiqués étaient clairement ceux d'une intoxication ciguatérique. L'auditeur se plaignait d'une mauvaise prise en charge de l'ensemble des praticiens que lui et ses amis avaient pu consulter. Pour ma part, j'ai été effaré par l'ignorance du médecin présent à l'antenne.
N'en déplaise à P. DUPUY qui revendique haut et fort la consommation de chair de requin mais la ciguatera est bien présent et même assez fréquente à La Réunion.

18.Posté par PATRICK CEVENNES le 12/03/2017 10:13

fukcd473
Un mérou intoxiqué par la ciguatera ! Tiens, elle est bien bonne celle-là.

Rappelez-moi quels sont les très grands bouffons de service qui ont récemment prôné le retour à la pêche commerciale de requins et qui ont même été jusqu'à aller solliciter une botoxée de service ?

MDR !

19.Posté par zanatany le 12/03/2017 17:39

Espère qu'il y aura certaines personnes qui sont pour la pêche aux requins qui seront concernés...

20.Posté par TICOQ le 12/03/2017 21:37

Un poisson qui pourrait causer la mort, il faut très rapidement l'exterminer pour protéger nos enfants !!!

21.Posté par Biloutxe le 13/03/2017 08:56

La vraie question est de savoir si la peau de mérou s'tond ....

22.Posté par papangue le 13/03/2017 09:21

Pour ceux que cela intéresse, l'ouvrage de l'ORSTOM (aujourd'hui IRD), "Poissons commerciaux du sud ouest de l'océan indien" avec de belles illustrations anciennes et des informations simples et claires pour identifier les poissons : https://core.ac.uk/download/pdf/39856647.pdf

23.Posté par Eno le 13/03/2017 10:21

Beaux poissons !
Belles photos !
Je pense que le cuistot n'a pas réussi à se faire un bon cari et ça a tourné tout simplement !
Et bien sûr on accuse la ciguatera qui n'a sûrement rien à voir dans les maux de ventre !

Moi j'aurais pu faire un cari sauce "éno" !

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 21 Novembre 2018 - 11:49 8 mois de prison pour les voleurs de BMW